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Soirée d’hommage à Willems Edouard

17 juillet 2016, 7:35 catégorie: Culture3 383 vue(s) A+ / A-

 L’assistance de la soirée hommage au poète Willems Edouard au Centre culturel Anne-Marie Morisset./crédit photo : Meem Shoomeatove Vincent.

 

Vendredis Littéraires de l’Université Caraïbe au  Centre culturel Anne-Marie Morisset  a rendu, le 15 juillet 2016, un grand hommage au juriste et poète Willems Edouard assassiné le 8 juillet 2016 à Pétion-Ville. Beaucoup de gens, écrivains, journalistes, photographes et musiciens, ont pris part à cette activité déplorant les actes crapuleux qui prévalent en Haïti ces derniers temps.

Des poèmes ont été dits par de multiples voix à « Vendredis Littéraires » de l’Université Caraïbe au Centre culturel Anne-Marie Mosisset, le vendredi 15 juillet 2016, pour rappeler que le poète Willems Edouard  est là, malgré assassiné le 8 juillet 2016 à Pétion-Ville. Cela a été une manière artistique de signifier que les poètes ne mourront jamais tant qu’il y aura des livres et des hommes sur la terre. Aussi, des chansons par Wooly Saint Louis Jean avec sa guitare de toutes les merveilles, sans oublier divers témoignages sur la vie de Willems donnés par des gens qui avaient l’habitude de le côtoyer, que ce soit en tant qu’écrivain ou juriste ou en tant que directeur des Presses nationales d’Haïti.

Beaucoup de livres ont été au rendez-vous à cette activité mémorielle. La rue Gabard est ta principale maladresse  de l’écrivain Jean Emmanuel Jacquet, Ragagann de Lyonel Trouillot, Anthologie poétique d’Aimé Césaire, Zetwal anba wòb de Jacques Adler Jean-Pierre, Anthologie de la poésie negro Africaine d’Anne-Marie Guy. D’autres œuvres comme Cassés de Lovely Kermonde Fifi, San powèm pou Castera youn pou Danbala de Jeudinema, Anthologie bilingue de la poésie créole haïtienne de 1986 à nos jours, Dialogue au bout des vagues de Gérald Bloncourt. Un tas de livres qui parlent de la tragédie et la fragilité existentielles, de l’espérance et la volonté inébranlables de certaines gens, également de la quête du bien-vivre.

Selon l’écrivain Lyonel Trouillot, le poète Willems Edouard a été une pièce importante dans le milieu culturel artistique haïtien par rapport à ses idées novatrices, son investissement dans les affaires de la propriété intellectuelle en Haïti en sa qualité de consultant du Bureau haïtien du droit d’auteur, mais également, a-t-il déclaré, il a transformé positivement Les presses nationales d’Haïti à un moment où elles étaient considérées comme une institution quasiment inexistante. C’est, en effet, une part de félicité pour l’homme quand on sait la vieille tradition qui veut que persiste la bêtise ici et qu’elle gagne du terrain en tout sens.  

De son côté, l’auteur de Rosalie l’infâme, la romancière Évelyne Trouillot, n’a pas caché son indignation en cette occasion. Elle dit que la mort de Willems Edouard lui fait penser à d’autres personnes assassinées comme Jacques Roche, Emmanuel Leconte, Micheline Coulanges et tant d’autres encore. Elle a expliqué comment le pays est une terre à risque qui ne fait que voler les rêves de tant d’individus.

La soirée d’hommage à Willems Edouard s'est déroulée sous fond de colère. Des poèmes de Syto Cavé, de René Philoctète, de Rodney Saint-Eloi ont été dits. D’autres, écrits en son honneur pour l’occasion, ont été récités. Et même des textes écrits par Willems Edouard ont été déclamés également pour rendre hommage à Willems Edouard. Une manière de signifier que la mort est loin de souiller la mémoire de l’homme parce qu’il a vécu pour la culture.

Carl-Henry PIERRE

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