Accueil » Culture » Un premier salon sur le vodou

Un premier salon sur le vodou

13 septembre 2018, 9:13 catégorie: Culture8 158 vue(s) A+ / A-

Un salon sur le vodou s’est tenu les 12 et 13 septembre à la Bibliothèque nationale d’Haïti. Ils étaient quatre, Bayyinah Bello, Carole Demesmin, Jean Euphèle Milcé et Pierre Clitandre à intervenir le mercredi 12. Une occasion ayant permis à une assistance de découvrir quelques-uns des rares titres disponibles sur le vodou à la bibliothèque.

La littérature, comme à toutes les grandes occasions qui mettent la culture au premier plan, n’a pas failli à son devoir. Jean-Euphèle Milcé, était cette voix qui a permis de contourner certaines pointures de la littérature haïtienne, dont Jacques Alexis, Edwidge Danticat, René Depestre, Marie Vieux Chauvet.

Si la présence du vodou dans la production littéraire haïtienne ne s’apparente qu’à une dimension de l’imaginaire collectif haïtien, donc s’y définit mieux par son côté fantastique ou merveilleux, le vodou dans son ensemble requiert une dimension tout autre. Celle qui n’est accessible que par la connaissance de soi, cette dernière obéissant à plusieurs étapes d’un questionnement conscient. Bayyinah Bello, figure de proue de la fondation Claire-Heureuse- Félicité-Bonheur, tient haut et fort le propos sur la valeur du vodou dans la culture haïtienne.

« Il ne peut pas y avoir de comparaison entre le vodou et les autres religions. Le vodou est unique. Pas la peine de vouloir une explication scientifique à quelque chose de si ordonnée. » Carole Demesmin, prêtresse du vodou, n’a pas été approximative dans sa réponse à ceux qui croient que le vodou en tant religion ou mode de vie n’est accessible à aucun outil scientifique. Elle a profité de l’occasion pour saluer la mémoire de Max Beauvoir, chef suprême du vodou, un homme dont le parcours devrait servir de modèle à la postérité.

Pierre Clitandre, pour sa part, est convaincu que quelque chose manque pour une meilleure appréhension du vodou. Selon lui, une approche scientifique permettrait de mieux élaborer la question, vu son importance et sa valeur dans notre identité culturelle. Sinon « on n’arrivera pas à se défaire du folklorisme dans lequel sévit le vodou. De son lieu de peintre, de critique littéraire et de romancier, il croit surtout que seule une bonne manipulation des « quatre éléments » peut contrer la vieille approche qui réduit le vodou à la matérialité des choses.»

Le syncrétisme était parmi les points abordés en cette occasion. La problématique vodou-catholicisme est complexe et ne date pas de si peu. Quelles mesures sont à prendre pour épurer la religion ancestrale ? « Le vodou doit être dépouillé de tout ce qui se rapporte à la religion catholique : les saints et certaines pratiques », a souligné, catégorique, la mambo Carole Demesmin, originaire de Léogane, qui s’est montrée motivée à agir en toute urgence pour que le vodou se tienne en toute autonomie malgré les présupposés anthropologiques et théologiques.

Les occasions de ce genre devraient être multipliées en vue de sensibiliser les jeunes haïtiens à mieux se connaître, a laissé entendre Chantal Volcy Céant de confession catholique, manifestant ses intérêts de citoyenne pour une telle démarche dont l’objectif permettrait aux jeunes de s’informer et de se former dès leur plus jeune âge sur certains éléments incontournables de leur identité culturelle.

Lord Edwin Byron

Comments

comments

scroll to top