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Le président Jovenel vit trois mois de fantasme, dixit Abel Descollines

11 mai 2017, 11:01 catégorie: Tribune Parlementaire17 755 vue(s) A+ / A-

Le député de Mirebalais Abel Descollines.

 

Ancien allié et candidat du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK), le député Abel Descollines, qui est à son deuxième mandat à la Chambre basse, s’engage dans l’opposition et s’offre une lecture des trois premiers mois du président de la République, S.E.M. Jovenel Moise.

D’aucuns reconnaissent la proximité qui estampillait la relation de l’ancien président, Michel Martelly, avec le député de Mirebalais, Abel Descollines. Aux frais de cette « alliance politique », le député Descollines n’a eu de cesse de défendre l’ancien président tant au Parlement que dans les médias. Bien que l’actuel président Jovenel Moise soit issu de la même famille que son mentor, il ne jouit pas de cette même collaboration avec le parlementaire. Au contraire, ce dernier s’engage dans l’opposition depuis sa défaite aux dernières législatives.

Puisqu’il s’engage désormais dans l’opposition, l’élu de Mirebalais tient à préciser les motifs de son opposition à l’administration Moise-Lafontant. A bien saisir le sens du propos du député Descollines, quant à son opposition au gouvernement, on peut déceler deux ordres de causes : des causes profondes et des causes occasionnelles.

Les causes profondes concernent la mauvaise politique menée par des cadors du PHTK qui fait entorse au soutien que les candidats du parti devraient recevoir de leur structure politique. Ce désaccord mine en conséquence la santé politique du parti et ouvre la voie à des conflits internes provoquant bien des victimes.

 Quant aux causes occasionnelles, le non-respect d’un accord conclu entre les partis KID et PHTK en est le pilier. Cet accord stipulait que le président ne devrait pas faire campagne en faveur d’un candidat du PHTK ou du KID, si son concurrent direct vient d’une de ces institutions politiques. Pour le département du Centre qui opposait au Sénat le candidat du KID, Abel Descollines et le candidat du PHTK, Rony Celestin, le président a choisi de faire campagne pour le candidat Celestin (élu sénateur) en violation de l’accord précédemment conclu par les cadres des deux partis.

Ces deux incidents ont largement influencé le nouveau positionnement du candidat malheureux aux élections législatives de 2016 pour le renouvellement du tiers du sénat. Pour clore le chapitre de justification de son choix dans l’opposition qu’il catalogue d’institutionnel et de moderne, le député qui a à son actif le dépôt de trois propositions de lois dont celle sur le corps pompier affirme que le président Jovenel Moise a voulu qu’il soit dans l’opposition. Il nuance pour avancer qu’il n’ a aucun problème personnel avec monsieur Jovenel.

 S’il fut d’une abondance remarquable lorsqu’il devait expliquer sa nouvelle position politique, l’ancien membre du bloc parlementaire APH à la 49e législature l’est d’autant plus, quand il s’agit du bilan « trimestriel » du président de la République. D’entrée de jeu, le député Descollines qualifie le premier trimestre du mandat présidentiel de “monsieur Moise” de fantasme. Il renchérit en disant que ce fantasme a même empêché au président de tenir un discours le jour de son investiture. Selon ses dires, ce discours n’a pas eu de moments forts ni de message. Plus loin, il conforte sa position en affirmant que l’un des premiers actes du mandat du président a été de porter un grand coup à la moralisation politique en choisissant l’ancien homme fort de Martelly, M. Wilson Laleau, comme chef de cabinet, Monsieur Yves Germain Joseph secrétaire général du Palais et madame Yolette Mengual. Ces personnages ont beaucoup à se reprocher à cause des scandales qu’ils ont créé dans le passé. Toutefois, le député ne s’était pas désolidarisé du gouvernement au moment où ils occupaient des fonctions soit dans le gouvernement soit au CEP. Ces trois mois de ‘‘fantasme’’ ont poussé le président à se confiner dans une sorte de publicité dans le cadre de la caravane du changement qui ne saisit pas, selon lui, le problème agricole dans sa complexité.

Atteint de ce fantasme, indique le député, le président est à la fois inconscient et perd le sens de la réalité.

Réginald Calixte

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