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Sénateur Jacques Sauveur: une vie partagée entre la musique, l’agriculture et la politique

11 mai 2017, 10:58 catégorie: Tribune Parlementaire14 656 vue(s) A+ / A-

Le sénateur du Nord-Est, Jacques Sauveur Jean.

 

À cheval sur trois terrains, le sénateur Jacques Sauveur Jean ménage assez bien sa monture afin de marquer son passage dans ces champs distincts.

Fils d’un père agriculteur et d’une mère couturière, Jacques Sauveur Jean a vu le jour le 6 août 1967 à Ferrier dans le département du Nord’Est. Avec une jeunesse mouvementée à Ferrier, Fort Liberté et au Cap Haïtien, il a trouvé la formule adéquate pour laisser son empreinte au niveau de ces trois communes. A Fort Liberté, il a débuté ses études classiques chez les Soeurs Saint Joseph de Cluny pour les achever au Centre Pédagogique Moderne du Cap Haïtien.

Très jeune, Jacques Sauveur Jean se distingue par sa voix mélodieuse et sa plume atypique lors des concours de chants interclasse et interscolaire où il a été plusieurs fois primé. Dès l’âge de 16 ans, encore à l’école, il enregistre son premier album. Depuis, rien ne l’arrête. Il compte plusieurs dizaines de disques dans son palmarès encore provisoire. Cet amant de la symphonie, doit son surnom Jackito à la proximité de sa commune à la Républicaine Dominicaine dont la touche hispanique influence au quotidien les pratiques des habitants de cette région d’Haïti. Pour affectionner le jeune chanteur, ses fans greffent le suffixe “ito” à son prénom qui devient un diminutif de Jacques. Avec tact, il s’est approprié plusieurs tubes de la chanson française et parvient ainsi à construire son nouveau public. En 2003, il remporte le prix meilleur interprète carïbéen de Dynamic Store à Paris. Aujourd’hui, ce musicien talentueux est propriétaire de radio Musique FM et de Haitian Music TV (canal 20) au Cap Haïtien.

Jacques Sauveur Jean, fils de paysans, ne s’est pas éloigné de l’agriculture qui a supporté financièrement une part importante de ses études. De retour en Haïti en 2007, il s’est lancé, grâce au support de l’ancien président René Préval, dans la construction de la ferme agricole Jackito. Cinq ans plus tard, en 2012, il remporte le prix Digicel Entrepreneur agricole du grand nord. En 2013, cette entreprise devient Ferme Agricole de Mérande et se spécialise dans la riziculture dans le haut et le bas Maribaroux. En vue de renforcer son travail dans le secteur et d’aider un pan considérable de la population vivant de l’agriculture dans cette région, il a lancé l’Organisation des Paysans et Agriculteurs du Nord’Est (OPAN), qu’il préside.

Toujours intéressé à la politique, en 2006 le chanteur et agriculteur, tombe sous le charme de la vision du candidat à la présidence Réné Préval axée sur l’agriculture. Il décide d’endosser sa candidature. Après la victoire de celui-ci, une nouvelle aventure allait naître, Jacques Sauveur Jean comprendra mieux les rouages du pouvoir. En outre, sa rencontre avec Fidel Castro à Cuba en 2006, allait marquer un tournant décisif dans son engagement de citoyen. Ébloui par la maîtrise du leader de la révolution cubaine de la question haïtienne, il allait découvrir toute la dimension historique de sa patrie. Plus tard, poussé par le désir de permettre aux paysans et artistes d’avoir de véritables défenseurs au sein du parlement, il se porte candidat aux sénatoriales de 2015. Car estime-t-il la politique, telle que réalisée, constitue un handicap au développement de l’agriculture et de la culture. Donc, il faut du sang neuf porteur de nouvelles pratiques.

 Élu sénateur du Nord’Est avec 40 947 voix, soit 31.03 %, sous la bannière du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK), il est l’un des 20 membres fondateurs, de cette jeune structure politique, aux côtés de l’ancien président Michel J. Martelly, musicien comme lui, qu’il considère comme un allié naturel d’autant qu’il porte un discours singulier au sein du parti qui traduit l’existence de la pluralité idéologique au PHTK: élément essentiel de la démocratie occidentale.

 Au sénat, le représentant du Nord’Est assure la présidence de la Commission Culture et Tourisme toutefois, il laisse sa touche dans plusieurs propositions de loi déjà présentées au bureau telles, la loi sur le crédit étudiant élaborée par le sénateur Youri Latortue et la loi sur la promotion de la culture et l’aide aux artistes et aux artisans du sénateur Gracia Delva entre autres. Cette dernière renvoyée à la Chambre des Députés pour une deuxième lecture, après le vote du Grand Corps. Travaillant autour d’une proposition de loi sur le crédit agricole, le sénateur Jacques Sauveur Jean pense que cette production législative facilitera le développement de l’agriculture et contrera la paupérisation des paysans. Pour lui, l’article 249 de la Constitution, s’érige en boussole « l’État a pour obligation d’établir les structures nécessaires pour assurer la productivité maximale de la terre et assurer la commercialisation interne des denrées. Des unités d’encadrement technique et financières sont établies pour assister les agriculteurs au niveau de chaque section communale. »

Bien qu’il soit l’un des rares sénateurs à assurer une présence continue aux séances, Jacques Sauveur Jean ne se détache jamais de sa section communale de Bas Maribaroux à Ferrier. Terre qu’il chérit. Suite à l’héritage légué par ces deux anciens Chefs d’État, René Préval et Fidel Castro, ayant ouvert officiellement son aventure politique, le sénateur travaille actuellement sur la création de son propre parti politique dénommé Pati Atis ak Peyizan / Parti des Artistes et des Paysans (PAP).

 Stanley Augustin

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