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Une ferme agricole vole au secours de la noix de cajou

09 août 2018, 9:32 catégorie: Economie15 783 vue(s) A+ / A-

Une ferme agricole vole au secours de la noix de cajou.

 

La ferme agricole Cigais située dans la localité Grand Bassin de la commune de Terrier-Rouge se lance dans une campagne pour le sauvetage de la noix de cajou en Haïti. Le propriétaire de cet établissement qui s’étend sur une superficie de 10 hectares, Alex Joseph se dit profondément préoccupé par l’agonie de l’agriculture en Haïti et l’extinction progressive de plusieurs filières. Convaincu que le travail de la terre a le potentiel de faire renaître l’espoir dans la communauté haïtienne, ce gestionnaire explique, dans une entrevue au journal, le sens de son initiative et les réalisations qu’il peut déjà évoquer.

Le National : Faites-nous une présentation de votre ferme agricole

Alex Joseph : Il s’agit d’une entreprise individuelle (le statut peut changer à l’avenir) évoluant dans l’agro-industrie. Logée sur 10 hectares dans la commune de Terrier-Rouge, section Grand Bassin, la ferme agricole Cigais se donne pour mission de répondre aux préoccupations des consommateurs haïtiens à la recherche des produits organiques.

Je crois fermement que l’agriculture et l’élevage sont un secteur capable de créer de l’espoir en Haïti. Nos principaux objectifs sont d’augmenter la production agricole haïtienne, participer à la relance des filières en péril, créer de nouvelles opportunités dans le secteur et faciliter la transformation des produits périssables de manière à éviter des gaspillages.

Le National : Parlez-nous de vos réalisations

Alex Joseph : Nous avons lancé nos opérations le 10 février 2018. Et déjà, nous avons réalisé la production de 10 000 plantules (Noix et Cacao), la production de piments et de légumes sur un hectare, de 4 000 poissons (tilapia) dans un bassin de 12 par 15 mètres, la construction d’un poulailler d’une capacité de 4500 poulets de chair. Nous espérons pouvoir augmenter notre production au fur et à mesure.

Le National : Quid de votre initiative pour la relance de la noix de cajou ?

Alex Joseph : La Noix est une culture à sauver. Il est à constater une baisse considérable dans cette filière dans le grand Sud et l’Ouest. Le Sud représentait pourtant un grenier dans le temps, mais un certain mépris de la filière a occasionné une destruction des anacardiers.

Notre campagne consiste à multiplier les plantules et à les revendre au prix de 250 gourdes l’unité. Nous faisons passer le message sur les réseaux sociaux et espérons que beaucoup de gens et même des institutions manifesteront leurs intérêts. Déjà nous avons des réactions très encourageantes.

À partir d’un centre de distribution à Port-au-Prince, nous répondons aux commandes dans un délai raisonnable et nous nous chargeons dans certains cas de la livraison. Les commandes peuvent être placées par mail ou par téléphone (cigaishaiti@gmail.com/3892- 9294). Les recettes permettront de poursuivre nos efforts pour la revalorisation de l’agriculture et l’élevage, juste une contribution symbolique. Nous envisageons de faire d’autres campagnes semblables pour le café, le cacao, les citrus et le tamarin.

Le National : Pourquoi la noix a attiré votre attention ?

Alex Joseph : Parce que c’est un produit demandé partout dans le monde. En Haïti, seul le grand Nord en produit vraiment, et ceci en faible quantité. La noix de cajou est très délicieuse et bénéfique pour la santé de par sa richesse en bonnes graisses, en nutriments et en vitamines. Cette campagne se fait aussi dans le Nord de manière à remplacer les anacardiers vieux de plus de 30 ans.

Le National : Avez-vous des projets d’avenir ?

Alex Joseph : Nous travaillons à lancer les opérations pour la construction de la zone de transformation, l’installation d’un incubateur capable de produire 93 000 poussins chaque 28 jours et la construction de plusieurs réservoirs d’eau. Il nous faudra également construire un hôtel pour l’hébergement des visiteurs et/ou étudiants pendant leur séjour sur la ferme. Mais nous ne travaillons qu’avec les moyens du bord, car, nous ne recevons aucun financement.

Propos recueillis par

Kendi Zidor

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