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Vers la création d’un Front parlementaire contre la faim

16 mai 2017, 8:38 catégorie: Economie6 383 vue(s) A+ / A-

Front parlementaire

Participants à l’atelier de réflexions autour de la création d’un Front parlementaire contre la faim

 

À l’hôtel Montana s’est tenue, le mardi 16 mai, une réunion de réflexions autour de la création d’un Front parlementaire contre la faim (FPF) en Haïti. Réalisé sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), cet atelier portait sur l’analyse des mécanismes nécessaires à la mise en oeuvre de cette structure.

Cette réunion de réflexion à laquelle participent des députés de la 50e législature du Parlement haïtien s’inscrit dans le cadre de la coopération technique du gouvernement haïtien en matière de politiques et de stratégies de développement agricole, d’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Haïti. Dans ses propos, le représentant de la FAO en Haïti, Nathanael Hishamunda, rappelle, d’entrée de jeu, que la faim et l’insécurité alimentaire constituent des défis majeurs pour les gouvernements et les agents de développement. D’après lui, près de 900 millions de personnes sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire dans le monde, dont pas moins de 3,5 millions en Haïti.

 Nathanael Hishamunda précise que le Front parlementaire contre la faim en Haïti servira de plateforme plus inclusive et plus intégrée pour discuter sur les questions essentielles liées au droit à l’alimentation dans le pays. Ce, dans la perspective d’allouer des ressources à la mise en oeuvre des politiques publiques et de programmes relatifs à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ; de faciliter l’accès de la population à une alimentation saine et adéquate ; mais aussi d’éradiquer la faim et la malnutrition dans le pays.

Selon M Hishamunda, la tenue de cette réunion de réflexion s’inscrit dans le cadre d’une décision de la FAO d’appuyer le Parlement haïtien dans la mise en place d’un outil pour s’assurer que la sécurité alimentaire et nutritionnelle soit davantage priorisée dans le programme de développement du pays. En effet, en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle, les parlementaires sont dépositaires essentiels des engagements politiques et des partenariats incontournables pour atteindre l’objectif d’une Haïti libérée de la faim. Pour y arriver, poursuit-il, ce Front servira aussi d’outil politique facilitant la mise en place de cadres normatifs et juridiques régissant la matière. Il a tenu à rappeler que de 2007 à nos jours, la FAO a soutenu, dans le cadre de l’initiative régionale pour l’Amérique latine et les Caraïbes libérées de la faim, la création de 17 fronts parlementaires contre la faim dans la région. Ces fronts ont produit quatre lois-cadres sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle servant d’orientation générale pour les pays et ont conduit à la ratification de vingt lois sur les questions relatives à la sécurité alimentaire et la nutrition à l’échelle nationale.

 Depuis 2012, l’Organisation des Nations Unies a lancé le « défi faim zéro » : une initiative mondiale visant à promouvoir et à soutenir les efforts visant à éradiquer la faim dans le monde d’ici à 2030. Le « défi faim zéro » se prépose cinq principaux objectifs : atteindre la durabilité de tous les systèmes alimentaires ; augmenter la productivité et les revenus des petits producteurs de 100 % ; réduire à zéro le taux de pertes alimentaires et postrécoltes ; augmenter de 100% le nombre de personnes ayant accès à une nourriture suffisante tout au long de l’année ; et réduire à zéro le retard de croissance chez les enfants de moins de deux ans.

 Le représentant de la FAO en Haïti croit que la réponse au « défi faim zéro » exige la conjugaison des efforts de tous les acteurs, notamment des collectivités territoriales, de la société civile, des groupements d’agriculteurs et d’agricultrices, des organisations de consommateurs, du secteur privé, des médias de communication de masse, des institutions religieuses, éducatives et culturelles, des pouvoirs législatif et judiciaire, de la coopération internationale, entre autres. Il affirme que l’éradication de la faim ne peut pas être laissée à la seule initiative des gouvernements.

Pour le président de la commission Agriculture et sécurité alimentaire de la Chambre des députés, Tanis Tertius, cette séance de discussions était axée sur le rôle et l’implication des parlementaires dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition ainsi que sur les expériences de certains pays en la matière. L’élu de la commune de Limonade dit souhaiter avoir l’appui de la FAO dans l’élaboration de lois-cadre sur la souveraineté alimentaire, la sécurité alimentaire et le droit à l’alimentation dans la promotion d’une agriculture durable en Haïti. Ces dispositions, selon le député Tertius, permettront au pays de répondre aux multiples défis de la malnutrition dans toutes ces formes, question d’identifier les possibilités à y faire face dans les prochaines années.

 Il convient de préciser que cette session d’information a été animée par Guadalupe Valdez, ambassadrice spéciale « défi faim zéro » de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes.

 Therno N. A. Sénélus

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