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Le débat national lancé par le président MACRON suffirat- il à sortir la France de la crise?

Le débat national lancé par le président MACRON suffirat- il à sortir la France de la crise?








Un mouvement social est une action qui n’est pas tombée du ciel, mais, il a une origine sociale, c’est pour cela, la définition du sens commun, le mouvement social est un ensemble de protestations, relie, au mot, des évènements et des pratiques. Par contre, la définition savante de la notion consiste à dire qu’un mouvement social est le plus souvent un ensemble de personnes qui ont en commun un intérêt ou des personnes d’une même profession qui ont une revendication à faire valoir. Elles se mobilisent tout naturellement, utilisent des armes familières comme la grève, la manifestation, les sit-in, les marches …. Compte tenu de ces deux définitions, cela nous pousse à poser certaines questions sur la mobilisation des Gilets jaunes en France depuis deux mois : est-elle un mouvement social ou des expressions de mécontentement ? Est-elle comparable à d’autres mobilisations en France ?

Après deux mois de mobilisation des Gilets jaunes, ces questions ont déjà répondu, il s’agit d’un mou¬vement social, mais au début qui n’était pas structuré, sans leader, qui a été émaillé d’incidents violents de samedi en samedi et en net re¬cul. Prenons par exemple les deux samedis qui symbolisent par l’acte 7 (29 décembre 2018) et l’acte 8 (5 janvier 2019) de la mobilisation des Gilets jaunes, le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’il y a eu des épisodes répétitifs de violence et respectivement 12 000 manifes¬tants et 50 000 manifestants. Pour le pouvoir en place et les observateurs, la mobilisation est en baisse dans toute la France. Mais, par rapport au 9e samedi ou acte 9 (le 12 janvier 2019) et 10es samedi ou acte 10 (19 janvier 2019), la mobilisation était en hausse, il y a eu moins de heurts, mais quelques échauffourées dans certaines villes. Selon le ministère de l’Intérieur, il y a eu 80 000 manifes¬tants le neuvième samedi et le dix¬ième samedi 84 000 manifestants. Par contre, le onzième samedi, le ministère de l’Intérieur a compté 69 000 manifestants en France, tandis que les Gilets jaunes ont compté 400 000 personnes en France. Selon le chiffre du Ministère, la mobili¬sation est en légère baisse. En fait, quel que soit le chiffre, le mouve¬ment est vivant et stable, organisé, soutenu par 69 % des Français. Les Gilets jaunes ont une capacité de remobilisation. L’exécutif français et le gouvernement ont tout essayé pour déstabiliser le mouvement : la fermeté contre la violence, les em¬pathies envers les revendications, le pourrissement et la radicalisation du mouvement … À présent le pré¬sident MACRON a lancé le « grand débat national », sera-t-il la porte de sortie de la crise ?

Le temps du débat en France

Avant le lancement du grand débat, le président MACRON a écrit une lettre aux Français le lundi 14 jan¬vier 2019, dans laquelle, le président donne un cadre au « grand débat na¬tional », Le premier sujet à débattre repose sur les impôts, les dépenses et l’action publique. Pour le prési¬dent MACRON : « Comment pour¬rait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ? Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ? Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? À l’inverse, voyez-vous des be¬soins nouveaux de services publics et comment les financer ? Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ? »

Le deuxième sujet, c’est l’organisation de l’État et des collectivités pub¬liques. Le président MACRON a posé plusieurs questions : « Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisa¬tion et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ? À quels niveaux et pour quels services ? Comment voudriez-vous que l’État soit organisé et com¬ment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ? Comment l’État et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?»

Le troisième sujet est sur la transi¬tion écologique, un thème qui re¬pose essentiellement sur l’avenir de la France, c’est ainsi que le président français pose certaines questions fondamentales : comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ? Pour lui, la question de la biodiversité se pose aussi à nous tous. Les questions qu’il pose : Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos agriculteurs et nos in¬dustriels ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrang¬ers ?

IL a fini sur une suite de questions : faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ? Quelle est la bonne dose de propor¬tionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques ? Faut-il, et dans quelles proportions, lim¬iter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ?

Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Économique, Social et Environnemental, doi-vent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ? En outre, une grande démocra¬tie comme la France doit être en mesure d’écouter plus souvent la voix de ses citoyens. Quelles évolu¬tions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus ac¬tive, la démocratie plus participa¬tive ? Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la déci¬sion publique ? Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ? Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ? En matière d’immigration, une fois nos obli¬gations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ? Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’État et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension récip¬roque et des valeurs intangibles de la République ?

MACRON a lancé le grand dé¬bat le mardi 15 janvier 2019 afin d’entendre les Français, mais il semble que certains Gilets jaunes avaient pour consigne de ne pas y participer, en tout cas plus de 400 débats sont prévus en France. Les maires sont au centre du grand dé¬bat, il y a une partie des maires qui jouent le jeu du grand débat et qui croient à un résultat, mais il parait que d’autres n’y croient pas. Paral¬lèlement au déroulement du grand débat, la mobilisation continue après l’acte 9 et l’acte 10, c’est l’acte 11 que la France a connu. Les Gilets jaunes veulent plus de considéra¬tion et de reconnaissance de la part du président MACRON.

En ce qui concerne le grand débat national, les Gilets jaunes le cri¬tiquent, un porte-parole des Gilets jaunes libres parle de grand « débat dégât national » et un autre parle de « débat cadenassé et MACRON est en campagne de renaissance ». La question qui se pose : manifester ou débattre ? Les Gilets jaunes ont choisi la mobilisation parce qu’ils ne croient pas dans le débat national du président MACRON. Ils disent que les propositions faites « ne sont pas les nôtres ».

Il est avéré que beaucoup de sujets sont à débattre, mais il parait que le pouvoir ne va pas transiger sur ces thèmes : « l’ISF = impôt sur la fortune, l’augmentation du SMIC = salaire Minimum interprofessionnel de Croissance et le RIC = référen¬dum d’initiative citoyenne », après la participation du président MA¬CRON dans plusieurs débats reste à savoir si sa parole est performative. La fin du débat est pour le 15 mars 2019. Il aura un jury régional qui va faire la synthèse. Les questions qui se posent : Comment le gouverne¬ment va synthétiser les propositions du grand débat ? Est-ce que la syn¬thèse va se convertir en loi ? On ver¬ra si le débat va calmer durablement la colère de la rue. Entre-temps, de samedi en samedi, le mouvement des Gilets jaunes se structure afin de soigner son image.

La structuration du mouvement des Gilets jaunes

Le mouvement des Gilets jaunes a été critiqué d’amateurisme et de violence, l’acte 9 et l’acte 10 ont ap¬porté une réponse à ces sujets, le mouvement est à présent struc¬turé, pour pallier la violence, les Gilets les jaunes ont leurs propres agents d’ordre. Pour ainsi dire, une soixantaine agents d’ordre avec un brassard blanc sont présents dans les manifestations dans certaines villes, parmi eux des ultra-droites, anciens militaires qui sont présents pour mettre de l’ordre ou faire de la médiation entre les forces de l’ordre et les manifestants. On peut dire que la violence est moindre qu’avant. Les manifestations sont déclarées à la Préfecture, les Gilets jaunes ont créé une plateforme qui s’appelle « Nos citoyens » pour que les Français expriment leurs reven¬dications en ligne, leur propre sys¬tème de comptage qui se nomme « le Nombre jaune », qui est un col¬lectif créé par les Gilets jaunes, pour chiffrer le nombre de manifestants. Il faut signaler qu’ils ont leurs pro¬pres secourismes bénévoles dans les manifestations, dans certaines villes les brassards blancs avec une in¬scription de sécurité sont des agents d’ordre pour limiter des déborde¬ments. Le mouvement des Gilets jaunes est normalisé, organisé et encadré, malheureusement le mou¬vement Petro challenge en Haïti est dans l’impasse, il n’a pas pris ce che¬min, n’était-il pas une expression de mécontentement au lieu d’un mou¬vement social ?

Il semble que le mouvement des Gi¬lets jaunes s’inscrit dans le temps. Une marche va s’organiser pour les manifestants décédés. Les femmes Gilets jaunes ont fait leur propre manifestation pour exprimer leur situation sociale et financière. Les syndicats s’en mêlent dans le mou¬vement des Gilets jaunes, ils sont présents dans la mobilisation, du coup ils renforcent le mouvement.

La victoire au point de vue psy¬chique du mouvement ce qu’il oc¬cupe les esprits, les médias parti-cipent à la construction sociale du mouvement et les revendications du mouvement sont des problèmes quotidiens auxquels les Français ont fait face.

La revendication concernant le 9e, 10e et 11e samedi de mobilisation des Gilets jaunes

Pour le huitième samedi, les Gilets jaunes ont changé de stratégie, ils visent le président MACRON en réclamant sa démission, certains manifestants remplissent les cahiers de doléances et un nouvel épicen¬tre de mobilisation est la ville de Bourges.

Le dixième samedi de la manifesta¬tion, les Gilets jaunes revendiquent « la libération » du boxeur arrêté pour avoir boxé deux policiers dans le précédent samedi de manifestation, « élus vous rendrez des comptes », des « propos » anti MACRON, « le seul vrai débat, c’est l’insurrection ». Et les principales doléances des Gilets jaunes reviennent : « pou¬voir d’achat et la justice fiscale et il faut taxer les plus riches … ». Pour eux, la démocratie représentative, et l’exercice des institutions sont à bout de souffle. Ils sont dans un pays riche, ils vivent pauvrement, ils n’ont pas confiance aux représent¬ants politiques.

Enfin, le onzième samedi, après le défilement des cortèges de la mani¬festation à la place de la Bastille, les Gilets jaunes ont une nouvelle forme de mobilisation qui se nom¬me « Nuit jaune » lancée par une figure du mouvement Éric DROU¬ET sur la place de la République à Paris, l’objectif c’est de rester vis¬ible et mobiliser sur place afin de débattre sur des thèmes : « RIC », « 6e République », … Sur la place, quelques tensions ont eu lieu, mais la situation a été maitrisée par la police. Cette Nuit jaune a été un échec puisqu’elle n’a pas finalement eu lieu.

En tout cas, malgré le président MACRON a fait savoir dans le jeu de questions et réponses avec les maires qu’il faut « une démocratie délibérative, la plus grande inégali¬té, c’est l’inégalité de destin » …, et il a privilégié donc l’arme de la dialec¬tique en passant par le grand débat, la mobilisation persiste, les Gilets jaunes mettent la pression, comme je vous déjà dit, ils ne croient pas au « grand débat ». Dans les jours qui viennent, une grève générale est prévue le 5 février 2019. Il faut sig¬naler qu’un autre mouvement a pris naissance les « Foulards rouges », pour certains c’est un mouvement « pro-Macron », ils ont organisé le 29 janvier 2019 une manifestation sur la place de la République en réac¬tion aux Gilets jaunes. Cette marche républicaine des libertés est contre la violence et soutient la démocratie de la 5e République.

Au final, le rebond de mobilisation des Gilets jaunes est dû grâce à la structuration du mouvement, après deux mois, la mobilisation contin¬ue. Les Gibets jaunes sont d’accord sur le fond du mouvement, mais sur les actions communes ils sont divisés, certains d’entre eux vont créer un mouvement politique et se présenter aux élections europée¬nnes et d’autres sont en désaccord, cela peut constituer une faiblesse pour eux.

En ce qui concerne le grand dé¬bat certains Gilets jaunes y parti¬cipent, et d’autres sont méfiants, ils s’interrogent sur l’usage politique du débat, la neutralité des maires, l’arbitrage du débat, est ce que le débat n’est pas fait pour désamorc¬er leur mouvement. La réalisation du grand débat ne fait pas faiblir le mouvement des Gilets jaunes. Le mouvement s’installe en France et qui pourrait s’inscrire dans le temps par rapport son expérience de vie. Quant aux revendications des Gilets jaunes, ils veulent plus de démocra¬tie directe, il faut protéger l’intérêt et le bien commun. À vrai dire, les doléances du mouvement des Gi¬lets jaunes sont justes, et trouvent le soutien d’une majorité des Fran¬çais. La France est un pays où les ménages paient beaucoup d’impôts, même dans les pays scandinaves, les ménages ne paient pas autant d’impôts, Arthur Laffer a fait savoir que « trop d’impôts tue l’impôt », le ras le bol des Français vient de là. La solution, il faut une politique économique de plein emploi afin de mettre tout le monde au travail, et augmenter le smic, cela va donner du sens au travail. Sinon la mobili¬sation va continuer et la question qui se pose : comment le pouvoir en place va gouverner avec ce mouve¬ment chaque samedi ? Qui plus est, les Gilets jaunes préparent l’acte 12, plusieurs manifestations prévues pour samedi prochain ont déjà été annoncées sur les réseaux sociaux.

Les forces de l’ordre sont épuisées après deux mois de mobilisation des Gilets jaunes, la mobilisation a des répercussions sur l’économie, les chiffres d’affaires sont en baisse, beaucoup des gens sont en chô¬mage technique. Le mouvement a donc un bilan, une partie des reven¬dications sont satisfaites, des Gilets jaunes et des policiers sont victimes de la violence. Le onzième samedi Jérôme RODRIGUES, une figure emblématique du mouvement, au¬rait été touché gravement par une explosion d’une grenade désen¬cerclement à son oeil droit à Paris et une autre figure du mouvement Maxime NICOLE a été interpellé puis libéré à Bordeaux après deux heures d’interrogation. Après tous ces évènements, le gouvernement doit avoir un langage d’apaisement afin de ne pas jeter de l’huile sur le feu, sinon, cela peut attiser la colère, la tension. Les Gilets jaunes de leur côté vont trouver de bonne raison de se remobiliser les gens. Ce mou¬vement montre qu’il y a une crise de démocratie représentative en France. Pour ainsi dire, les Français ne croient pas dans leurs élus, mis à part de cette crise de représen¬tativité, il y a également une crise de confiance. Par contre, si on fait l’historicité des mouvements so¬ciaux en France, un autre mouve-ment n’avait pas obtenu une telle victoire en deux mois, le mouve¬ment contre la réforme de SNCF a duré trois mois, et finalement la ré¬forme est entrée en vigueur.

DEJEAN Jean Dario,
Sociologue, diplômé en Économie et en Psychosociologie. Spécialiste en Éducation et en Prévention contre la délinquance juvénile ; en Médiation sociale et familiale ; expert en Criminologie et en Sureté aéroportuaire.
E-Mail : djean71@yahoo.fr



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