Accueil » Actualité » Processus de « dé-dollarisation » : où en sommes- nous

Processus de « dé-dollarisation » : où en sommes- nous

15 mai 2018, 8:53 catégorie: Actualité1 292 vue(s) A+ / A-

Environ deux mois après la publication de l’arrêté présidentiel portant sur la dé-dollarisation de l’économie haïtienne, rien n’a été fait pour la mise en application de cette décision alors que le Gouvernement avait prévu un tas de mesures, notamment le déploiement sur tout le territoire national d’un corps de brigadiers, pour veiller au respect et à l’application de cette mesure.

L’État haïtien peine à faire appliquer cette mesure contestée particulièrement par des groupes du secteur privé. Le 1e mars dernier, par arrêté présidentiel, le Gouvernement haïtien avait annoncé que toutes les transactions commerciales allaient se faire désormais en gourde, sur toute l’étendue du territoire national. Dans le but, précisaient les responsables, de s’attaquer au problème de dévalorisation effrénée de la gourde par rapport au dollar américain.

En plus de cet arrêté rendu public, le Premier ministre, Jack Guy Lafontant, accompagné du ministre du Commerce et de l’Industrie, Pierre Marie Du Meny, du gouverneur de la Banque centrale, Jean Baden Dubois, et du ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salon, avait annoncé, lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux de la primature le vendredi 2 mars 2018, toute une batterie de mesures visant à faire respecter cette décision. Plus de deux mois après, quel résultat ? Quelle est la valeur de la gourde par rapport au dollar américain ? Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Selon l’économiste Kesner Pharel, ce n’est pas à coup d’arrêté qu’on arrivera à freiner la dévalorisation de la monnaie nationale. « La stabilisation du taux de change passe par la prise en compte les fondamentaux de l’économie et l’adoption des mesures structurelles », a déclaré le PDG du groupe Croissance qui déplore en outre le caractère trop politique de cette mesure visant à dépolariser l’économie haïtienne précisant par ailleurs que ce sont les consommateurs qui en sont les principales victimes de cette décision.

À noter qu’au moment de la publication de l’arrêté présidentiel portant sur l’obligation de libeller toutes les transactions commerciales sur le territoire dans la monnaie nationale on avait besoin 65 gourdes en moyenne pour un dollar américain.

Pour ce qui concerne les prix des produits, rien n’a véritablement changé. Les prix continuent de s’afficher en dollars américains un peu partout que ce soit sur le marché de l’immobilier, dans les hôtels, dans les supermarchés, dans certains «restaurants huppés» alors que le Premier ministre avait, lui-même, déclaré 24 heures après la publication de l’arrêté : « désormais toutes les transactions commerciales comme l’achat d’un véhicule, d’un terrain, d’une maison, le paiement d’un loyer et autres se font en gourdes sur tout le territoire national ». Deux mois après le problème reste et demeure entier. Rien n’a changé.

Jodel Alcidor

Comments

comments

scroll to top