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Le sénateur Denis Cadeau : un féru de l’éducation

20 avril 2017, 9:19 catégorie: Tribune Parlementaire17 120 vue(s) A+ / A-

Le sénateur Denis Cadeau

 

Premier sénateur élu des Nippes après avoir remporté les élections dans l’ensemble des onze communes de ce jeune département, le sénateur Denis Cadeau a consacré la majeure partie de sa vie à la question éducative avant de devenir parlementaire à la 50e législature.

S’il a pu faire de l’éducation, la toile de fond de son intervention lors de la séances de présentation de la déclaration de politique générale du premier ministre Jack Guy Lafontant au Sénat de la République, c’est grâce à son longue expérience dans le système éducatif haïtien. Contrairement à la grande majorité de ses pairs, il s’est focalisé sur des questions liées à ce domaine, en contredisant les chiffres mentionnés dans le document du chef de gouvernement le nombre d’établissements scolaires, en soulevant la problématique de la fuite des jeunes vers des universités étrangères, et en évoquant ses préoccupations autour du Programme de Scolarisation universelle gratuite et obligatoire (Psugo).

Denis Cadeau a commencé sa scolarisation chez les Frères de Miragôane, la ville qui l’a vu naître le 21 juin 1957, pour la terminer au collège Moderne des Gonaïves. Passionné de l’éducation, il s’est rendu à Port-au-Prince pour poursuivre ses études. Ainsi, en 1975, il intègre l’école Normale d’instituteurs de Damien, puis entreprend des études en sciences juridiques à l’École de droit des Gonaïves jusqu’à l’obtention de sa licence. Il est détenteur d’un diplôme en management, dans le cadre du programme spécial de management des cadres étrangers au Québec et d’une maitrise en science de l’éducation à Crefi.

 Entre les Nippes, l’Artibonite, l’Ouest et la Grand’anse, Denis Cadeau n’a pas cessé de mettre ses compétences au profit de la population haïtienne. De ce fait, très tôt, il prit son baptême de feu comme instituteur au sein de la fonction publique en 1979, ensuite pour gravir les différents échelons administratifs du système éducatif. Professeur de lycée, directeur d’école, inspecteur de zone, inspecteur principal, coordonnateur à la formation, directeur départemental adjoint, directeur départemental et enfin, directeur général du ministère de l’Éducation nationale de la Formation professionnelle en 2013.

Touché par la précarité des conditions de vie des enseignants et la crise endémique que traverse le système éducatif haïtien, Denis Cadeau, ancien membre de la Confédération nationale des Enseignants haïtiens et de l’Union nationale des Normaliens Haïtiens, s’est résolu de porter loin les revendications de ce secteur. En ce sens, après deux années au poste de directeur général, il remit sa démission, avec le sentiment du travail accompli selon lui, pour briguer le poste de sénateur sous la bannière du Parti haïtien Tèt Kale. Première tentative qui échoua, faute de décharges le Conseil électoral provisoire rejetait sa candidature. Entre-temps, il retournait à ses engagements habituels. Toutefois, ferme à sa volonté de servir, il s’engageait à nouveau aux législatives de 2016, sous la bannière de la plateforme politique Bouclier, et les remportait avec 59.45 % des voix.

 Entré au Sénat le 14 février 2017, le dernier sénateur élu des Nippes est aujourd’hui membre de trois commissions permanentes : éducation, affaires étrangères et agriculture. En outre, il fait partie de la commission spéciale sur la réforme constitutionnelle. Depuis son entrée en fonction, le parlementaire travaille sur deux propositions de loi, l’une sur la mise en oeuvre des commissions municipales d’éducation (CME) et l’autre sur la création de coopératives agricoles. Selon le sénateur, la première apportera d’importantes innovations au système éducatif haïtien en attribuant aux municipalités le droit de participer pleinement à l’implémentation des programmes scolaires. Tandis que la seconde, relevant du domaine de l’agriculture, permettra d’effectuer les prises en charge de l’espace agricole en regroupant les petits propriétaires sur de grands domaines en vue d’accroitre la production agricole. De plus, dans le cadre de cette proposition, l’État distribua des intrants, outils et semences aux propriétaires puis, assurera la vente des produits à partir des magasins de l’État, construits à cette fin.

Membre de la coordination nationale de la plateforme politique Bouclier, depuis son élection aux sénatoriales, il fait l’éloge de ses rapports avec les autres membres de la structure politique. Au niveau du Sénat, le parlementaire, rappelle que cet espace constitue une assemblée politique aux intérêts divergents, mais, où prévaut la solidarité de corps depuis son arrivée.

 Exprime-t-il, aussi, ses bonnes relations avec ses mandants, qu’il qualifie de majorité silencieuse des Nippes.

Stanley Augustin

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