Accueil » Société » Les vodouisants tiennent à avoir leur temple

Les vodouisants tiennent à avoir leur temple

19 mars 2017, 9:26 catégorie: Société4 420 vue(s) A+ / A-

De gauche à droite, la grande servante de la KNVA, Euvonie Georges Auguste, et

l’Ati national, Joseph Fritzner Coma, lors de la présentation du projet de construction d’un badji

« conceptuel ». / Photo : J. J. Augustin

 

La Confédération nationale des vodouisants haïtiens dévoile son projet de construire un badji « conceptuel ». Ce projet a été présenté le dimanche 19 mars 2017 par l’Ati national, Joseph Fritzner Coma, et la grande servante de la KNVA, Euvonie Georges Auguste. Le plan détaillé a été expliqué lors d’une cérémonie au cours de laquelle, la date du 19 mars a été déclarée « Journée nationale consacrée à Papa Loko, aux hougans et aux mambos ». Des figures emblématiques du vaudou en Haïti ont été distinguées par la même occasion.

Chants, coups de tambours, retentissements « d’assons », danses et prières rituelles ont ponctué ce moment de communion et de retrouvailles entre les membres de la confrérie. Le représentant national des vodouisants, Joseph Fritzner Coma, fait savoir que la construction du badji est parmi les plus grands projets qu’il compte réaliser au cours de son mandat. La présentation de la maquette est, pour lui, un premier pas vers la concrétisation d’une promesse à laquelle il n’entend pas renoncer. « Nous en avons marre de chanter les funérailles de nos frères et soeurs sur des places publiques », a-t-il dit, estimant que ce temple viendra redorer le blason des vodouisants qui font l’objet de mépris dans la société.

Euvonie Georges Auguste a fait savoir que la construction de ce badji coûtera environ un million cinq cent mille dollars US. Un montant dont la provenance n’a pas encore été déterminée. Mais, elle informe que plusieurs entités, dont l’État haïtien, seront invitées à apporter leur contribution. Le lieu où s’érigera ce temple demeure également inconnu, l’acquisition d’un terrain de cinq à dix hectares ne se fait pas en un clin d’oeil. L’Arcahaie et la Croix-des-Bouquets, pour être considérées comme des bastions du vaudou, sont les villes de prédilection de la KNVA, dit Euvonie Georges Auguste qui souligne aussi l’importance historique de la cité du drapeau. Le badji devrait disposer d’une capacité d’au moins 2 500 places. Un cimetière et un centre d’études vaudou seront construits sur le même site.

Près d’une dizaine de hougans et mambos ont été distingués, au cours de la cérémonie qui, par moments, a pris l’allure d’un culte. Venus de plusieurs départements du pays, les récipiendaires ont été chaudement applaudis par l’assistance pour leur contribution à l’épanouissement du vaudou en Haïti. Parmi les personnes honorées, on retient le hougan Jean Jules Charles, âgé de 90 ans, qui milite depuis 1957 à Cabaret. La mambo, Euvonie Georges Auguste, a également reçu une plaque d’honneur et mérite. La KNVA a invité la communauté du vaudou à célébrer chaque année, par des cérémonies spirituelles, la date du 19 mars en hommage à « Papa Loko », patron des hougans et mambos.

La pratique du vaudou se révèle assez compliquée en Haïti. Alors que les religions chrétiennes ne cessent de gagner du terrain, de nombreux sociologues et anthropologues persistent à croire que le vaudou est profondément ancré dans l’âme haïtienne. Les perceptions négatives qui sont associées à cette croyance continuent d’affecter ceux qui affichent une affinité à cette religion qui a pourtant joué un rôle dans la lutte pour l’indépendance.

Kendi Zidor

Comments

comments

scroll to top