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Un salon haïtien de la généalogie en Haïti

16 mai 2017, 8:29 catégorie: Culture6 379 vue(s) A+ / A-

Dominique Domerçant, Erol Josué et Peter J. Frisch à l’ouverture du salon

 

Pour inaugurer le premier salon de la généalogie en Haïti, Erol Josué, Peter J. Frisch et Dominique Domerçant figurent parmi les principaux intervenants qui se sont entretenus le vendredi 12 mai 2017, au Bureau national d’Ethnologie, avec de nombreux étudiants, des écoliers et des professionnels entre autres, désireux de retracer leurs origines ancestrales et de reconstituer leur arbre familial.

Du 12 au 15 mai 2017, à l’initiative du groupe socioculturel Boulevard Liaison, créé en 1996, et du Cercle intelligence diplomatique (CID), s’est tenu le premier salon de la généalogie en Haïti. Une manifestation culturelle sur fond de rencontres, de causeries, de conférence et des expositions qui visent à vulgariser, dans les milieux éducatifs, culturels et médiatiques, le rôle et l’importance des pratiques de la recherche généalogique, à la fois comme un art et une science, qui exige passion et patience.

« Les défis et opportunités dans la recherche généalogique en Haïti », a été le thème présenté par le premier intervenant, M. Peter J. Frisch pour sensibiliser le public dans une démarche à la fois pédagogique et interactive.

Une occasion pour déficher les racines de la généalogie en Haïti

 M. Frisch a souligné que : « La généalogie est un domaine de recherche peu connue, peu pratiquée en Haïti. Pourtant, partout dans le monde, ce domaine de recherche est devenu courant et est même rentré dans le cadre de la recherche historique pour étoffer et rétablir des vérités souvent oubliées dans la grande histoire générale des nations ». Il a également rappelé aux membres de l’assistance : « qu’aujourd’hui, l’histoire des familles n’est pas l’apanage des grandes et puissantes familles, des élites. Elle s’est démocratisée pour présenter un intérêt pour tous et toutes, quelques soit leur milieu et leur origine, à la recherche de points d’ancrage, d’enracinement, particulièrement avec les familles éclatées aujourd’hui, éparpillées dans le monde et même en Haïti, loin de leur creuset d’origine ».

 Reconstituer la mémoire collective

Pour le directeur général du Bureau national d’Ethnologie, M. Erol Josué, la généalogie est une pratique qui traverse de multiples façons la dynamique sociale et familiale du peuple haïtien. Tout en restant dans le cadre spécifique des traditions populaires, il s’est illustré du rôle et de l’importance du vaudou dans la valorisation de la famille, à travers les chants, les pratiques initiatiques, les liens entre l’homme et la femme, entre autres.

 L’apport des institutions sociales dans la recherche généalogie a permis, au promoteur de l’évènement de sensibiliser autant le public tout en invitant les élites à jouer leur partition. L’auteur de « Pouvoir politique et responsabilité culturelle » a mis l’emphase sur les spécificités des archives respectives des principaux sous-thèmes tels : la famille, la santé, l’éducation, la religion, l’économie, la politique, les loisirs, les technologies, entre autres.

En se basant sur le cadre conceptuel du temps, de l’espace, de l’action et de l’information, Dominique Domerçant invite les jeunes à reconstituer l’arbre généalogique respectif de leur famille comme boussole de promotion sociale et d’orientation professionnelle, en misant sur l’héritage familial, les références sociales et les métiers de certains parents et avec lesquels ils se sont construits une notoriété.

Exposition d’ouvrages et débats sur la généalogie

 La première édition du salon de la généalogie s’est terminée ce lundi 15 mai 2017, au local de la Bibliothèque nationale d’Haïti, entre des livres exposés autour de la thématique « famille, migration et généalogie » et les quatre principaux intervenants qui ont fait le déplacement.

 Le directeur technique des Archives nationales d’Haïti, M. Jean Kern Bélizaire a, dans sa communication, mis l’accent sur le rôle et l’importance des archives dans la recherche généalogique, particulièrement en ce qui concerne la gestion des registres d’État civil, la documentation, les diverses contraintes et les outils disponibles pour retracer les données archivistiques.

Le collaborateur immédiat de M. Wilfrid Bertrand a aussi souligné les multiples caractéristiques et utilités des archives dans la vie d’un peuple, donc dans la vie de nos familles, évoluant autant sur le territoire national que dans les pays étrangers.

Madame Mivida Domerçant, spécialiste en Droit et des organisations humanitaires, a pour sa part insisté sur les multiples profils et statuts des migrants de nos jours. Tout en se focalisant sur le thème de la journée : « Famille, migration et généalogie », l’ancienne cadre de la fédération internationale de la Croix-Rouge et de la Croix- Rouge Haïtienne a souligné les divers pratiques et dangers liés à la dynamique migratoire et à la nouvelle configuration des familles, au cours du 21e siècle.

 Le spécialiste de la question des voyages et migrations au niveau de l’Amérique du Sud, M. Francklin Pierre, a profité de cette rencontre pour discuter sur les multiples normes et les exigences liées au trafic aérien, particulièrement après les attentats du 11 septembre aux États-Unis et la grande vague des attentats terroristes. Il a mis l’accent sur le comportement que doivent avoir les citoyens et les familles avant, pendant et après la planification de leur projet de voyage, notamment en ce qui concerne les lignes aériennes.

 Une première édition du Salon de la généalogie réussie, selon Dominique Domerçant qui est le coordonnateur de cette activité inédite dans le paysage culturel et scientifique en Haïti. Il encourage les jeunes à retracer les origines familiales pour mieux s’orienter dans leurs parcours à tous les niveaux, tout en remerciant les principaux partenaires du groupe socioculturel Boulevard Liaison et le Cercle intelligence diplomatique (CID).

 Jude Piquant

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