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Mise en accusation du président, une distraction politique !

Mise en accusation du président, une distraction politique !








Cette initiative chronophage ne fait qu’alimenter la stratégie de procrastination et les manœuvres de diversion sur les dossiers importants de la nation, dans l’optique d’accorder quelques bouffées d’oxygènes supplémentaires au capitaine de ce bateau sans gouvernail, en mode titanique fendillé par l’iceberg Petrochallenge depuis les 6-7 juillet 2018.

Le triste constat de l’échec et mat de ce régime inculte et cupide est tellement évident qu’il devient perceptible, visible et audible même par les aveugles et les sourds. Dans l’absolu, rien ne fonctionne sur notre espace de 27 750 km carrés, habité par plus de onze (11) millions d’âmes désespérées, abattues, meurtries et putréfiées par un régime politique qui capitalise uniquement sur des mensonges polymorphes et multicolores pour montrer quelques signes vitaux. Depuis les évènements de 6-7 juillet, caractérisés par des uppercuts, des apchaghis, des bichaghis et des dolyopchaghis encaissés par cette équipe décevante, le pays nage, sans leadership et sans capitaine, dans un océan de confusion, de cacophonie et de turbulence multiformes. Une présidence banalisée, une primature bicéphale confuse, des ministères régaliens imbibés dans des trafics illicites de visa, d’assassinats, de génocides ; un parlement marié avec le banditisme et le kidnapping ; toutes les institutions « prestigieuses » du pays croupissent dans des états délabrés et moribonds.

Funérailles des mensonges présidentiels, fin des discours dépourvus de forme et de fonds, fin de la caravane de la corruption, terme aux folles sirènes officielles, méfiance généralisée, la présidence est cloitrée entre les quatre murs et se contente de dresser des agendas court-termes dans d’inutiles pèlerinages quotidiens entre Pèlerin et le Champs de Mars. Définitivement, ces dirigeants sans cœur sont restés accrocher aux chaises bourrées de la République dans la seule perspective de sauvegarder un titre honorifique et officiel qui leur confère une immunité politique et les privilèges d’entreprendre des missions opaques et démoniaques, avec certaine facilité.

Tous les secteurs vitaux de la vie nationale sont verrouillés au triple tour. Une économie à genoux, en crise, caractérisée par de graves crispations, des taux d’inflation spectaculaires récurrents avoisinant 20%, des taux de change de plus de 95 gourdes pour un dollar, des déficits budgétaires résultant d’une myopie des décideurs et des régulateurs financiers et des déficits exponentiels de la balance commerciale. Les indicateurs sociaux sont tout aussi angoissants : absence cuisante de vie nocturne, inquiétude dans les espaces publics, voire une peur bleue dans certaines régions en raison des risques et de l’insécurité grandissante, alimentée par des démons officiels. Cette coupe amère acidulée et vinaigrée est imbuvable par cette population courageuse, exclue de tous les projets sociaux.

La mise en accusation, un coup d’épée dans l’eau

Quatre-vingts (80) soit 2/3 des députés seraient nécessaires pour donner un effet tangible au projet de mise en accusation de ce président, véritable champion du tournoi des gabegies et de la mauvaise gouvernance, en l’espace de seulement deux ans et demi. À la lumière de la Constitution haïtienne et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, un seul ou deux des multiples faits reprochés au chef de l’État par les vingt (20) députés accusateurs auraient été suffisants pour déguerpir l’indécence et l’incompétence du palais national. La mission ténébreuse des sept mercenaires, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, le massacre sanglant de La Saline, autant de crimes de haute trahison relatés dans le cahier de charges des vingt députés accusateurs pour solliciter une mise en boîte du premier mandataire de la nation, à la salle de comédie du Bicentenaire. En cette date du 7 août, le peuple y a juste constaté la crucifixion de la Maïeutique socratique, et c’est tout.

Ce ne sont pas les députés ou les sénateurs de l’opposition qui vont déloger le locataire de la maison blanche maculée de la République. À quelques rares exceptions, les éléments constituant le Bicentenaire et le Champs de Mars ne vivent-ils pas comme des frères siamois et de faux ennemis qui mangent dans les mêmes assiettes, boivent dans les mêmes verres et opèrent ensemble, en secret, leurs missions en enfer.

Une opportunité pour la présidence de sortir la tête de l’eau

L’intérêt des députés à jouer une certaine carte de mise en accusation fait-il le jeu ou le contre-jeu de la présidence ? En tout cas, avant ce fameux projet, la présidence faisait quelques navettes seulement entre deux points cardinaux, Pèlerin et Champs de Mars. Honorant cette convocation, on sent que le président arriverait à respirer un nouvel air avec lequel il s’était divorcé depuis des lustres. En se pointant à la salle de comédie du Parlement, le président, en confiance avec sa majorité, respirerait comme un poisson dans l’eau ; il ferait clairement une promenade de santé. Ce serait pratiquement un moment de réjouissance, de retrouvailles avec la presse et de faux ennemis qui ravitaillent la présidence de quelques heures supplémentaires dans un faux confort illusoire. En effet, la rentrée des classes est pour très bientôt. Soyez rassurés que les pressions des uniformes, des livres, du ventre et des moyens de transport sortiront les petrochallengers de leur pause involontaire et de leur léthargie.

N’est-ce pas que les trois pouvoirs ont été simultanément secoués, jusqu’au coup, par les forces cycloniques et sismiques du Petrochallenge. Le discours du président du sénat, trépassant, agonisant, désespérant, coincé entre quatre murs, à la mi-février, signalait la fin de ce jeu malsain entre les gouvernants et la population. Les projecteurs étaient certes braqués sur la présidence muette et ébahie devant la fureur populaire qui réclamait à cor et à cri les fonds du PetroCaribe. Mais, en cette sombre période de février, toutes les institutions, voire le pays entier y voyaient les signes apocalyptiques de l’Armageddon qui semblait se déclencher en Haïti.

La dernière carte audacieuse, jouée avec maestria dans ce jeu coquin, n’avait pas permis de sauver que le soldat Jomo et consorts. Ce coup « de maître », mettant en scène des mercenaires et des bandits notoires, avait mis le pays en feu et en sang au cours du mois de février dernier. Plus de 50 personnes ont été tuées par balles, l’école, les affaires, le commerce, les échanges paralysés, la justice agenouillée, le parquet dépaqueté ; tel a été le prix fort à payer pour racheter la vie de ce régime (présidence, parlement, etc.), arrivé au stade terminal d’un cancer de corruption et de mal gouvernance séculaire.

La stratégie d’un clic de députés trop restreint, pour renverser la vapeur nauséabonde de la corruption, à travers la mise en accusation de la présidence, serait-elle animée de bonne foi ; ou devrait-on y percevoir une initiative pouvant entraîner des chantages, des pertes de temps et d’autres mobiles cachés. En effet, à quoi servirait une démarche de laquelle on anticipe déjà, sans risque de se tromper, donc à 100%, le résultat final, qui n’est de nul effet ?

De mauvaise ou de bonne foi, les vingt députés accusateurs rentrent tout simplement dans la dynamique de chronophagie tant adulée par ce régime politique. Aucun effet, aucune conclusion favorable pour la population, aucun résultat congruent ne peut en être dégagé. Dans un tel climat de mépris et de désintérêt de la misère atroce de la population, une seule option, une seule démarche, l’authentique, la vraie ; celle qui a marqué la transition de la dictature à la démocratie serait à envisager. Vox Populi, Vox Dei !

Carly Dollin



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