Accueil » Actualité » Pour ou contre une redéfinition de l’accord du 5 février

Pour ou contre une redéfinition de l’accord du 5 février

29 mars 2016, 11:22 catégorie: Actualité481 vue(s) A+ / A-

Graphic1

Sauveur Pierre Étienne.| Photo :
haitinews2000.net
André Michel. | Photo : haitiangroovemedia.
com

 

Les points de vue des partis politiques et des organisations de la société civile concernant l’implémentation de l’accord du 5 février 2016, conclu entre l’ex-président Michel J. Martelly et les présidents des deux branches du Parlement, divergent. Des voix continuent d’exiger sa redéfinition, d’autres n’y voient pas cette nécessité.

L’accord du 5 février est encore remis question. « Il est « inadapté et inapplicable  à la situation actuelle.  Il a été conçu en vue de faciliter le départ en douceur de l’ancien président de la République, Michel J. Martelly le 7 février dernier », telle a été la déclaration du coordonnateur national de la Plateforme « Jistis », André Michel, lors d’un entretien téléphonique accordé au journal Le National, le mardi 29 mars 2016. Pour lui, « il s’agit d’un accord obsolète ».

Au regard de l’évolution des événements, le militant politique a fait remarquer qu’il revient au gouvernement en place de se débrouiller. Ce, en vue d’entreprendre des négociations et d’arriver à la redéfinition de cet accord tripartite. Selon André Michel, cette démarche doit passer nécessairement par l’adoption d’un nouvel accord politique incluant le Parlement. Se référant à l’évolution des événements, il a  indiqué qu’on s’achemine de plus en plus vers la nécessité d’adopter un nouvel accord dans l’intérêt de la nation.

Une démarche à laquelle ne souscrit pas  l’Organisation du peuple en lutte (OPL).  Le coordonnateur de ce parti politique, Sauveur Pierre Étienne, s’est montré très sceptique en ce qui concerne le respect des dates butoirs contenues dans cet accord. Celui-ci, souligne-t-il, prévoit la poursuite du processus électoral entamé les 9 août et 25 octobre 2015 à partir du 24 avril prochain. À cela s’ajoute la prestation de serment d’un président démocratiquement élu le 14 mai 2016. « Des événements qui s’avèrent hypothétiques », a insinué le politologue.

Malgré le retard déjà enregistré dans l’implémentation de cet accord, le numéro un de l’OPL dit attendre l’adresse à la nation du gouvernement concernant l’échéancier figurant dans cet accord. Il s’est cependant inscrit contre toute démarche visant à renvoyer le Parlement et l’annulation de  la présidentielle controversée de 2015.

L’Ocid temporise le jeu

C’est pratiquement le même cas de figure avec l’Observatoire  citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie (Ocid). Rosny Desroches, membre du comité de pilotage de cette institution, temporise le jeu. Pour lui, il ne voit aucune nécessité de s’engager dans une démarche de redéfinition de l’accord tripartite du 5 février 2016.  Il a toutefois appelé à une révision d’une série de modalités comme les procédés de désignation d’un Premier ministre et la formation du Conseil électoral provisoire (CEP).

Très critique contre ces discussions, M. Desroches, directeur de l’Initiative de la société civile (ISC – membre de l’Ocid) a exhorté les acteurs politiques à trouver une entente au sujet des interprétations de cet accord.

Se basant sur le retard enregistré dans le processus de désignation des membres du CEP et la mise en place de l’organe électoral, Rosny Desroches a invité les autorités à statuer sur cette situation.

Quant  à la tenue du second tour des élections du 24 avril prochain, le directeur de l’ISC n’y va par quatre chemins. « Il n’existe aucune possibilité pour que ces compétitions électorales aient lieu à la date prévue comme le préconise l’accord du 5 février dernier ».

Le 20 mars 2016, suite au rejet de l’énoncé de politique générale du Premier ministre désigné,  le coordonnateur général de la Plateforme Pitit Dessalines, Jean Charles Moïse avait déclaré que cette non-ratification avait conduit automatiquement à la caducité de l’accord du 5 février 2016. Dans cette optique, il avait donné un ultimatum au président provisoire de la République, Jocelerme Privert : entamer des rencontres avec les partis politiques dans la perspective de trouver un nouvel accord politique. Ce qui, selon lui, devrait permettre de légitimer le pouvoir de l’équipe de la transition. M. Jean Charles n’avait toutefois  pas pris le Parlement en considération dans sa démarche.

 

Reynold Aris

Raris@lenational.ht

Comments

comments

scroll to top