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Roody Roodboy: un ennemi de plus des revendications populaires

Roody Roodboy: un ennemi de plus des revendications populaires








Depuis les événements des 6, 7 et 8 juillet et l’apparition sur les réseaux sociaux de l’hashtag “kotkobpetrokaribea”, certains artistes non pas des moindres s’en prennent aux différentes revendications des masses populaires auxquelles ils sont issus. La sortie de la chanson carnavalesque de “Roody Roodboy” est un exemple vivant du mépris de ces artistes, qui en principe devaient utiliser leurs voix pour défendre et accompagner les citoyens dans leur combat pour la reddition des comptes et la recherche d’une vie meilleure en Haïti, de la cause populaire.

Dans sa chanson carnavalesque qu’il a titrée “san konsyans” pour critiquer les responsables de l’hôpital Canapé-vert suite à la mort de sa mère et un système sanitaire quasi inexistant. L’artiste se prétend être un homme anti-système alors qu’implicitement il défend et fait l’apologie des produits du système démophagique en citant à la fin de son texte des produits du système tels Youri Latortue et Hervé Fourcand.

RoodyRodboy a attaqué le peuple haïtien dans sa dignité et sa mounité en le traitant de “ti pèp sovaj”, donc de gens non civilisés vivant aujourd’hui encore à l’État de nature hors de toutes normes sociales, juridiques et morales.

Face à une telle insulte, l’on peut se poser cette question: saisit-il la portée de son discours réactionnaire ou est-il en train de faire le jeu d’un groupe politique ou d’une certaine bourgeoisie? Si l’on tente de répondre à cette question, il faut poser d’emblée le problème de son inculture historique et de son manque de culture, car il est clair que l’artiste, en dépit de son succès et la misère qu’il prétend avoir subi aux côtés de Big-o, fils de l’ancien président Michel Martelly ( Sweet Micky) n’arrive pas saisir jusqu’à aujourd’hui les contradictions qui minent le développement social, économique et culturel du pays et le relèvement des masses endolories depuis la sociogenèse du pays.

Le manque de culture de Roody l’empêche de comprendre que ceux qui se sont accaparé du pouvoir après la contre-révolution du 17 octobre 1806, pour conserver leurs avantages avaient transplanté les pratiques coloniales en Haïti au détriment des masses qui ont combattu le système d’exploitation esclavagiste pendant treize ans. Les esclaves avaient combattu le bon combat afin de créer une société libre, indépendante et souveraine. Comme le souligne Noam Chomsky, ces dernières – « liberté », « indépendance » et « souveraineté » - n’ont pas pris du temps pour ne plus avoir sens dans le quotidien nouveau du peuple haïtien tout juste sorti des ruines de la servitude coloniale comme un « superbe lever de soleil ». Car aucun des futurs dirigeants haïtiens n’était capable d’organiser une société de façon que l’inégale distribution des richesses nuise le moins possible à la Liberté et au fonctionnement global de son évolution.

L’artiste doit savoir que depuis toujours, les masses reléguées aux cales sont privées de tout. Ils n’ont pas accès aux besoins premiers pour reprendre un terme ralwsien. Il doit savoir également que l’État à travers un mariage incestueux avec les élites dominantes a tenu les fils de “bossales” dans un état d’abêtissement pendant 215 ans. À bien analyser la chanson carnavalesque de Roody, j’ai pu comprendre que ce dernier est l’un de ceux qui se dressent contre toute action des masses populaires visant la redistribution et la reconnaissance. Donc, il est un partisan du statu quo, car auquel il gagne son pain pour survivre, mais il ne doit jamais oublier qu’il est issu des masses endolories qu’il traite de “ti pèp sovaj” pour satisfaire ses amis bourgeois.

Roody doit comprendre que les citoyens en ont marre. Celles et ceux dépourvus de tout n’ont pas d’autres choix que de s’attaquer au gouvernement pour que ce dernier puisse assumer leur responsabilité et aux élites dominantes qui ont adopté une domination sans responsabilité et approprié les maigres richesses du pays. Ils réclament une redistribution saine et équitable. Ils souhaitent un pays où il fait bon de vivre. Si l’artiste avait lu Jean Casimir, Michel Rofl Trouillot, il aurait pu avoir un autre discours. Nous sommes à l’heure d’une praxis révolutionnaire. Dorénavant, le changement ne peut plus attendre. Car un jour de plus est un jour de trop!

Vive la révolution! Vive une nouvelle Haïti!

Atzer Alcindor



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