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L’insécurité : une entrave au championnat D1

L’insécurité : une entrave au championnat D1








Le Championnat haïtien de première division est de retour. Les 24 et 25 aout 2019, les seize clubs de première division vont s’affronter sur les différents terrains du pays dans l’objectif de succéder à la formation de l’Arcahaie FC, champion de la série d’ouverture. Cette nouvelle série de compétition va se démarrer avec les mêmes problèmes : terrains en mauvais état et non protégés, absence de moyen financier et surtout cette année l’insécurité. Si les problèmes précités peuvent gêner le bon déroulement du Championnat, la montée fulgurante de l’insécurité peut être un vrai obstacle.

Depuis plusieurs mois, les actes de banditisme sont en nette augmentation dans le pays. Il est difficile de choisir une zone sans citer le nom de son chef. Pas forcément le casec, le maire ou le responsable de la police, mais celui d’un gang. Il est impossible de se rendre dans le nord sans penser à la bande d’Arnel (bien qu’écroué par la Police) qui sème la terreur dans l’Artibonite. On pourrait en citer d’autres. La troisième circonscription de Port-au-Prince, au niveau de Martissant, est l’Armagedon à franchir pour atteindre le sud du pays. Face à ce tableau, le sport, comme d’autres secteurs, est pris en otage.

La sécurité des Joueurs un élément préoccupant

Ils seront quatre dans la région métropolitaine de Port-au-Prince; le Don Bosco FC, le Racing CH, les Cosmopolites, le Violette AC, à traverser presqu’à chaque journée de championnat la zone de Martisaant pour aller affronter le Cavaly de Léogane, l’America des Cayes et vice versa. À quelques jours du coup d’envoi de la première journée, aucune disposition particulière n’est encore prise pour protéger les délégations des clubs. Du côté des organisateurs et/ou des clubs, on laisse présager que la Police nationale d’Haïti va assurer la sécurité des acteurs du ballon rond. Pourtant, récemment, le député de la commune de Pestel, Ronald Etienne, entouré de plusieurs agents de sécurité dans sa voiture, a été blessé par balle au Bicentenaire. Les doutes sont légitimes.

Pour les équipes du Grand Nord, la situation sera encore plus compliquée. On imagine une équipe comme Ouanaminthe par exemple qui quittera le Nord-Est pour se rendre aux Cayes. Il traversera l’Artibonite, dans un premier temps, avec les risques que l’on connait. Il empruntera le Bicentenaire particulièrement Martissant pour se rendre dans la ville des Cayes en passant par la région des Palmes. En guise de souvenir, on se rappelle que le football a déjà perdu plusieurs éléments importants à cause de l’insécurité. C’était le cas notamment d’Harold Fédé assassiné à Villard le 15 août 2015 et Rosemond Pierre à l’Arcahaie en septembre 2018. À l’époque, la situation n’était pas aussi grave qu’elle est aujourd’hui.

Quid des supporteurs ?

Si les joueurs seront exposés à chaque journée, les supporteurs le seront aussi. Les supporteurs des villes de province sont réputés fidèles à leurs équipes. Ils peuvent traverser plusieurs départements pour être témoins de la prestation de leur club de cœur. Ils ne seront pas épargnés de l’insécurité dans un contexte où les citoyens subissent la loi des impitoyables chefs de gangs. L’ouverture de la série retour inquiète. L’État avec le soutien de la population doit anticiper pour sécuriser les amants du ballon et tous autres citoyens, l’une de ces missions régaliennes. Parce que ce sentiment que le pays n’est plus dirigé que nourrit le citoyen haïtien prend de l’ampleur et commence à se transformer en peur. Les sportifs, les citoyens de manière générale, sont livrés à eux-mêmes.

Les footballeurs vont encore augmenter le flot des exposés à l’insécurité. Ce phénomène qui est la conséquence de l’inconséquence de nos dirigeants pourra mettre en péril le bon déroulement de la série de clôture du Championnat haïtien de première division. On attendra peut-être qu’un ou plusieurs joueurs soient assassinés pour susciter un réveil citoyen. Pourtant le problème est là et le danger arrive à toute hâte.

Kenson Désir



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