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Santé mentale : l’analphabétisme parmi les facteurs de risque

10 octobre 2017, 9:39 catégorie: Société3 944 vue(s) A+ / A-

À quand une prise en charge efficace des pathologies mentales en Haïti ? Cette question qui préoccupe les institutions et personnalités sensibles à cette cause a une nouvelle fois été posée à l’occasion de la journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre. La neurologue, Fabiola Dalvius, jette un regard désolant sur cette problématique dont la véritable ampleur semble échapper aux décideurs.

« Il n’y a pas de bien-être physique si le mental ne va pas bien », la neurologue souligne ainsi la fausseté des idées qui réduisent la santé au fonctionnement des organes physiques. Elle rappelle, pour mieux se faire comprendre, que les troubles mentaux provoquent souvent des symptômes cliniques. Un ensemble de préjugés sur la santé mentale méritent donc d’être combattus pour que les gens puissent agir de manière responsable quant à leur équilibre psychique, croit-elle.

Mais au-delà du manque d’information qui affecte le jugement de la majorité des Haïtiens, Dr Dalvius croit que les autorités ont failli leur mission de garantir un accès optimal aux soins mentaux à la population. Elle relève des lacunes dans la prise en charge des cas pathologiques notamment dans les deux principaux centres psychiatriques publics du pays, les hôpitaux Mars and Kline et Défilé de Beudet. « Le nombre des malades mentaux ne cesse d’augmenter et les cas sont de plus en plus divers », explique-t-elle.

Le défi de faire reculer le syndrome démentiel

Un ensemble de facteurs comme l’insécurité et la faible qualité de vie peuvent générer des troubles mentaux chez les Haïtiens. Ces facteurs qui provoquent le stress et même d’autres maladies représentent une menace importante dans la mesure où ils peuvent faire apparaitre le syndrome démentiel dans les troubles mentaux, précise la neurologue. C’est pourquoi elle affirme qu’il est nécessaire que les institutions publiques et privées recrutent des psychologues pour veiller à l’équilibre mental de leurs membres et éviter que ces derniers ne soient emportés par le stress.

L’analphabétisme est également un facteur de risque. Des études ont démontré que les personnes les mieux éduquées ont une plus grande résistance à la démence. Par conséquent, elle déclare que l’État a l’obligation de rendre accessible l’éducation à l’ensemble de la population pour diminuer les cas de démence. Elle conseille à tous de se cultiver à travers la lecture notamment pour acquérir des informations nouvelles qui les aideront à se prémunir contre la démence que risquent d’amener des situations stressantes.

Panorama des pathologies mentales en Haïti

Le panorama des maladies mentales en Haïti est assez préoccupant en raison du taux élevé de l’analphabétisme et du traitement inefficace de certaines pathologies neurologiques. Dr Dalvius souligne d’abord des troubles légers comme l’agressivité et une certaine impatience. Ensuite, elle mentionne des anomalies moyennement sévères comme des réactions violentes comme les casses et d’autres actes de vandalisme. Enfin, les cas les plus graves sont ceux des schizophrènes chez qui on observe un changement radical de comportement et parfois une agressivité extrême.

Alors que les soins de santé mentale constituent une préoccupation mondiale, Haïti n’arrive toujours pas à améliorer son système de prise en charge. Le pays fait face à un grave manque de professionnels qualifiés et ne dispose que de deux hôpitaux psychiatriques publics. Les promesses sans cesse renouvelées des autorités d’intégrer les soins de santé mentale aux soins primaires tardent à se concrétiser. Parallèlement, des malades mentaux continuent de faire l’objet de discriminations, tandis que d’autres qui déambulent jour et nuit dans les rues. Ainsi, le pays est-il encore loin de pouvoir se conformer à la nouvelle approche portant sur l’ancrage des soins de santé au niveau communautaire. Selon ladite approche, l’accent doit être porté sur la santé mentale de tous les membres de la communauté à travers la promotion de la santé mentale et la prévention des troubles mentaux.

Kendi Zidor

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