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Simone Fièvre : de l’allure des hommes à celle des choses

15 octobre 2017, 8:12 catégorie: Culture5 592 vue(s) A+ / A-

La designer et plasticienne Simone Fièvre./
Photo : Ironce Rempart.
Un mannequin portant une pièce d’une des
colletions de Sim Création Haïti.

 

Simone Fièvre est plasticienne et designer. Elle monte depuis quelques années, à Saint-Marc, sa propre entreprise de création, Sim Création Haïti, où elle confectionne des vêtements, des bijoux et des accessoires de qualité pour tout type de public. Elle tient également, depuis l’année passée, un grand forum sur la mode dans sa ville natale, le Fashion Night qu’elle annonce déjà pour le 27 décembre prochain. Entretien avec cette jeune Saint-marcoise, pleine d’énergie.

Le National : Parlez-nous de votre expérience à Saint-Marc, en tant que designer…

Simone Fièvre : En tant que designer, il faut dire que pour une ville comme Saint-Marc où ce métier est méconnu, au début cela n’a pas été facile. La plupart de mes proches m’ont découragée à l’idée d’implanter une entreprise de création de cette envergure à Saint- Marc, mais ma détermination pour apporter quelque chose de nouveau à ma ville a été si forte que je n’ai pas reculé. J’ai très vite compris aussi que la première chose à faire était d’éduquer la population saint-marcoise sur ce que je faisais. J’ai dû convaincre certains jeunes, qui se sont engagés avec moi dans la bataille, en organisant des expositions, des séances de formation et il faut dire que la presse saint-marcoise nous a beaucoup aidés à travers les émissions d’information surtout.

Je peux fièrement dire aujourd’hui que j’ai réussi parce que, depuis, les gens consomment nos produits et il y a maintenant d’autres ateliers d’art dans la ville et d’autres artistes saint-marcois qui, avant moi, ne travaillaient que pour eux ou pour des étrangers, et qui ont maintenant le courage de se montrer et de montrer à la population saint-marcoise leurs oeuvres. J’ai beaucoup appris de cette expérience. Cela m’a permis de découvrir mes capacités de leadership dans ce domaine parce que depuis mon enfance, j’ai toujours entendu dire que le public de Saint-Marc est le plus difficile du pays en termes d’appréciation de l’art et pourtant maintenant j’ai dû me faire accepter avec mon équipe et notre philosophie. Il m’est aussi permis de mieux apprécier ce que je fais, car maintenant je ne cesse de voir la satisfaction chez les clients et je me vois comme un modèle aux yeux de la jeunesse saint-marcoise qui ne cesse de me témoigner leur gratitude. Là maintenant, je collectionne tous ces bons sentiments qui ne m’offrent que du bonheur, quoi !

L.N. : Vous êtes dans le design sur vêtement, dans la mode, dans la haute couture et aussi dans la décoration. Comment concilier tout cela ?

S.F. : Ce n’est pas difficile de concilier tout cela quand on a ce qu’on fait dans le sang et quand on a une équipe plus que dynamique avec soi. Je répète toujours que je n’ai jamais travaillé avec quelqu’un dans ma vie, parce que pour moi le travail c’est autre chose par rapport à ce que je fais. À travers mon art, j’exprime mes goûts, mes sentiments, mon style. C’est comme une thérapie qui me permet de m’extérioriser et d’extérioriser la beauté qui est en moi, tout comme parfois mes défauts dont je n’ai pas peur de parler. Quand on a quelque chose qui définit notre essence, on vit avec et c’est ma façon à moi d’améliorer la vie des autres. Par exemple, améliorer l’apparence de quelqu’un à travers ma mode ou encore rendre certains évènements plus agréables pour que ce soit plus qu’un souvenir, etc. Voilà ce que j’aime faire. Je confectionne le bonheur à travers mon art, ce qui me permet de me sentir dans une situation plus que confortable dans ce que je fais et je le fais tout le temps, sans heure ni endroit fixe.

L.N. : En tant que plasticienne également, avez-vous une philosophie propre à vous, de votre travail ?

S.F. : En tant que plasticienne, ma philosophie c’est faire vibrer le sens esthétique des autres à travers ma muse. J’adore quand je vibre devant l’art des autres, alors autant les faire vibrer aussi. Les bons sentiments se partagent.

L.N. : Vous travaillez généralement pour quel type de public ?

S.F. : Le plus souvent je travaille pour les cadres de la ville, pour certains artistes à la recherche d’effets spéciaux pour leurs spectacles et vidéos, pour les jeunes et les enfants pendant les périodes de festivités comme le carnaval, la fête du drapeau, la créolophonie, etc.

L.N. : Vous tenez un atelier à Saint-Marc. Peut-on trouver tes produits uniquement là-bas ? Où et comment les récupérer ?

S.F. : Oui, tout y est, dans mon atelier Sim Création Haïti, à Saint- Marc (#1, Impasse Tresoline Pivert) on est sur Facebook, sur Instagram, et très prochainement nos évènements seront sur YouTube, ce qui permettra aux lecteurs de votre journal de lier connaissance en un clic avec nos produits et services. On peut également nous écrire sur fièvresimcreation@gmail.com ou nous appeler au +509 3811 4283.

Le National : Parlez-nous de vos projets…

Simone Fièvre : En parlant de projet d’avenir, nous avons beaucoup de choses en perspective. Nous comptons avoir une boutique dans toutes les grandes villes du pays afin de pouvoir satisfaire plus rapidement notre clientèle, car notre rêve, c’est de devenir une marque internationale de vêtements, de bijoux et d’accessoires de qualité, qui puisse représenter dignement Haïti ou encore ma ville natale, Saint-Marc. Nous avons aussi un projet qui sera en quelque sorte le miroir culturel d’Haïti en Photo, avec nos créations. Et à court terme, nous préparons la deuxième édition de Fashion Night qui est notre plus gros show de l’année au cours duquel nous réunissons tous les artistes et designers qui veulent présenter leurs travaux. C’est aussi le tableau parfait de la créativité saint-marcoise. L’activité est prévue pour le 27 décembre 2017

Propos recueillis par :

Jean Emmanuel Jacquet

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