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Quand les vendeurs se plaignent

27 décembre 2017, 8:59 catégorie: Dernière Heure, Société10 209 vue(s) A+ / A-

Contrairement à certaines époques passées, les fêtes de fin d’année, en 2017, n’apportent pas grand-chose aux marchands de la zone métropolitaine. Nous sommes allés rencontrer certains d’entre eux.

Dans les aires de la zone métropolitaine, on trouve des marchands dans tous les coins et recoins. Certains alignent leurs affaires par terre ou sur des  petites tables fabriquées en morceaux de planches tandis que d’autres promènent leurs commerces dans toutes les rues. Ils sont tous souriants en vue d’attirer le plus de clients possible. Ces derniers  appellent  tous les gens qui passent en vue de les insister à acheter de leurs produits. Ils vendent  toutes sortes de produits, notamment des chaussures, des habits, des jouets, des provisions alimentaires. On peut lire sur les visages de ces courageuses personnes un air d’affaiblissement.

Steeve Desrosiers vend des accessoires dans les aires du champ de mars. Il se plaint pour la condition de vente  pour cette  fête de fin d’année. «  Cette année les choses ne vont pas bien pour  nous les marchands  de la zone métropolitaine », a-t-il déploré. Selon lui, c’est le manque d’emploi qui a causé cette baisse au niveau de la vente. Steeve Desrosiers a profité  de l’occasion pour dénoncer le comportement des agents de la mairie de Port-au-Prince, qui selon lui, réagissent souvent très mal quand ils les croisent sur les trottoirs. Il demande la construction d’un marché spécial pour les gens qui vendent dans les rues. Car, reconnait-il, l’installation des produits dans les rues n’est pas une bonne chose.

Clergeau Beauvais est vendeur de produits artisanaux. Il installe ses produits dans les aires du Champ-de-Mars. Âgé d’une cinquantaine d’années, cet homme mesure environ 1 m 60. Il dit exercer ce métier depuis 1997. Il ne passe pas par quatre chemins pour critiquer le pouvoir en place qui, selon lui, est responsable de la situation des marchands durant les fêtes de fin d’année. Car, poursuit-il, ce pouvoir n’est pas dans les intérêts des classes défavorisées. D’après ses dires, ce problème n’est pas daté d’aujourd’hui.  « Depuis 2011, la vente dans les fins d’année n’est pas florissante pour nous les marchands », a martelé l’artisan, tout en espérant un aller-mieux  l’année prochaine.

Guy Castra  est vendeur  de vêtements dans le marché Salomon, à l’intérieur d’une petite maison fabriquée en morceau de bois et des morceaux de tissus. Selon lui, c’est la non-rémunération des contractuels au sein de l’État qui a paralysé la vente en cette fin d’année. « C’est grâce à eux que nous survivons durant cette période, or, l’État ne leur donne pas leurs salaires. Les bourgeois ne viendront jamais acheter nos produits », a déclaré le commerçant lors d’une entrevue accordée au quotidien Le National. Il appelle le Président à trouver la raison et à permettre aux gens de trouver un mieux vivre. Car, dit-il, l’actuel  chef de l’État haïtien est fils de la classe défavorisée. L’État doit prendre en compte les revendications, la situation des marchands du pays.

Cluford Dubois

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