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Yolette Azor : une économiste haïtienne et diplomate de carrière, expérimentée des relations internationales !

Yolette Azor : une économiste haïtienne et diplomate de carrière, expérimentée des relations internationales !



Des femmes à la fois diplomates, économistes, spécialistes du commerce et des relations internationales, appuyées d’une formation en psychologie, elles ne sont pratiquement pas nombreuses en Haïti, ces figures féminines des plus imposantes et crédibles à la fois, capables d’assumer les hautes fonctions tant sur le plan local et à l’échelle internationale. Avec Yolette Azor, c’est un pari pratiquement gagné tant pour l’administration publique haïtienne que pour la gent féminine haïtienne.

Dans la série des portraits diplomatiques que j’inaugure en ce début du mois de février 2021, c’est avec honneur que je propose à l’appréciation de mes lecteurs et lectrices, le long parcours de la diplomate de carrière Yolette Azor Charles. Sachant qu’elle fait partie du patrimoine national et des réserves stratégiques de la République, je m’autorise à la placer sous les projecteurs en guise de modèle pour les jeunes filles et les femmes universitaires et diplomates qui font leurs premiers pas dans la diplomatie haïtienne, même si madame Azor aurait préféré rester dans l’ombre particulièrement en ces temps sombres.

Dommage pour elle, son long parcours diplomatique d’excellence et à succès la poursuit. À titre d’exemple, je vous rappelle qu’il y a plus de trente ans, en mai 1990, Yolette Azor avait été représenter Haïti, à la réunion internationale autour du thème : « La femme dans le développement du Commerce et de l’Industrie », dans la ville de Genève en Suisse.

Diplomate de carrière pétrie dans le moule d’Emile Saint-Lot, entre juillet 1993 et novembre 2011, elle a été successivement : Ambassadrice de la République D’Haïti près du Royaume d’Espagne (juin 2005 à novembre 2011) ; ambassadeur de la République D’Haïti en République d’Afrique du Sud (octobre 2003 à mai 2005) ; et ambassadeur de la République D’Haïti auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays-Bas, du Grand-duché de Luxembourg et représentante permanente près de la Communauté économique européenne (CEE), de juillet 1993 à septembre 2003.

De 2014 à 2018, Yolette Azor a servi son pays à travers différentes fonctions des plus prestigieuses, parmi lesquelles on peut citer son rôle en tant que responsable du département de Promotion des exportations du Groupe AGRICORP, de mars 2019 à nos jours. Elle a été successivement conseillère au Cabinet de Premier ministre, directrice de cabinet de ministre des Affaires étrangères et des Cultes, membre du cabinet de ministre du Commerce et de l’Industrie, et représentante de Caribbean Export entre 2013-2014.

Directrice du projet Stabex, de commercialisation du Café et du Cacao Prostaco, en juillet 1990, l’économiste et diplomate a également inscrit sa marque dans l’histoire du ministère du Commerce et de l’Industrie trente ans plus tôt. On l’a retrouvée comme directrice du Commerce extérieur au MCI, entre mars 1987 à juillet 1991, après avoir assuré l’intérim pour le même poste mai 1986 et mars 1987.

Du statut de fonctionnaire stagiaire lors de ses débuts au Secrétairerie d’État du Commerce et de l’Industrie, après une interaction sur concours, entre novembre 1977 et septembre 1978, Yolette Azor allait par la suite gravir l’échelon en devenant chef de Service des Relations publiques et foires — Secrétairerie d’État du Commerce et de l’Industrie d’octobre 1980 au mois d’août 1985. Son sérieux et ses résultats fournis à l’institution, dans un contexte de crise sociopolitique et institutionnelle allaient lui ouvrir la voie pour bénéficier d’une promotion en tant qu’assistant-directrice au Commerce et Prix — ministère du Commerce et de l’Industrie (août 1985 à mai 1986).

Dans ses débuts, elle ne manque jamais l’occasion de rappeler qu’elle a été attachée au Service de l’interprète au sein de l’Administration générale des Douanes d’Haït, entre octobre 1975 à novembre 1977.

D’autres expériences, parmi les plus pertinentes et prestigieuses, s’ajoutent dans le palmarès de cette dame trop pénétrée par l’expérience de plus de quatre décennies, et comme témoin privilégiée des nombreux mouvements sociopolitiques, des courants et des changements qui ont façonné le monde et sa terre natale au fil des ans.

Derrière les va-et-vient des vagues politiques et les coups bas de toutes sortes, face auxquels la diplomate Yolette Azor arrive toujours à garder le cap, en s’accrochant à son éducation personnelle et professionnelle, ses valeurs familiales et les leçons de la vie, en dehors de sa foi, et de ses racines ancestrales en tant que fille assumée et fière d’appartenir à la ville des Gonaïves.

Dans son parcours ascensionnel, elle s’impose comme l’une des expertes confirmées du pays, disposant d’une longue expérience dans la promotion des investissements et particulièrement dans la promotion des exportations. Elle a également accumulé un savoir et un savoir-faire éprouvés durant de longues années dans la gestion des relations internationales et dans la négociation au niveau des institutions comme l’Union européenne, la Convention de Lomé et l’Accord de Cotonou.

Déterminée à se former pour mieux servir, afin de ne pas solliciter la faveur ou la pitié sur son parcours professionnel, dans des secteurs souvent dominés par l’influence des hommes, l’économiste et la diplomate Yolette Azor dispose de solides formations académiques et supérieures.

Dans sa biographie, on retient qu’elle a effectué entre 1999 et 2000, des études post-graduées en commerce international Université Libre de Bruxelles ; une maîtrise en économie au Centro de Investigacion y Docencia Economica (CIDE), du Mexique, entre 1983, en tant que boursière de l’Organisation des États américains (OEA). Entre 1978 et 1982, elle a effectué des études en sciences économiques à la Faculté de Droit et des Sciences économiques de l’Université d’État d’Haïti (UEH), et sans oublier sa formation en psychologie entre 1974 et 1977, à la faculté des Sciences humaines de l’UEH.

D’autres formations et séminaires spécialisés complèteront également le parcours de cette femme qui ne jure que par la formation, l’excellence académique et des réalisations pour écrire son histoire. Un séminaire sur l’Accord de Cotonou Convention de Lomé (1993-2003), en un autre séminaire organisé par la CEE à l’intention des fonctionnaires haïtiens et dominicains dans le cadre de la Convention de Lomé IV, organisée à Bruxelles, en Belgique, du 8 au 20 octobre 1990, justifient la maturité professionnelle de cette experte haïtienne.

De nombreux autres séminaires sur la gestion des approvisionnements importés organisés : Au Canada, en collaboration avec des instances internationales comme la CCI/CNUCED-GATT, la Banque nationale du Canada à Montréal et Québec en mai 1985 ; un séminaire sur la promotion des exportations par le biais des foires et expositions organisé par l’Ecole Internationale de Bordeaux (EIB), en France, en octobre 1981 ; un séminaire sur l’organisation des foires et expositions internationales ; Stage pratique : Foire de Milan, Paris, Bruxelles et Luxembourg. Union des Foires Internationales et CEE BIT, réalisé en Italie, entre avril et mai 1979 ; un séminaire sur « l’Intégration en Amérique Latine », Stage pratique : Projet SALTO GRANDE, organisé par la banque Interaméricaine de Développement (BID), au siège de INTAL Argentine, entre octobre et novembre 1978 complètent de cycle de formation continue, complémentaire et diversifiée de cette femme, qui maitrise pratiquement les langues suivantes : le créole haïtien, le français, l’espagnole et l’anglais.

Dans de grandes réunions internationales et régionales, Yolette Azor a été pendant plusieurs années, une des meilleures ambassadrices d’Haïti. Plus qu’une simple figurante, elle a été en de nombreuses occasions invitée de la CNUCED aux ateliers préparatoires à la réunion des Pays Moins Avancé (PMA) en 1990 ; membre du Comité national interministériel d’Haïti chargé de la mise en place de l’Accord de Lomé entre 1989 et 1990 ; Vice-président puis Président du Sous-comité ACP Chargé des Pays moins avancés, enclavés et insulaires (PMDEI) en 1994 ; représentant de la République d’Haïti au 1er Sommet des Chefs d’État ACP — Libreville (novembre 1997) en 1997 ; Membre de divers Groupes de travail chargé des préparatifs des sommets des chefs d’État ACP, au 1er Sommet à Libreville tenu au Gabon, au 2e sommet de Santo-Domingo, organisé en République dominicaine et au 3e Sommet à Nadir, réalisé aux Îles Fiji en 1996 et 2002. Et sans oublier, Yolette Azor a été présidente du Sous-comité ACP chargé des questions culturelles et sociales en 1996 et 1997.

Diplomatiquement expérimentée et économiquement solide en termes de formation, est définitivement cette lumière de l’excellence professionnelle féminine, qui, tout en s’isolant, continue de briller contre son gré. Un modèle de femme diplomate qui a sa place tant aux musées des Femmes que dans la galerie des portraits des grandes figures (féminines, comme feu Marie Michèle Rey) dans l’histoire de la diplomatie haïtienne.

Dominique Domerçant




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