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Le football et la politique sur le « podium national de l'extrémisme »

Le football et la politique sur le « podium national de l'extrémisme »



En Haïti où de nombreux « pouvoiriens » ne parviennent pas à masquer leur attachement aux dollars sales et aux machinations sur les terrains socio-politique et sportif (!) notamment, la sagesse, la conscience, la pudeur et la loyauté sont déshabillées ou désarmées. Ainsi, dans cette troublante période de vaches maigres pour des millions de compatriotes désorientés, l'instabilité est le point commun qui s'installe entre la politique et le football. Sur les deux tableaux, le même schéma : une bataille acharnée pour le pouvoir, source de privilèges de toute nature...

Il est révoltant de constater que cette malsaine atmosphère reflète, en quelque sorte, « l'extrême complexité » de deux énormes dossiers nationaux : « la politique et le football ». Deux secteurs volcaniques confirmant l'influence de la contradiction et de la malédiction sur une communauté où les lois ne sont que des « feuilles de chou ».

Dans ces deux arènes, certaines interventions ou réactions brutales font peur. Comme les redoutables « mitrailleurs » qui engraissent les comptes bancaires des entreprises funéraires. Comme les fréquentes images projetées par une Haïti qui s'enfonce dans un boueux océan. De sales images à l'haïtienne griffonnées par de cyniques décideurs locaux ou externes qui, masqués ou à visage découvert, défoncent dans plusieurs secteurs les portes des maigres espoirs d'un peuple aux abois.

La contradiction est humaine, elle est aussi sociétaire. Mais quand elle se révèle dangereuse ou périlleuse, elle devient intolérable, inhumaine et invivable. D'ailleurs c'est l'accumulation de néfastes contradictions qui, fréquemment, ouvre la porte à la malédiction, ce mot au goût de fiel qu'on a peur de prononcer. Un terme herculéen que l'on force la majorité bicolore à porter comme une croix.

Nos débordantes contradictions ont finalement généré une chronique « pandémie à deux têtes » qui plonge notre pays dans un profond bassin où nage inlassablement une confusion aux racines profondes. C'est le règne d'une incertitude aigüe. Ce persistant climat bestial est le produit de grotesques rivalités locales, régionales et nationales. Des rivalités qu'on ne cesse d'ensemencer. À droite comme à gauche, même au centre. Jusqu'où ira cette insupportable débandade ?

Sur la tribune du désolant concert de notre football notamment, à noter le « faux conflit province-Port-au-Prince » astucieusement inventé et adroitement entretenu sans mesure. Par la même occasion, ces « peintres de l'extrémisme » ont généré la plus énorme division de l'histoire du sport national. Une division enracinée difficile à renverser.

Cette affreuse division a naturellement installé l'administration du football haïtien sur le banc d'un « favoritisme sans masque ». Peut-être indéracinable, cette colossale division s'impose même dans certains débats animés pourtant par des compatriotes qui connaissent tous les couloirs du savoir-vivre et de la sportivité.

À tous les échelons de notre société, les convergences ne durent que « l'espace d'un matin ». Qu'elles proviennent de structures légales ou illégales. Surtout lorsque de perpétuels antagonistes ne se liguent que pour concrétiser des ambitions qu'ils baptisent de collectives, mais qui, en réalité, sont sectorielles. Les dégradants résultats liés à la convergence au niveau sociopolitique et sportif prouvent l'étendue de notre laideur. En toute chose, pas de secret en matière de production : « On ne peut récolter du blé en semant des épines ».

Au coeur de cette Haïti en parachute depuis plus de trois (3) décennies, la déception gronde partout. À un point tel que, déroutés par la puissance d'une instabilité sans précédent, ils sont nombreux les Haïtiennes et Haïtiens qui se pincent parfois pour être certains qu'ils ne rêvent pas. Car les messages désolants et les images scandaleuses renversent le gros lot de nos compatriotes. À ce rythme-là, les passagers haïtiens risquent de se retrouver dans le « train des rejetés du 22e siècle ».

Laissons les mots à leur place, même s'ils sont souvent blessants dans le cadre de certains débats houleux qui débordent comme une rivière en crue. Et, de ce fait, la voie de l'espoir devient chaque jour plus boueuse. Car, déplaçant maladroitement des pions organisationnels sur l'échiquier national, les décideurs de tous les secteurs, en majorité, se comportent comme des « francs tireurs » qui ratent une cible de 98 centimètres dans un corridor de 100 centimètres...

Dans tous les espaces de l'administration haïtienne, les erreurs calculées s'amoncellent. De flagrantes passes mal ajustées dénoncées même par des aveugles. C'est le moins que l'on puisse écrire en observant les pas de crapaud des « experts à l'envers » de la nation. Dans ce pays souvent dominé par le crochu et l'ambiguïté, certains décideurs ressemblent à des candidats peu convaincants à la veille des « examens de la fin du monde ».

Si la maladresse était une richesse, l'Haïti d'aujourd'hui, grâce notamment aux envolées sans grandeur de la classe politique et aux « dos filets » des jusqu'au-boutistes de la vaste région footballistique, aurait été incontestablement l'une des mastodontes du globe. Mais ce n'est pas le cas. Toutefois, dans cette suffocante conjoncture, une certitude qui n'échappe même pas à la vigilance d'un bébé de trois mois : la politique et le football mènent largement au classement du « championnat haïtien de l'extrémisme ».

Raymond Jean-Louis




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