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Tribune de femme d’influence Haïti – FIHA relative aux violences faites aux femmes et aux enfants

08 octobre 2018, 7:09 catégorie: Tribune12 246 vue(s) A+ / A-

Femme d’Influence Haïti – FIHA exprime toute sa solidarité à la mairesse de Tabarre, madame Nice SIMON et à toutes les femmes qui ont subi, qui subissent encore, cette incroyable violence fondée sur le sexe. Les violences physiques ou verbales, le harcèlement sexuel, etc… Cette discrimination de genre, n’a pas de frontières. La discrimination commence par la négation de l’autre, de son sexe, de son choix de vie. À FIHA, nous connaissons bien les conséquences de ces comportements discriminants : angoisse, stress, évitement, silence, et l’enfermement dans lequel on s’imagine protégée pour ne pas subir plus… Tant d’échappatoires que les discriminées mettent en place pour continuer d’évoluer au sein de leur famille, dans la rue, au travail. Partout.

Il n’y a pas de petite ou de grande violence dès lors qu’il y a un regard imposé, une relation forcée, un échange non désiré… Le sexisme est une violence qui commence au quotidien.

L’équipe de Femme d’Influence Haïti est si attachée à la liberté, si attentive au respect de l’intégrité des gens, qu’elle ne peut que s’indigner des violences verbales qui surgissent suite aux déclarations des femmes osant clamer ce qu’elles ont vécu. Une fois de plus, devront-elles se réfugier dans le silence, dans la crainte d’être jugées, dans la honte d’avoir supporté sans oser réagir à temps ? Ça suffit !

Place à l’expression des victimes !

Les femmes qui ont peur, qui se taisent, celles qui osent s’exprimer et les autres, toutes les autres, ont le droit de dénoncer ce qu’elles ne veulent plus subir ! Une blague déplacée, un geste non consenti, un acte sexuel imposé : oui, ces violences sont tellement insupportables qu’il est très douloureux, pour certaines femmes, de les nommer. Comment ne pas être solidaire ? Comment ne pas soutenir nos soeurs, nos mères, nos amies, nos amours face aux comportements violents, graveleux ou simplement déplacés ?

Les femmes ont le droit de dire NON ! Elles sont victimes d’une société qui ne les considère pas et qui, au contraire, les incite à se taire. À FIHA, nous les encourageons à s’exprimer plus encore, à ne céder à rien ! Nous les incitons à se tourner vers leurs proches, vers les associations, les institutions qui vont les écouter, les accompagner dans leurs démarches forcément difficiles, forcément salutaires… Pour elles, pour leurs filles, pour nous toutes et tous : les conséquences, c’est maintenant.

C’est pourquoi les bénévoles et les jeunes de FIHA souhaitent témoigner leur solidarité active à toutes les femmes battues, violentées, bafouées, pour ce qu’elles représentent : un sexe féminin.

Et, nous attendons… Comme chaque année, nous attendons que la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants soit enfin une priorité des pouvoirs publics, qu’elle soit déclarée Grande Cause nationale, qu’elle soit reconnue comme un problème majeur et urgent de santé publique, que des mesures ambitieuses et un effort exceptionnel en terme de moyens humains et financiers soient mis en place, que le Président de la République et les membres de son gouvernement s’engagent à une mobilisation sans précédent pour protéger chaque femme, chaque enfant de toutes formes de violence, et pour respecter les droits de chaque femme, de chaque enfant victime de violence à être protégé, soigné, soutenu, aidé et accompagné pour obtenir justice et réparations, et pour que leur santé, leur développement et leur avenir soient préservés.

Pourtant, les femmes et les enfants ne peuvent plus attendre… les enfants sont ce qu’il y a de plus précieux, ils sont l’avenir ! Les femmes sont la richesse de notre démocratie, mais elles sont particulièrement vulnérables et dépendantes. Donc, on doit les protéger de toute injustice, de toute domination et de toute discrimination, de toute atteinte à leur intégrité physique et mentale, et de toute atteinte à leur dignité. C’est un impératif.

Et pourtant nous attendons… Si les années précédentes nous ont donné l’espoir par la loi de la protection de l’enfance centrée à nouveau sur l’intérêt supérieur de l’enfant, et le rêve de voir un jour instituer un véritable plan de lutte et de mobilisation contre les violences faites aux femmes abordant enfin la nécessité de prendre en charge les conséquences psychotraumatiques sur la santé des femmes victimes de violences et d’autres traumatismes et la promotion d’une éducation sans violence), mais la passivité dont font preuve nos autorités politiques et judiciaires quant à l’éradication de ces fléaux ne nous donnant aucune garantie sur leur volonté de se préoccuper en priorité des droits des femmes et des enfants, de la lutte contre toutes les formes de violences, y compris la violence éducative, et de l’amélioration de la prise en charge des victimes que ce soit au niveau sanitaire, social et judiciaire. Ce sont autant de mauvais signaux qui montrent à quel point, protéger les femmes et les enfants de toutes formes de violence, ne semble pas une priorité pour ce nouveau gouvernement.

Et nous attendons… Mais à l’évidence nous rêvons, rien ne vient… Or non, ils ne peuvent en aucun cas attendre, cela représente pour eux une effroyable perte de chance, un risque vital, une révoltante injustice, un scandale de Santé publique.

Puisqu’il faut le rappeler encore et encore, comme nous l’avons déjà fait à maintes reprises :

Les violences faites aux femmes et aux enfants sont de graves atteintes à leur intégrité physique et mentale et à leurs droits. L’exposition précoce à la violence a été reconnue par la communauté scientifique internationale comme la principale cause de mortalité précoce et de morbidité à l’âge adulte. Il s’agit d’une urgence humaine et sociale, et c’est un problème majeur de santé publique.

Fréquentes et répandues dans tous les milieux, les violences faites aux femmes et aux enfants sont avant tout commises par des personnes censées les protéger. Elles s’exercent dans le cadre de rapports d’inégalité, de privilège et de domination des hommes sur les femmes et les filles, des adultes sur les enfants. Plus elles sont vulnérables et en situation de handicap et de discrimination, plus elles sont en proie à des violences.

Destructrices et traumatisantes, les violences ont de très lourdes répercussions sur la vie, le développement, le comportement, la scolarité et la santé des femmes et des enfants vu leurs retombées physiques, psychiques et neurologiques, endocriniennes et immunitaires et même génétiques qui risquent de les impacter dès leur vie foetale (violences lors de la grossesse), à leur naissance, et tout au long de leur vie. Le cerveau des enfants est très vulnérable aux violences et au stress extrême.

La très grande majorité des femmes et enfants victimes de violences ne sont jamais protégés, ni reconnus. Ils n’ont que rarement accès à la justice et à des réparations. Leurs traumatismes psychiques à l’origine de très lourdes conséquences sur leur développement psychomoteur et cognitif, leur comportement et leur santé à long terme, ne sont presque jamais pris en charge.

Ces femmes et enfants en danger sont condamnés à survivre seuls aux violences ainsi qu’à leurs conséquences psychotraumatiques, et plus particulièrement à une mémoire traumatique qui leur fait revivre les pires moments comme une torture sans fin. Afin d’échapper à cette souffrance intolérable, ils mettent en place, tout au long de leur vie, des stratégies de survie hors norme pour s’anesthésier émotionnellement (ce sont des conduites dissociantes comme des addictions à l’alcool ou la drogue, des mises en danger, des troubles alimentaires, etc.). Ces stratégies qui sont des tentatives désespérées d’auto-traitement sont très préjudiciables pour leur santé, et leur vie qualité de vie, elles aggravent leur vulnérabilité et le risque de subir de nouvelles violences, elles sont rarement rapportées aux violences par les professionnels de la santé, et elles leur sont très injustement reprochées.

De très forts liens sont également retrouvés avec de nombreux troubles psychiatriques, cardio-vasculaires, endocriniens et gynécologiques, avec des maladies auto-immunes et neurologiques, des infections sexuellement transmissibles, des cancers, des ostéo-arthrites, des douleurs chroniques, etc.

Pour ces femmes et enfants cette absence de protection et de prise en charge est une lourde perte de chance en termes de santé, de développement, de vie affective, de scolarité, d’insertion sociale et professionnelle, elles aggravent les inégalités et mettent en danger la cohésion sociale. Cette perte de chance est d’autant plus scandaleuse que les soins sont efficaces et permettent d’éviter la répétition des violences et la plupart des conséquences à long terme.

Sortir du déni, protéger et soigner ces femmes et enfants est un impératif humain absolu et une urgence de santé publique et nécessite une volonté politique forte.

Quand verrons-nous cette volonté en marche ?

Germanie JEAN-BAPTISTE,

Maydj L. Jackie CASIMIR,

Respectivement Présidente et Vice-présidente de Femme d’Influence Haïti – FIHA

Contact : +50948082928/ 36000580/ femmeinfluence1@gmail.com

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