L’esclavage : quel impact sur la psychologie des populations ?
Nous savons tous l’importance qu’a eue dans l’histoire, et plus encore dans notre histoire, la traite et la mise en esclavage de dizaines de millions d’Africains ; aussi sommes-nous bien conscients qu’un tel événement ne pouvait pas ne pas laisser de traces, non seulement chez ceux qui en furent victimes, mais pis encore chez leurs descendants, et ce, même après des siècles et des siècles, et un nombre encore plus grand de générations. Tout dans notre vie nous le rappelle suffisamment pour que nous ne puissions pas l’oublier. Reste à savoir si nos gènes en ont gardé la mémoire. C’est à ce délicat problème de génétique appliquée que des gens de science et de culture, réunis ces derniers temps en colloque en Martinique et Guadeloupe, ont tenté de répondre. S’il existe, sur l’esclavage et ses conséquences, quantité d’ouvrages, plus savants et plus documentés les uns que les autres, peu d’entre eux s’étaient attaqués à ce délicat problème de notre infortunée hérédité ; sans doute parce que la solution en est particulièrement difficile, sans doute aussi parce qu’on n’avait pas (ou trop peu) de moyens d’investigation en ce domaine pour proposer une réponse scientifique avec un degré suffisant de certitude.
Voici donc que vient à point nommé, dans le cadre de la Décennie des Nations unies pour les Afro-descendants : 2015-2024, un livre collectif publié sous la double direction de MM. Aimé Charles-Nicolas et Benjamin Bowser : L’esclavage : quel impact sur la psychologie des populations ? Éditions Idem, 2018.
Ce gros ouvrage de plus de 550 pages se présente comme un assemblage de contributions de plusieurs spécialistes, au premier rang desquels le professeur Aimé Charles-Nicolas, professeur de médecine, psychologie médicale et psychiatrie à la Faculté de Médecine des Antilles [françaises], spécialisé en addictologie, fondateur et président de l’association FIRST (Formation intervention recherche sur le sida et les toxicomanies), auteur de plusieurs ouvrages spécialisés et estimés ; Benjamin Bowser, professeur émérite de sociologie à la California State University, et à la Cornell University, aux États-Unis, lui aussi auteur de plusieurs ouvrages sur « le fardeau et les stigmates de l’esclavage ».
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1 commentaire
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kerby
Beau travail !