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Le troisième élément

Le troisième élément








« Quand deux groupes se battent entre eux, il y a toujours un troisième qui s’en réjouit ». Non content d’attendre que les belligérants s’épuisent ou même qu’ils se détruisent mutuellement pour ensuite s’emparer du butin, le troisième élément fait encore mieux. Il encourage les deux camps par tous les moyens possibles, y compris la fourniture de la logistique et du financement, évidemment avec les conditionnalités requises.

Nous comprenons dès lors de par le monde l’existence des sociétés guerrières où les vives tensions et les affrontements sanglants sont alimentés par les seigneurs de la guerre, élevant ainsi ce fléau au rang de troisième source d’enrichissement dans le monde.

Les sociétés guerrières se définissent, pour répéter le professeur Bertrand Badie, comme étant des sociétés qui ne survivent que grâce à la guerre, par le fait que celle-ci crée une économie nouvelle, selon le professeur Badie. Cela se passe dans les pays comme le Niger, l’Afghanistan, la République Démocratique du Congo etc. où les seigneurs de la guerre financent la protection sociale.

On pourra remarquer que ce sont tous des pays qui ont connu un échec social, des pays où l’Etat n’est pas en mesure d’offrir aux masses défavorisées le soutien social dont elles ont besoin. Par conséquent, de nombreux jeunes, souvent des enfants de moins de seize ans, se convertissent à la violence sociale, exprimant alors la décomposition de leur société.

Il semble bien qu’Haïti soit en passe de se transformer en une société guerrière. La prolifération des gangs armés, la circulation incontrôlée des armes de guerre et des munitions, la faiblesse prononcée des structures de l’Etat dans tous les domaines constituent autant d’indices indiquant clairement que nous sommes bel et bien sur cette voie.

A moins de prendre conscience de l’ampleur du danger qui menace le pays et s’empresser de faire les redressements nécessaires. Lesquels consistent à encadrer les couches nécessiteuses en développant une politique d’intégration sociale leur permettant d’avoir accès à l’alimentation, les soins de sante, l’éducation et autres biens et services.

Trop impliqués dans la défense des petits et grands intérêts politiques et économiques contraires, les différents secteurs de la vie nationale n’ont pas l’air de s’apercevoir de la catastrophe annoncée. Les énergies sont donc engagées dans des affrontements permanents entre deux camps, qui conduiront tout compte fait à une ruine commune.

La position géographique d’Haïti aurait sans doute une importance capitale sur le plan stratégique, voire mystique, son sous-sol recélerait encore peut-être des trésors fabuleux, qu’un troisieme élément déciderait de s’en emparer. Ce qui justifierait la mise en œuvre d’un projet d’auto-extermination ou d’auto-déportation massive des Haïtiens. Vraisemblablement.

Jean Abner Charles
Professeur d’Histoire Moderne et Contemporaine
Email : jeanabnercharles@yahoo.fr



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