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Ces problèmes auxquels il faut s’attaquer en 2018

27 décembre 2017, 10:08 catégorie: Société16 862 vue(s) A+ / A-

l’insalubrité devient un phénomène indomptable dans le pays./Photo : HPN.

 

Certains problèmes qui rongent la société haïtienne depuis toujours ont tendance à empirer avec le temps. L’année 2017 qui fait ses valises le montre à clair. Qu’il s’agisse de l’insécurité, la corruption, la dégradation environnementale ou le manque de soins de santé efficaces, certaines plaies deviennent de plus en plus béantes et nécessitent une prise en charge urgente en 2018 si l’on veut vraiment offrir un cadre de vie plus ou moins agréable aux Haïtiens.

1. Insécurité

L’insécurité représente l’une des plus grandes plaies du pays. Depuis des décennies, l’État haïtien n’a réussi pas (ou peut-être n’a jamais tenté) à prendre des mesures efficaces pour garantir la sécurité dans le pays. Au contraire, ce phénomène, sous toutes ses formes, gagne en intensité au fil des années jusqu’à s’imposer comme un fléau national.

En 2017, l’insécurité et le sentiment d’insécurité ont été manifestes. Selon la Commission épiscopale nationale Justice et Paix, « la zone métropolitaine de Port-au-Prince ne se trouve pas dans les conditions pour parler valablement de sécurité organisée ». L’organisation a dit n’observer aucune décision d’État pour corriger la mouvance des gangs ou groupes armés dans le pays.

Pour le troisième trimestre de l’année 2017, la Commission a dénombré 72 victimes mortelles de la violence, dont 44, tuées par balle. Alors que pour le deuxième trimestre on comptait 109 cas de violence avec 96 tués par balle. L’on observe vite que le nombre de gens tués par balle est beaucoup plus grand. En cette fin d’année, les fidèles catholiques pleurent la mort du révérend Joseph Simoly tué par balle à Pétion-ville.

L’insécurité fait peur en Haïti et se révèle l’un des phénomènes à éradiquer dans le pays. Le développement du tourisme est fonction de la sécurité que le pays a à offrir aux visiteurs étrangers. Car, nul n’aura envie de mettre le cap vers un pays où la sécurité n’est pas du tout garantie.

2. Corruption

La corruption représente l’un des plus grands fléaux qui rongent les institutions haïtiennes. Au fait, de nombreux rapports internationaux ont démontré que le pays se retrouve au top des pays les plus corrompus du monde. C’est un phénomène endémique à l’ensemble des institutions publiques du pays selon Transparency International. Même le président de la République ne le cache pas. Dans de nombreuses interventions publiques, dans le pays ou devant les tribunes internationales, Jovenel Moïse se montre toujours offusqué par le niveau de corruption qui sévit dans l’administration publique.

De nombreux scandales de corruption ont été éclatés en 2017 dans le pays. Le dossier de surfacturation de kits scolaires ayant fait tomber le ministre des Affaires sociales, Roosevelt Bellevue, aura été l’un des dossiers ayant fait du bruit en 2017. Le dossier PetroCaribe continue encore de défrayer la chronique à l’approche du nouvel an. Il y a eu même des marches contre la corruption dans le pays en 2017.

En 2018, le pays doit continuer d’élever la voix contre cette pratique pernicieuse au fondement même de l’état de droit. Pour contrecarrer le détournement des ressources de l’État et permettre à chaque Haïtien de bénéficier des services sociaux de base, il faut se mettre d’accord pour mener une lutte sérieuse contre la corruption.

3. Dégradation environnementale

C’est un secret de polichinelle qu’Haïti fait partie des pays au monde les plus vulnérables sur le plan environnemental. Les chiffres font vraiment peur à ce niveau. Nous avons 42 millions de m3 de terre qui finissent en mer par année. Rien d’étonnant, car, nous coupons 50 millions d’arbres par année dans le pays. Ce qui fait que 99 % des 30 bassins versants majeurs du pays sont déboisés.

Partout dans le pays, et surtout dans les principaux centres urbains, les constructions anarchiques se multiplient. Le morne l’hôpital est un exemple poignant de l’irresponsabilité de l’État. Les gens dénudent les mornes pour construire des taudis pour s’abriter menaçant ainsi leur propre vie, étant exposés à des glissements de terrain, et, en vertu du principe de l’externalité, la vie des gens qui habitent en aval.

Par ailleurs, l’insalubrité devient un phénomène indomptable dans le pays. Sans compter les multiples risques qui planent sur la tête des Haïtiens. Haïti fait partie des pays les plus vulnérables face au changement climatique. D’ailleurs, nous avons même été la plus grande victime des catastrophes naturelles en 2016.

Le séisme de janvier 2010 a détruit près de 120% du PIB national. L’ouragan Matthew a provoqué des pertes estimées à près de deux milliards de dollars américains. Il y a donc nécessité de se pencher davantage sur la situation environnementale du pays en 2018. Car, toute relance de l’économie nationale doit tenir compte des aléas naturels.

4. Soins de santé

L’état des lieux de la situation sanitaire d’Haïti ne provoque que de l’indignation. Comme Cluford Dubois l’a écrit dans un article paru le 12 décembre dans les colonnes du quotidien Le National, « pour une population de 10 745 665 habitants (IHSI/2016), le système de santé haïtien dispose de seulement 911 médecins, 3018 infirmières et de seulement 62 dentistes ». En outre, toujours selon le même article, sur l’ensemble du territoire haïtien, d’après les données disponibles, l’on ne dénombre pas moins de 1048 établissements de santé répartis comme suit : 32,92% de centres de santé sans lits (CSL), 14% de centres de santé avec lits (CSAL) et 11,64% d’hôpitaux. Le journaliste a précisé que pas moins de 125 sections communales du pays ne disposent d’aucun établissement de santé.

Pour le peu d’hôpitaux et de centres de santé qui existent dans le pays, ils fonctionnent dans des conditions exécrables. D’ailleurs, il n’existe pas un seul hôpital en Haïti détenant l’accréditation internationale. C’est dire que la situation est grave. Plus d’hôpitaux, et de meilleures qualités de soins dans ceux existants : voilà un objectif à se fixer pour l’année qui vient.

Ritzamarum Zétrenne

rzetrenne@lenational.ht

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