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Vodou et littérature : vers le premier salon en « V »

09 août 2018, 9:49 catégorie: Culture7 152 vue(s) A+ / A-

Vodou et littérature : vers le premier salon en «V».

 

Pour marquer la célébration des 227 ans de la cérémonie du Bois-Caïman qui même sans d’éventuels fondements scientifiques pourrait servir dans une certaine mesure de ciments ou de mythe pour concilier l’Haïti, il existe de multiples manières pour contribuer au développement de ce secteur de façon économique, rationnelle et durable, en passant obligatoirement par la littérature. Quel est l’état des lieux dans les relations entre le vodou avec la littérature ? Quels sont les projets innovants, pertinents et rentables qui pourraient sortir d’une synergie entre l’écriture et les esprits ancestraux qui dominent l’imaginaire du peuple haïtien ? Un salon en « V» , pour quoi faire ?

À la mémoire des pionniers et des premiers auteurs qui m’ont permis de découvrir la richesse et les faiblesses du vodou haïtien, je veux citer : Milo Rigaud, J.C. Dorsainvil, Alfred Mé­traux, Henock Trouillot, J.B. Romain, Jacques Roumain, Alfred Mentor, Franck Fouché, Léon Francois Hoff­mann et Emmanuel C. Paul. D’autres noms des amis décédés tels : Jean Ros­ier Descartes, Max Beauvoir, Rachel Beauvoir et Déita s’ajoutent à cette liste. Des valeurs sûres encore vivantes com­me Laenec Hurbon, Claudine Michel, Jean Yves Blot, Carol de Lynch, Pierre Simon, Michel Succar, Patrick D. Bel­legarde, Jean Fils-Aimé et tous les au­tres auteurs, écrivains, scientifiques, journalistes, chercheurs et philosophes (haïtiens et étrangers) qui explorent le vodou haïtien et qui mériteraient un hommage international pour leurs contributions dans la collecte, la trans­mission et la diffusion des savoirs sacrés. Une invitation à compléter la liste certainement…

Après des visites réalisées sur les principaux hauts lieus qui portent l’égrégore des vingt et une nations qui ont été recrutées dans la guerre de l’Indépendance d’Haïti, sans compter plus de deux décennies de publications d’articles, de reportages et des ouvrages sur un sujet qui ne fait certainement pas recette dans les milieux dits socia­bles, rentables ou socialisés, nous vous invitons à revisiter les pages reliées qui nous permettent de découvrir l’histoire et la mémoire de cette source inépuis­able de connaissances, de savoirs et de secrets.

Pourquoi organiser le premier salon sur le vodou et la littérature ?

Un « Salon du Vodou » pour offrir un espace de diffusion autour des écrits et des critiques répertoriés autour du vo­dou dans la littérature universelle. Un espace de dialogue sur les traditions et la modernité du vodou dans la forme et le fonds.

Un « Salon en V », pour apprendre à vivre ensemble avec les vodouisants af­firmés, cachés, traumatisés, masqués et déformés. Un salon pour continuer à vendre et surtout à rentabiliser les mei­lleures faces (produits et services) du vodou aux touristes haïtiens et étrang­ers. Un salon du vodou haïtien pour véhiculer les valeurs civiques et citoy­ennes aux enfants, aux jeunes et aux écoliers. Un salon pour convaincre les officiels et les parlementaires que le vo­dou peut servir de vecteur économique pour le développement durable en Ha­ïti, en aménageant les hauts lieux histo­riques et en valorisant les mythes et les porteurs des traditions ancestrales.

Il faut sortir le vodou dans la grande vague des éditions et des promotions du livre impersonnel. Étant la matrice de la culture et de l’identité nationale, il nous faut réaliser un véritable in­ventaire sur l’ensemble des écrits sur le vodou haïtien dans toutes les langues possibles.

Quelle est l’économie des publications sur le vodou ?

Quelle est l’économie des publications sur le vodou ? Combien de titres ou de sujets abordant le vodou avait-on répertoriés lors de la dernière foire « Livre en Folie 2018 ? Les vodouisants (es) lisent-ils ou écrivent-ils vraiment autour de leurs pratiques, leurs con­naissances et leurs expériences ?

Tout en reconnaissant que plusieurs réflexions, des rapports et d’autres publications ont déjà abordé le thème “Vodou et littérature”, antérieurement, nous pensons qu’il reste beaucoup à faire pour apprécier les divers contours de ces deux champs de connaissances et culturels qui se complètent certaine­ment dans divers aspects.

Quelles sont les principales éditions établies en Haïti ou à l’étranger qui accordent une place dans les projets d’ouvrages sur le vodou haïtien ? Quels sont les meilleurs auteurs et les clas­siques du vodou haïtien dans la littéra­ture et dans quelles langues trouve-t-on ces ouvrages ? Où pourrait-on trouver la plus grande collection de livres sur le vodou haïtien ?

Vodou, langue, littérature et bibliographie : à quand un premier inventaire ?

Les universitaires haïtiens sont invités à présenter des travaux intellectuels et scientifiques sur la place réelle et sym­bolique, sur la contribution du vodou et de ses fragments, dans la majorité des oeuvres des auteurs et des artistes haïtiens qui ont souvent été sélection­nés et honorés à travers le monde.

En visitant ce salon, les enfants et les familles devraient pouvoir se procur­er des catalogues sur les représenta­tions des lwa (symboles, gastronomie, saisons, costumes, couleurs…) dans le vodou et les vèvè. On pourrait appren­dre aux enfants à dessiner des vèvè. Même des concours pourraient être organisés en ce sens pour découvrir les meilleurs talents et développer si pos­sibles des projets innovants.

Au salon en “V” : que va-t-on décou­vrir en dehors du vodou, des vèvè, des valeurs et des vierges ?

Au salon du vodou, à chaque édition, comme dans tous les grands salons, le public pourra découvrir de nouveaux auteurs avec bien évidemment de nou­veaux titres présentant le vodou dans ses meilleures heures.

Contrairement à ce qu’on nous impose de découvrir dans le cinéma nord-américain les crimes, les atrocités, les massacres et tous les modes opératoires des violences les plus dégradantes et les plus déshumanisantes, on allait pou­voir apprécier des premières de couver­tures et des lectures les plus insolites autour des sociétés secrètes (Bizango, Sanpwèl…), les marches, les défilés et les voyages nocturnes dans leur sens utilitaire et militaire.

Enfin le premier répertoire des auteurs dans la littérature vodouesque, ainsi que le premier dictionnaire des auteurs dans le vodou allaient être disponibles dans les kiosques proposés dans ce sa­lon.

Pourquoi honorer les auteurs qui écrivent sur l’histoire, la mémoire et les déboires du vodou haïtien ?

Grâce à l’organisation de ce premier salon sur la littérature et le vodou, les Haïtiens allaient, une fois pour toutes, découvrir et apprécier la grande vague des auteurs et scientifiques étrangers qui écrivent et publient des textes im­portants sur la culture haïtienne, pen­dant que chez nous on a peur d’afficher dans les salles de classe “l’alphabet du vodou” autour des termes comme : “Ayibobo, Bawon, Demanbre, Espri, Freda, Ginen, Imamou, etc.”.

Comme dans le passé et de manière plus soutenue dans le contexte de mondialisation de la culture, le livre est devenu un véritable objet et instru­ment diplomatique. Avec un ouvrage, on peut représenter sa culture (vision et valeur), on peut défendre ses in­térêts (histoire et mémoire), on peut négocier (présent et avenir) et on peut informer les profanes autant que les générations actuelles et futures. D’où l’importance d’inscrire dans l’agenda culturel national le premier salon du vodou haïtien, non pas pour défendre l’aspect religieux, mais pour apprendre à exploiter notre seul héritage et pour entreprendre de façon responsable et vendre des produits et services authen­tiques d’Haïti.

Un premier salon du vodou dans la littérature : avec quelle édition, éducation, publication et promotion ?

Avec le poids des livres dans la diffusion des connaissances et des savoirs, mais également en tant que bien commun, il est venu le temps pour les initiés, les défenseurs et les promoteurs des tradi­tions ancestrales de prendre en compte le rôle et l’importance du livre ou de la littérature dans l’espace vodou haïtien.

Un salon en “V” pour voyager dans les écrits des pionniers et des premiers auteurs qui écrivent sur le vodou, pour apprécier la contribution des auteurs contemporains, pour sauver, certaine­ment par la numérisation, la riche col­lection des “mémoires” et des travaux de recherches réalisés au sein de la Fac­ulté d’Ethnologie et des autres entités universitaires du pays.

Que racontent les livres sur le vodou haïtien ? Quelles sont les véritables connaissances qui sont transmises sur le vodou à travers les ouvrages ? Quels sont les auteurs haïtiens en particulier qui parlent du vodou sans citer les lwa pour ne pas effrayer leurs lecteurs ? Quels sont les auteurs qui écrivent le plus sur le vodou au cours des dernières années ?

Dominique Domerçant

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