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Le sort du ministre de l’Intérieur n’est pas encore fixé

25 octobre 2016, 11:41 catégorie: Actualité1 995 vue(s) A+ / A-

Le sénateur de l’Artibonite, Youri Latortue,
principal instigateur de l’interpellation du
ministre François Anick Joseph, le 25 octobre
2016. / Photo : J. J. Augustin

 

La séance d’interpellation du ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, François Anick Joseph, est toujours maintenue pour le mercredi 26 octobre 2016, selon les dires du président du Sénat, Ronald Larèche, affirmant que le bureau du Grand Corps a déjà acheminé la correspondance au titulaire du MICT. Concernant l’éventuel sort qui sera réservé à l’ancien sénateur devenu ministre, Ronald Larèche croit qu’il revient aux différents blocs politiques de s’entendre à ce niveau.

 

À quelques heures de la tenue de la séance d’interpellation du ministre de l’Intérieur, François Anick Joseph, la conviction des sénateurs interpellateurs semble se renforcer sur les motifs reprochés au ministre interpellé. Le sénateur de l’Artibonite, Youri Latortue, instigateur de cette séance d’interpellation, a encore une fois estimé que le ministre de l’Intérieur, qui coordonne l’aide aux victimes de l’ouragan Matthew, a fait preuve de son incompétence dans la gestion de l’aide. Dans le cadre de la préparation de la séance, Youri Latortue a informé qu’il s’était rendu à la Sonapi, là où est entreposée l’aide destinée aux victimes, pour constater des dons disponibles qui sont à la traine tandis que la population est en proie à toutes sortes de difficultés.

Alors que les populations des départements de la Grand’Anse, du Sud et des Nippes dorment à la belle étoile, Youri Latortue dit avoir constaté à la Sonapi des milliers de feuilles de tôle et de pièces de bois entreposées depuis deux semaines. De plus, dit-il, lors d’une rencontre au Palais national, plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) avaient informé le président de la République que plus de 500 tonnes d’aides étaient disponibles à Jérémie, mais qu’elles ne pouvaient pas être distribuées faute de sécurité et de coordination de la part du ministère de l’Intérieur et de la protection civile. Le sénateur, qui a présenté en conférence de presse les photos de tôles et de bois prises à la Sonapi, a mis toute la responsabilité sur le compte du ministre de l’Intérieur qu’il qualifie d’incompétent.

 Pour le sénateur de l’Artibonite, le gouvernement avait mal géré le cyclone avant, pendant et après. La coordination se faisait mal, a fait savoir Youri Latortue. Il en veut pour preuve l’établissement scolaire l’Armée du Salut à Aquin choisi comme abri provisoire alors que sa toiture a été emportée au moment du passage de l’ouragan et faisant même des blessés, a précisé le sénateur, qui qualifie d’irresponsable l’attitude du ministre de l’Intérieur ainsi que celle des responsables de la protection civile. Dans cette perspective, il dit croire que l’interpellation du ministre se fait en signe de solidarité avec les sénateurs des départements touchés par le cyclone qui se sont plaints de la gestion faite de l’ouragan lors de la séance de convocation du mercredi 12 octobre dernier. En ce sens, Youri Latortue invite ses collègues à prendre leurs responsabilités, car, ditil, ils avaient donné leur mot concernant l’interpellation du ministre de l’Intérieur.

Ce mardi, suivant les réactions de certains sénateurs, cette séance d’interpellation s’apparente plus à une guerre de chapelle. Le président du bloc majoritaire au Sénat, le sénateur Nenel Cassy, dit n’avoir pas été informé de l’interpellation. D’autres sénateurs de ce bloc se sont montrés prudents et n’ont pas voulu faire le jeu de Youri Latortue qui chercherait à résoudre « son problème personnel avec Anick François Joseph ». Selon un sénateur de la majorité qui s’exprimait hors micro avec le journal, il y a des ministres (comme celui de l’Éducation nationale, des Affaires étrangères) supportés par la minorité (bloc de Youri Latortue) qui « n’atterrissent pas », et qui méritent aussi d’être interpellés. Tout serait une question de deal. Dans cette guerre de chapelle, François Anick Joseph pourrait bien sauver sa peau du cyclone.

Noclès Débréus

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