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La situation des migrants s’aggrave au niveau de la frontière haitiano-dominicaine

05 avril 2017, 10:56 catégorie: Actualité2 767 vue(s) A+ / A-

Vue du camp Pak Cadeaux 1 à Anse-à-Pitres | Hector Retamal . Reuters

 

À partir des travaux effectués sur les points frontaliers officiels du pays, le service Jésuite aux migrants a découvert que la situation des personnes victimes de déportation en République Dominicaine s’est aggravée. Les problèmes d’eau potable, le paiement du loyer des migrants relocalisés et les mauvais traitements subis entre les mains des soldats dominicains sont parmi les grands problèmes auxquels sont confrontés les rapatriés au niveau de la frontière.

Il y a de cela un an, l’Organisation internationale de la migration (OIM) avait lancé le processus de relocalisation des migrants haïtiens déportés de la République Dominicaine. Le contrat de loyer de certains migrants a déjà pris fin. Beaucoup d’autres contrats prendront fin au mois de mai, et les migrants se plaignent déjà de leur incapacité à renouveler les contrats malgré la mise en place de certains programmes d’activités génératrices de revenus à leur profit. Devant le silence des autorités, ils se questionnent déjà des différentes options qui se présentent devant eux, comme retourner en République dominicaine ou dans leurs localités d’origine, ou du moins dans les camps de réfugiés.

 Mis en oeuvre entre février et mai 2016, ce projet de l’OIM a été, selon le maire d’Anse-à-Pitre, M. Harry Bruno, un échec bien qu’il ait aidé à relocaliser 580 familles qui vivaient dans de mauvaises conditions dans les 329 camps de réfugiés. Aujourd’hui, ces familles risquent de se faire expulser par les propriétaires de maisons, a raconté le maire principal de la commune aux responsables du service Jésuite aux migrants (SJM). Par ailleurs, le maire a aussi souligné que des familles croupissent encore dans la misère dans des camps de réfugiés à Tête-à-l’Eau et au Parc Cadeau construits comme abris provisoires depuis l’année 2015.

 Avec ces camps à l’entrée de la ville, l’insécurité bat son plein. Et pour faire face à cette situation, le premier citoyen de la commune envisage d’entrer en contact avec ses homologues de Thiotte, Grand-Gosier et Belle-Anse, en vue de discuter sur les possibilités pour que les familles relocalisées originaires de ces zones puissent y retourner. Selon le maire, cela permettrait non seulement de faire disparaitre les camps à l’entrée de la ville, mais également de combattre le phénomène d’insécurité régnant aux environs des camps.

Autres problèmes soulevés par le SJM dans son rapport, ce sont les mauvaises conditions de détention ainsi que les violences physiques perpétrées contre les migrants haïtiens au moment de leur expulsion par les autorités dominicaines. Plusieurs migrants ont été rapatriés avec des cicatrices partout sur leur corps. L’institution condamne ces formes de violation des droits de la personne. Pour pallier à ces situations de grandes inquiétudes, le SJM a participé à la mise en place des programmes de renforcement des organisations communautaires de base et l’installation des mutuelles de solidarité.

Le SJM dénonce avec fermeté les violations des droits des migrants, la séparation familiale, les mauvaises conditions de détention avant leur expulsion et les violences physiques dont ils sont victimes. L’organisation condamne les actions relatives à la perte des biens et aux salaires non rémunérés gardés par certains patrons en République Dominicaine. Par conséquent, l’institution exhorte à ce que les autorités dominicaines et haïtiennes agissent d’une façon à faire respecter les droits des migrants et à les fournir des conditions de vie acceptables.

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