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Tokay en Canta Bouhi un récit d’aventure de Joëlle Benoit

10 juillet 2018, 8:57 catégorie: Culture2 397 vue(s) A+ / A-

C’est chez C3 Éditions, que Joëlle Benoit publie son roman d’aventure de 96 pages intitulé : « Tokay en Canta Bouhi ». Ce récit de la littérature jeunesse est dédié à la jeunesse haïtienne et à Haïti sa patrie, son amour dont l’histoire faite de turbulences et de luttes glorieuses sont imprimés dans les tripes de l’auteure.

Joëlle Benoit a mis au point l’histoire de Tokay un adolescent de quatorze ans qui est déporté dans le temps. Allongé sur une plage de sable, encore étourdi par le naufrage de son bateau. Tokay a ouvert les yeux et s’est rendu compte qu’il avait mal partout. Il a cherché désespérément ses cousins : Farik et Mirail qu’il va finir par retrouver. Ils vont faire la connaissance de jeunes Amérindiens qui vont les entraîner dans un étroit sentier. Les Amérindiens et leurs hôtes se retrouvent par la suite derrière une cascade. Ils vont entrer dans une grotte. Dans ce lieu décrit par l’auteure, il y a l’eau qui suinte partout qui coule sur les parois calcaires. Dans cet endroit étrange, Tokay et ses cousins se posent des questions. Ils s’interrogent sur le fait qu’ils étaient si imprudents de suivre les Amérindiens. Entre temps, pour tuer le temps, ils contemplent les grottes et se laissent submerger par la lumière qui transforme par moments l’endroit en une case de cristal rose.

Après deux heures de marche, ils arrivent dans un hameau clame et paisible où vivent des Taïnos, des descendants d’Arawaks, des mangeurs de farine de manioc. Mais la vie, ce long chemin de surprises et d’événements inattendus vont bouleverser la vie de ces trois jeunes aventuriers. Les notables de la zone vont les garder prisonniers loin de leurs familles laissées à Jacmel. Ils ont raconté leurs mésaventures au notable du village. Ce dernier n’avait pas souhaité la présence de ces adolescents dans leur vie, eux qui ont passé cinq cents ans à se cacher au fond des montagnes inaccessibles au commun des mortels. Les adolescents, le coeur serré ont compris que leur destin était scellé. Les Amérindiens vont les garder parmi eux. Durant leur séjour, Tokay, Farik et Mirail ont appris à façonner des massues et des lances, à y incruster des haches de pierre ou des pointes de coquillages taillés, ils apprirent à chasser le cochon marron et à attraper le coq-d’Inde, à pêcher dans les torrents avec une lance en bois de mangles.(P.41) Et le plus extraordinaire dans tout cela, ils ont commencé par se familiariser avec le mode de vie des gens du village appelé Canta Bouhi. C’est là qu’ils vont vivre de palpitantes aventures dans l’histoire d’Haïti. « Tokay, Miraïl et Farik s’intégraient de plus en plus à cette vie harmonieuse, mais pensaient avec tristesse à leur famille. » (P.75)

À travers ce récit écrit dans une langue limpide et dans un style sobre, Tokay en Canta Bouhi de Joëlle Benoit fait revivre sur les yeux de ses lecteurs l’une des pages les plus passionnantes de l’histoire d’Haïti : la période des Indiens où l’ile s’appelait Quisqueya ou Bohio. La romancière veut attirer l’attention des jeunes sur cette époque là, où les gens étaient heureux jusqu’à l’arrivée des Espagnols. Le récit fourmille d’anecdotes et d’histoires qui rendent la lecture intéressante. Illustré des dessins de Gabrielle Brun, accompagné d’un lexique contenant tout un ensemble de mots utilisés par les Taïnos. Le roman Tokay en Canta Bouhi après la légende de Quisqueya de Margaret Papillon jette un regard lumineux sur la période de 1492. Une façon pour Joëlle Benoit de revenir sur les rives du passé pour enchanter petits et grands. Elle focalise leurs intérêts sur la période des Aborigènes là ou peut-être que tout à commencer.

Schultz Laurent Junior

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