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Troubles en Haïti : la République dominicaine intensifie la sécurité sur la frontière

10 juillet 2018, 9:32 catégorie: Actualité3 529 vue(s) A+ / A-

La République dominicaine intensifie la sécurité sur la frontière.

 

Suite aux protestations violentes qui ont affecté la capitale haïtienne et plusieurs villes du pays, le week-end écoulé, les autorités dominicaines annoncent l’intensification de la garde frontalière. Les unités chargées de la sécurité sur les frontières ont toutes été renforcées et alertées sur les risques que les violences en Haïti représentent pour le pays voisin. Des entrepreneurs et hommes politiques avaient appelé leurs dirigeants à prendre des mesures nécessaires afin que les troubles en Haïti n’occasionnent un nouveau flux migratoire illégal en République dominicaine.

Le ministre dominicain de la Défense, Ruben Dario Paulino Sem cité par le journal El Caribe a informé de dispositions prises par son pays pour éviter de subir les conséquences des violences enregistrées en Haïti. Son annonce est apparue comme une parole rassurante suite à des inquiétudes exprimées par diverses personnalités. Se réjouissant du fait que l’ambassade dominicaine à Port-au-Prince n’a pas été touchée et que les marchés binationaux continuent de fonctionner sans interruption, il a expliqué que les troupes ont été repositionnées sur les frontières notamment celle de Malpasse/ Jimani, la plus proche de la capitale haïtienne.

Des hommes politiques ont appelé le président Danilo Medina à s’assurer que leur pays ne partage les conséquences des protestations qui ont secoué Haïti. Le pré candidat à la présidence, Luis Abinader du Partido Revolucionario Moderno (Parti révolutionnaire moderne) a affirmé que les pillages et incendies du week-end dernier devaient porter son pays à renforcer le contrôle des frontières. Selon lui, il est du devoir du gouvernement d’adopter toutes les mesures nécessaires pour protéger les intérêts dominicains.

Le nouvel épisode de violences occasionné par la l’annonce de la hausse du prix de l’essence a mis de l’eau au moulin des ultranationalistes dont le discours sur Haïti est toujours teinté de haine. Le maire de Santiago de los Caballeros, Abel Martinez connu pour son mépris envers les migrants haïtiens, a publié sur son compte instagram des images montrant des scènes de violence à Port-au- Prince pour défendre sa position en faveur d’une plus grande rigueur en matière de politique migratoire. « Qu’attendons-nous encore pour chasser les Haïtiens illégaux de la République dominicaine ? Nous attendons qu’ils mettent le feu à nos maisons et qu’ils commencent à nous tuer ? Pardonnez-moi l’expression, mais je suis indigné de voir que nous ne faisons rien », a écrit le fonctionnaire.

Alors qu’il était de passage à New York le week-end dernier, Abel Martinez, qui participait à une foire de vendeurs ambulants dominicains à Manhattan, a indiqué que le dossier des Haïtiens en République dominicaine est « une lutte permanente ». Il a notamment estimé urgent que les instances concernées règlent la question des faux documents présentés par les migrants. Car, la migration illégale est, croit-il, un frein au développement des villes de son pays.

Des citoyens dominicains qui réagissent sur les réseaux sociaux soutiennent même l’idée de la construction d’un mur le long de la frontière. À l’instar du président américain, Donald Trump, ces Dominicains pensent qu’un mur pour séparer les deux pays aiderait à mieux combattre la migration illégale. Certains intellectuels ont même commencé à défendre publiquement cette position.

Entre autres réactions enregistrées dans la Caraïbe, le président de la CARICOM, Andrew Holness, dans un projet de déclaration sur Haïti, déplore les pertes en vies humaines, les dégâts matériels et les dommages causés aux infrastructures et appelle à la modération et à la fin des manifestations et des actes de violence”.

Kendi Zidor

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