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« La couverture sanitaire universelle n’est pas une utopie ; la mise en place en Haïti est imminente »

« La couverture sanitaire universelle n’est pas une utopie ; la mise en place en Haïti est imminente »



La définition la plus consensuelle de la CSU (Couverture Sanitaire Universelle) a été donnée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il s’agit de faire en sorte que tous les individus aient accès à des services de santé essentiels sans se heurter à des difficultés financières. C’est-à-dire d’éviter que les familles, confrontées à la maladie de l’un de leurs membres, ne soient obligées d’engloutir leurs économies ou d’emprunter de l’argent, au risque de sombrer dans la pauvreté, comme c’est encore trop souvent le cas. La couverture universelle est un enjeu moral lorsqu’on constate combien les inégalités se sont accrues ces trente dernières années.

Bien vivre, c’est d’abord être en bonne santé. Cela semble évident, et pourtant trop de gens ne retrouvent pas cela dans leurs vies et dans les perspectives de leurs enfants. À l’heure actuelle, des millions d’individus ne reçoivent pas de soins médicaux ou plongent dans la pauvreté parce qu’ils sont obligés de payer des frais qu’ils ne peuvent pas assumer. Dans certains cas, on enferme même des femmes et des enfants à l’hôpital parce qu’ils ne peuvent pas payer leurs frais médicaux. Ces faits sont contraires à la dignité humaine, et contraires aux obligations des pays en matière de droits de l’homme. En signant l’accord sur les Objectifs de Développement durable (ODD) en septembre 2015, tous les pays se sont engagés à mettre en place la couverture sanitaire universelle (CSU) d’ici à 2030. Avec la CSU, toutes les personnes bénéficieront des services de santé dont elles ont besoin sans subir de difficultés financières.

La Banque mondiale, l’Organisation mondiale de la santé et d’autres institutions internationales sont toutes d’accord pour dire que la CSU va permettre de sauver des vies, dynamiser l’économie et stabiliser les sociétés. Nous sommes persuadés que la CSU présente un intérêt politique et économique. Lorsque la vie des gens est amoindrie ou s’achève prématurément, c’est non seulement une terrible tragédie pour ces personnes et leurs familles, mais aussi une perte pour l’ensemble de la communauté. Les besoins non satisfaits en matière de santé réduisent également la productivité économique et empêchent les enfants et les adolescents de réaliser pleinement leur potentiel à l’école, à la maison et plus tard dans leur vie d’adulte.

L’accès aux soins est un droit humain fondamental. Aucune mère ne devrait perdre son enfant, ou perdre la vie, parce qu’elle ne peut pas payer les soins. Nelson Mandela, fondateur des Elders, a dit un jour qu’il y avait quatre besoins de base que les gens voulaient satisfaire : « Vivre dans un environnement sûr, pouvoir travailler et subvenir à leurs besoins, avoir accès à un bon système de santé publique et à une bonne éducation pour leurs enfants. » Nous pensons que la CSU est essentielle pour réaliser cette vision aussi noble qu’elle soit.

La Couverture sanitaire universelle (CSU) est au cœur des efforts pour renforcer les systèmes de santé, améliorer l’état de santé des populations et la distribution des services de santé. La Constitution de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) affirme que le droit à la santé est « un des droits fondamentaux de tout être humain sans distinction de race, religion, appartenance politique, condition économique et sociale. » Ce message a depuis lors été renforcé à plusieurs reprises ; notamment de façon proéminente dans la déclaration de Alma-Ata en 1978. Depuis le début du 21e siècle, la quête d’une CSU a pris de l’ampleur dans plusieurs pays et au sein de la communauté mondiale de la santé. En 2005, les Etats-Membres de l’OMS ont entériné la CSU comme objectif central et indiqué que les systèmes de santé « doivent se développer davantage en vue de garantir l’accès aux services nécessaires tout en assurant une protection contre le risque financier. » Certains ont même qualifié la CSU de troisième transition mondiale en matière de santé.

Bon nombre d’études soutiennent que la CSU est un régulateur de système, valable aussi bien dans un contexte de pays riche que de pays pauvre ; on estime également qu’elle peut être réalisée de différentes manières, comme le montre la diversité des approches dans le monde. Chaque pays développe désormais sa propre voie, reflet de sa propre culture et de l’héritage des systèmes de santé existants, mais jusqu’à présent, Haïti marque le pas sur place. Nous sommes très loin de cette transition. Il faut qu’il y ait une prise de conscience supérieure de notre état. L’accès à la santé doit être au centre de nos revendications de tous les jours. L’idée de base est d’abord d’essence morale : il n’est pas acceptable que certains membres de la société soient confrontés à la mort, au handicap, à la mauvaise santé ou à l’appauvrissement pour des raisons qui pourraient avoir un coût limité.

D’où le besoin de faire agir la solidarité au sein des communautés haïtiennes de faire en sorte que par des systèmes de financement adaptés, tenant compte, entre autres, du niveau de vie, de l’effectif de la population, du taux de chômage, du niveau des infrastructures et de bien d’autres paramètres encore, chacun puisse être en bonne santé et contribuer dans la mesure de ses capacités à l’effort de développement et à la réalisation de soi.

Notre chère Haïti fait encore face à des taux élevés de mortalité infantile et maternelle, la malnutrition est trop courante et notre système de santé n’est pas en mesure de faire face efficacement aux épidémies et au fardeau croissant des maladies chroniques telles que le diabète.

La mise en place de la CSU ne sera pas une chose facile en Haïti, tenant compte de tous les obstacles sus-cités, mais il faut rêver. Pour effectivement avancer vers une couverture sanitaire universelle adaptée, Haïti doit définir et étendre des services garantis, développer des systèmes de financement de la santé pour financer les services de santé et assurer une protection financière, une disponibilité de service de haute qualité, améliorer la gouvernance et la gestion et prendre toutes autres mesures de renforcement du système de santé pour rendre possible la CSU.

Danove Jose Karly DIEUFORT, Médecin en Formation à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’Université d’Etat d’Haïti.




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