Face aux menaces croissantes qui pèsent sur la biodiversité et les systèmes naturels essentiels à toutes les économies, les mesures de conservation qui ne visent qu'à freiner la perte de ressources naturelles ne suffisent plus. Il faut maintenant inverser le processus, ce qui implique de changer nos modes de production et de consommation.
Le changement climatique et la nécessité de subvenir durablement aux besoins de huit milliards d’habitants exercent des pressions massives sur la biodiversité de la planète et les services que procurent des écosystèmes sains. Les services écosystémiques clés comme le bois des forêts, les pollinisateurs et la pêche en mer doivent être conservés et choyés. Or ils se dégradent rapidement. La Conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP15) qui se tient ce mois-ci à Montréal offre une chance de bâtir une action fondée sur une vision commune de l'humanité, celle de vivre en harmonie avec la nature.
La préservation de la biodiversité est un objectif important des programmes du Groupe de la Banque mondiale, mais pour inverser les pertes, les décisions économiques doivent tenir compte de la nature. C'est pourquoi nous nous efforçons d'aider les pays à intégrer la nature dans leurs modèles de croissance économique, leurs plans de développement et leurs programmes climatiques. Pour cela, il faut définir des politiques qui tiennent compte de la valeur économique réelle de la nature, mettre en place des institutions qui défendent ses ressources, nouer des partenariats public-privé pour soutenir cet objectif et mobiliser des financements de toutes provenances pour transformer les économies et les politiques, en allant bien au-delà d'interventions isolées.
La pêche est un bon exemple de l'importance de la nature pour la croissance et le développement. À l'échelle mondiale, les stocks de poissons diminuent en raison du triple danger que constituent le changement climatique, la surpêche et la pollution. Si rien n'est fait, les prises de poissons dans le monde pourraient chuter de 25 % d'ici la fin du siècle. Une telle situation devrait inquiéter chacun d’entre nous, et pour plusieurs raisons.
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