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TPS : Avocats en immigration et parlementaires américains déplorent la décision de l’administration Trump

27 novembre 2017, 9:06 catégorie: Diaspora2 038 vue(s) A+ / A-

 

Manifestation en faveur d’une prolongation du TPS./Photo: Archives.

 

L’administration Trump avait jusqu’à la populaire fête de l’Action de grâce (Thanksgiving Holiday) pour annoncer sa décision de renouveler ou pas le statut de protection temporaire dont bénéficient 58.000 de nos compatriotes depuis 2010, suite au séisme qui avait dévasté la capitale haïtienne cette année-là. Le gouvernement américain pouvait soit renouveler le statut pour une autre période de dix-huit mois, soit y mettre un terme et accorder un délai pour que nos compatriotes puissent rentrer chez eux. Malheureusement, en dépit de la mobilisation des élus haïtiano-américains, du gouvernement haïtien et d’influents membres du Congrès, dont des Républicains, l’administration Trump a mis fin au programme, et a accordé un délai de dix-huit mois à nos compatriotes pour regagner Haïti.

À entendre les officiels du gouvernement haïtien, Haïti aurait bénéficié d’un renouvellement. Mais ce n’est pas le cas. Il est de coutume qu’à la fin du programme, l’administration américaine accorde un délai plus ou moins long aux bénéficiaires pour rentrer chez eux. Mais comme toujours, chez nous, les politiques n’aiment pas que leurs noms soient associés à l’échec, et ont tenté de faire passer ce drame pour une victoire.

Cependant, les membres du Congrès américain qui soutiennent notre cause ont été prompts à dénoncer cette décision de l’administration. La députée Ileana Ros-Lehtinen a, sur son compte twitter, déploré la perte des Haïtiens qui serait une tragédie pour Miami. Sa collègue Frederica Wilson a jugé cruelle la décision de l’administration d’accorder 18 mois aux Haïtiens pour quitter le pays. Finalement, le député Mario Diaz- Balart a exprimé son désaccord avec la décision de l’administration, comme il l’avait fait lorsqu’une décision similaire avait été annoncée contre les Nicaraguayens au début du mois.

Cette décision de l’administration Trump, adoptée malgré la promesse de ce dernier d’être du côté des Haïtiens au cours de la campagne, est aussi mal accueillie par les avocats en immigration de la communauté haïtienne de Floride. Nous partageons avec vous ici les réactions de trois d’entre eux sur la question.

Me. Vladimir Champagne. Me. Lody Jean, présidente de l’Association des Avocats haïtiens de Floride.

 

Me. Lody Jean Présidente de l’Association des Avocats haïtiens de Floride

Au sein de l’Association des Avocats haïtiens, nous sommes désappointés par la décision de l’administration de mettre un terme au statut de protection temporaire de nos compatriotes, et cela pour plusieurs raisons. Nous croyons qu’au regard de la loi, Haïti méritait un renouvellement du programme. La situation d’Haïti ne s’est pas encore assez améliorée pour lui permettre d’accueillir un tel flux de rapatriés. L’épidémie de choléra, ainsi que les dévastations occasionnées par l’ouragan Matthew en 2016 et les ouragans de 2017 n’ont pas permis au pays de progresser. Nous sommes aussi désappointés du fait que le gouvernement a décidé de laisser autant de gens dans la consternation. Nous savons que l’administration américaine, qui est en faveur d’une réforme globale de l’immigration, vient de rater une opportunité de se prononcer sur l’avenir des bénéficiaires du TPS qui, comme on le sait, font l’objet de plusieurs projets de loi introduits par des parlementaires.

Me. Vladimir Champagne

Cette dernière prolongation du Statut de Protection temporaire est un pis-aller, comparé au pessimisme que nous inspirait l’administration Trump. Elle accorde plus de temps aux bénéficiaires du TPS pour trouver une solution permanente. Dix-huit mois, c’est mieux que les deux mois qui nous restaient jusqu’au 22 janvier 2018 (date d’expiration du dernier renouvellement de six mois du programme.

Me. Patricia Elyzee

D’après l’annonce de la ministre Duke, le Département de la Sécurité intérieure a procédé à une évaluation des conditions qui avaient justifié la désignation originelle d’Haïti comme pays bénéficiaire du TPS et est arrivé à la conclusion que les circonstances extraordinaires causées par le séisme de 2010, et qui avaient justifié cette désignation n’existent plus. Haïti fait face en ce moment à une crise humanitaire. La déportation en masse des Haïtiens des États-Unis en 2019 mettrait à rude épreuve les faibles infrastructures du pays. Haïti ne s’est pas encore remise du séisme; en plus, depuis 2010, le pays a dû faire face à une épidémie de choléra, à des ouragans en 2016 et en 2017 qui ont tué des centaines de citoyens et affecté, entre autres, l’agriculture et la disponibilité de l’eau dans le pays. La position du ministère américain de la Sécurité publique que la situation en Haïti s’est assez améliorée pour justifier une réorientation politique est erronée. Au lieu de concentrer ses efforts sur la déportation de ces 60.000 Haïtiens, l’administration Trump devrait plutôt travailler avec le congrès pour adopter une loi qui débouchera sur une solution migratoire à long terme pour ces gens.

Frandley Denis Julien

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