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Pourquoi Haïti a-t-il été « épargné » par le Covid-19 ?

Pourquoi Haïti a-t-il été « épargné » par le Covid-19 ?



Il peut paraître paradoxal d’employer le verbe « épargner » pour désigner la situation actuelle d’Haïti face au Covid-19 qui continue sa course folle dans le monde avec à ce jour près de 26 153 894 personnes contaminées et 865 523 décès recensés officiellement et des disparités opposant la zone Amérique qui est depuis quatre mois l’épicentre de la pandémie et le continent européen qui semble être à la veille d’une seconde vague.

En effet, on sait qu’au 19 mars dernier les deux premiers cas de la maladie ont été annoncés officiellement en Haïti qui était alors soumis à l’état d’urgence qui avait duré quatre mois avec un ensemble de mesures fortes, la fermeture des frontières terrestres et aériennes du pays jusqu’au 30 juin. Au 1er septembre, le bilan de la pandémie dans le pays reste modeste avec 8 301 infections, 210 décès et 5 870 guérisons. C’est pourquoi plus d’un considère Haïti comme un pays miraculé alors que de l’autre côté de la frontière avec une population équivalente à la nôtre on compte 95 627 contaminations et 1 765 décès.

L’objet de cet article sera d’essayer d’expliquer la raison de la situation plutôt « tranquille » d’Haïti par rapport à cette maladie qui avait suscité l’effroi pendant les deux premiers mois où elle avait commencé à sévir.

Plusieurs pistes seront explorées en vue de trouver réponse à notre questionnement fondé sur les inquiétudes immenses qui se sont exprimées au début de la pandémie.

1. Le monde entier était inquiet pour Haïti à la veille et au début de la pandémie

1.1 La période d’émotion face au coronavirus

Le monde entier attendait une catastrophe sanitaire sans précèdent pour Haïti a la veille et au début de la pandémie. Comme le dit Le Nouvelliste du 5 mai 2020, la situation d’Haïti était «décrite comme un parfait cyclone qui s’approche». La presse étrangère, pour sa part, n’arrêtait pas d’aligner les carences de notre système de santé et de prédire le nombre de morts que le pays pourrait compter. Le journal Le Monde en date du 27 mars où l’on ne recensait alors que six personnes contaminées par le coronavirus, avait rappelé que « le pays caribéen le plus pauvre d’Amérique ne compte que 124 lits de soins intensifs pour onze millions d’habitants ». Toujours, selon Le Monde, six patients qui « pourraient rapidement plonger toute l’île et ses onze millions d’habitants dans une nouvelle catastrophe sanitaire ».

Au début du mois d’avril, le célèbre site médical Worldometers avait classé Haïti comme bon dernier dans le monde avec un ratio de 22 tests pour un million d’habitants.

C’était une période de panique où le Président avait annoncé immédiatement des mesures draconiennes pour contenir la propagation de la pandémie, notamment, l’état d’urgence sanitaire, la recommandation de consignes et de mesures barrière, l’instauration d’un « confinement relatif » la limitation des déplacements, l’imposition du couvre-feu de neuf heures, l’interdiction également de rassemblements de plus de dix personnes et la fermeture des écoles et des universités, des ports et aéroports, des lieux de culte et des usines.

1.2 Les prévisions alarmantes concernant l’impact du Covid-19 en Haïti

Au départ, les autorités haïtiennes travaillaient à partir de « simulations » effectuées par Cornell University et l’Université d’Oxford qui avaient prévu des centaines de milliers de malades.

Le scénario « extrême » tablait sur un taux d’infection de 86 % de la population, impliquant un total de 426 000 personnes à hospitaliser, l’immobilisation de 9 000 lits d’hôpital et à la clé une prévision allant jusqu’à 20 000 décès.

Un second scénario tablait sur un taux d’infection de 35 % de la population, l’hospitalisation entre fin avril et août de 313 000 personnes, la disponibilité de 7 500 lits et le dénombrement de 5 700 morts.»

Enfin, le scénario le plus optimiste, tel qu’il a été esquissé par le docteur Patrick Dély, responsable du laboratoire d’épidémiologie, prévoyait environ 2 000 décès qui avait affirmé que dans le meilleur scénario possible, nous prévoyons environ 2 000 décès, mais, suivant l’évolution de la situation, nous pouvons prendre ces prévisions et les multiplier par cinq, par dix »,

1.3 les premières grandes mesures gouvernementales pour la gestion du Covid-19

Peu de temps après, le gouvernement avait procédé à la création d’une cellule scientifique de gestion de la crise du Covid-19, constituée de 14 membres avec pour mission « de collecter et de traiter les données liées au Covid-19, l’évolution de la situation en Haïti et de produire des recommandations à la cellule gouvernementale sur les mesures sanitaires à prendre »

De même, fut instituée, peu de temps après, à la date du 6 avril 2020 une Commission multisectorielle de gestion de la pandémie de Covid-19 (CMGP/Covid-19) à laquelle était confiée la mission « d’assurer la planification stratégique et la coordination des ressources provenant des organisations non gouvernementales et du secteur privé des affaires ». Il s’agissait d’une structure dont la durée du mandat était de 90 jours et dont la mise en œuvre est assurée par le ministère de la Santé publique. Elle était composée de trois membres et co-présidée par le Dr Jean William Pape, fondateur des Centres Gheskio et le Dr Lauré Adrien, directeur général du ministère de la Santé publique et dont. Paul Oxila est le conseiller contrôleur général des opérations de la commission.

Parallèlement, l’inquiétude avait grandi du fait que le pays ne disposait pas encore de moyens logistiques pour faire face à la pandémie : un très petit nombre de tests de dépistage - d’abord 500 tests de dépistage - et d’équipements de protection individuelle qui ont été donnés quelques semaines plus tôt par l’OPS. Il a fallu attendre deux mois pour voir arriver de Chine les premières commandes de masques, d’équipements de protection individuelle, de respirateurs et de ventilateurs.

Entretemps, le pays avait enregistré ses premières hospitalisations et ses premiers morts, tandis que les bulletins quotidiens publiés par le ministère de la Santé faisaient état d’une augmentation régulière des contaminations et des décès.

1.4 Le comportement des Haïtiens face à l’éclatement de la pandémie

Parallèlement, les Haïtiens ont toujours nié l’existence de la maladie affirmant « que la pandémie est une astuce politique des autorités et minimisant sa gravité. Pendant les trois premiers mois pu la maladie a sévi dans le pays, plusieurs groupuscules avaient empêché la construction d’infrastructures sanitaires ou même en avaient détruits quelques-uns. Ils s’en étaient pris aussi aux malades dont certains étaient même lynchés a la faveur de la stigmatisation dont ils étaient l’objet un peu partout sur le territoire ainsi qu’à des travailleurs de la santé, ce qui était un facteur négatif aggravant en regard des capacités limitées du système sanitaire haïtien, du manque de professionnels de santé et d’équipements de protection.

2. Le développement de la maladie en Haïti

2.1 La montée en puissance de la maladie entre mai et juin

Après l’annonce des deux premiers cas le 19 mars, on a d’abord assisté à une évolution lente, mais régulière de la maladie dans le pays sur un fond très modeste des moyens de dépistage puisque la moyenne quotidienne des tests ne dépassait pas le volume de 300.

Pendant tout le mois d’avril, on comptait moins d’une centaine de cas de coronavirus par jour. C’est à partir de la première semaine de mai qu’on a assisté à une première accélération quand le pays a franchi la barre des 100 cas le 5 mai. Au 10 mai, on avait atteint le cap des 209 cas pour passer au 25 mai à 1 000 cas, puis à 2 000 cas au 30 mai, à 3 000 cas au 5 juin, à 4 000 cas au 14 juin, à 5 000 cas le 20 juin, à 6 000 cas le 1er juillet, à 7 000 cas le 18 juillet et à 8 000 cas 21 août.

Quand on entre un peu plus dans les détails, on se rend compte que le « pic » de la maladie, si pic il y a eu effectivement a été atteint au mois de juin, qui à lui seul a représenté 3.831 cas de contamination, soit 46,39% des contaminations dans le pays.

2.2. La décélération de la pandémie en Haïti depuis le mois de juillet

On a assisté à une décélération des cas au mois de juillet où l’on n’avait relevé que quatre jours dépassant une centaine de nouveaux cas contre 21 jours de plus de 100 cas pour le mois de juin et six jours de plus de 100 cas au mois de mai. Par contre, aucun jour du mois d’août n’avait atteint la centaine de cas, avec un creux exceptionnel de deux cas enregistrés au 23 août.

Il reste que les chiffres officiels sont largement en dessous de la réalité, comme l’ont avoué plusieurs fois les autorités sanitaires. De toute façon, la tendance actuelle est encore à la baisse bien que le docteur William Pape ait évoqué la semaine dernière la possibilité d’une seconde vague qui ne serait pas lointaine, favorisée par le relâchement quasiment général observé dans le pays depuis la fin du mois de mai.

2.3 L’évolution du nombre de décès dus à la pandémie.

Parallèlement, le mois où l’on a déploré le plus grand nombre de morts a été le mois de juillet, soit 54 décès, contre 45 au mois de juin, 36 en mai et également 36 en août, le plus petit chiffre remontant au mois d’avril ou l’on avait compté les huit premiers décès. Toutefois, les différences entre juin et juillet ne sont pas assez significatives pour qu’on puisse parler de pic véritable de décès pour l’un de ces deux mois, étant donné que certains morts enregistrés en juillet ont été déclarés malades depuis le mois de juin.

Le taux de létalité en Haïti reste faible, l’un des plus bas du monde, soit 2,53 %, à un niveau voisin de celui des pays du Tiers-Monde (République dominicaine : 1,85 % ; Madagascar : 1,03% ; Cameroun : 2,13 % ; Panama : 2,16%. Mais, on sait que l’écart est grand par rapport à celui des pays riches qui ont tous enregistré une hécatombe. Ainsi, le taux de létalité de la France est de 9,2%, celui de l’Italie 13,17% et celui du Royaume uni 12,15%.

De toute manière, il faut rappeler que tous les chiffres qui ont été fournis pour Haïti sont issus des données officielles, sachant que le nombre de cas ainsi que des décès est en dessous de la réalité. Toutefois, tout le monde admet que l’épidémie n’a pas provoqué le volume des ravages que l’on avait craint et qu’au total, nous avons eu la chance de nous trouver dans une situation où il y a eu plus de peur que de mal.
3 Pourquoi la maladie n’a pas fait trop de dégâts en Haïti ?

3.1 Toute explication est difficile pour le cas d’Haïti

Tout d’abord, malgré les mesures qui ont été édictées par le gouvernement et celles qui ont été recommandées par divers organismes, la population n’a jamais appliqué que de manière très partielle les gestes barrière. Au plus fort de la pandémie, c’est-à-dire au mois de juin, on pouvait estimer que moins de 25% des habitants de la capitale portait régulièrement un masque. Quant à la recommandation de la distanciation sociale, elle était encore plus largement ignorée. On voyait presque partout les gens s’entasser que ce soit dans les transports publics, dans les marchés et dans les supermarchés ainsi que sur les places publiques.

Combien de gens se lavaient les mains deux fois par jour ? Très peu sans doute.

Même à la rentre scolaire du mois d’août, pratiquement rien n’a été effectivement été mis en œuvre dans les établissements publics ni dans les établissements d’enseignement supérieur pour la protection des apprenants.

3.2. S’agit-il d’une souche particulière qui aurait favorisé les Haïtiens du Covid-19 ?

Certains ont avancé la thèse de la souche moins méchante qui est difficile à admettre, puisque les principales sources de contamination du pays pour le Covid-19 sont la République dominicaine et les États-Unis où la maladie a été très virulente, avec les nombres de cas élevés que l’on connait tant en termes de contamination que des décès. Malgré les hypothèses récentes circulant en Occident et en Asie, évoquant depuis près d’un mois des souches plus contagieuses, mais moins virulentes, il n’y a aucune certitude permettant de confirmer une diminution de la sévérité du virus. On assiste d’ailleurs en France à une augmentation exponentielle des cas nouveaux ainsi qu’aune remontée des hospitalisations et des cas graves nécessitant une réanimation. Ni le climat ni une chance particulière pour les Haïtiens qui parlent de l’efficacité de la médecine traditionnelle qui reste à démontrer. Peut-être simplement le fait que comme beaucoup d’autres pays du Tiers-Monde où la plupart des gens vivent en plein air, loin des sources de contamination collective que sont les transports en commun en vase clos, les grandes surfaces commerciales et les bureaux confinés qui brassent et propagent des airs hautement pollués, les canalisations d’eaux usées très contaminâtes également.

3.3. Les efforts des autorités sanitaires haïtiennes ont-ils porté fruit ?

Il a été difficile de mettre en marche la machine administrative pour faire face à la pandémie. On a du compter quatre mois pour mettre en place un système relativement décentralise capable en théorie d’intervenir en plusieurs points du territoire. Pendant plus de trois mois, seul le laboratoire national de santé publique et d’épidémiologie effectuait les tests de dépistage avec des malades divisés en deux groupes : d’une part, ceux qui étaient hospitalisés pour suivi et traitement avec l’hôpital universitaire de Mirebalais comme sommet de la pyramide parce que disposant des moyens les plus sophistiqués ; et d’autre part, les patients qui étaient placés chez eux en quarantaine domiciliaire.

Au terme de ces quatre mois, le ministère de la Santé a pu mettre en place un ensemble de sites de prise en charge qui ont atteint en août l’effectif de 41 sites de prise en charge disponibles dans les 10 départements. Il a pu recruter et former le personnel qui y est affecté et assurer l’approvisionnement des centres en matériels y compris d’oxygène de protection individuelle et de médicaments et de moyens de travail. Les autorités continuent d’affirmer que l’État va continuer de renforcer certaines institutions sanitaires à travers le pays pouvant se constituer comme des points de triage qui seront dotées du personnel formé capable de prodiguer les premiers soins.

Au total, alors qu’au début de la pandémie en Haïti, on ne comptait que 124 lits d’hôpitaux adaptés au traitement de la pandémie, actuellement notre système sanitaire dispose de 971 lits d’hôpitaux avec capacité de réanimation, plus de 51 770 équipements divers, plus 200 000 masques et 850 bombonnes d’oxygène sur lesquels s’appuient 34 sites de prélèvement, dont cinq établis au niveau des points frontaliers haïtiano-dominicains et deux au niveau des aéroports. J’ajoute que, d’après les autorités sanitaires, 84 équipements mobiles d’investigation et 299 autres équipements mobiles de réponse communautaire sont déployés sur tout le territoire du pays ainsi que sept laboratoires qui sont habilités à effectuer les tests de diagnostic de la Covid-19.

Ce qui est de nature à rassurer en cas de reprise de la pandémie dans le pays

2. Haïti aurait-il profité de l’affaiblissement du virus ?

Cet aspect nous intéresse d’autant qu’il semble qu’en Haïti le virus se comporte comme un virus qui a perdu de son agressivité. Cela correspondrait à ce que l’on constate dans certains autres pays disposant de mesures à travers de nombreux tests de dépistage.

En effet, depuis trois semaines, la presse internationale évoque avec insistance l’affaiblissement du virus suite à l’annonce d’un chercheur singapourien, Paul Tambyah, consultant senior à l’Université nationale de Singapour et président élu de la Société internationale des maladies infectieuses, qui avait déclaré fin août qu’une « mutation du virus SARS-CoV-2 de plus en plus répandue en Europe, en Amérique du Nord et dans certaines régions de l’Asie à l’origine d’une souche qui semble plus infectieuse que la forme originelle du nouveau coronavirus pourrait être moins meurtrière que ce qu’on a connu jusque-là.

Il s’agirait d’une souche qui s’appelle D614G qui serait apparue pour la première fois depuis le mois de février à la faveur d’une mutation

Des tests in vitro avec des pseudo-particules virales effectuées sur des pseudo-particules virales sans utilisation de coronavirus, mais d'autres virus habillés de la même enveloppe que le coronavirus G614 ou D614 et où le variant G614 se montre 2,6 à 9,3 plus infectieux que le variant D614.

Auparavant, en Italie, le Dr Alberto Zangrillo, médecin de Silvio Berlusconi et directeur de l'hôpital San Raffaele de Milan, avait déclaré le 31 mai que «les prélèvements effectués au cours des dix derniers jours montraient une charge virale absolument infinitésimale par rapport à ceux réalisés il y a un mois ou deux». Ce qui signifierait que les patients récemment infectés auraient beaucoup moins de virus dans leurs voies aériennes que les malades du début de l'épidémie.

À l’heure actuelle, on ne possède pas encore de preuve que le variant D614G provoque des formes moins sévères. Mais on pense plutôt que l'apparition de formes sévères semble plutôt liée aux facteurs de comorbidité, comme des maladies chroniques associées ou l'âge, qu'à la seule présence d'une mutation. Donc, il ne faut pas croire que l'épidémie recule alors que le risque de contaminer les plus fragiles est toujours bien réel.

On a aussi constaté pendant plus d’un mois que, dans certains pays comme la France et l’Italie, le nombre de contaminations a explosé sans que parallèlement on ait assisté à l’augmentation du nombre de morts et des hospitalisations. Ainsi, en France au mois d’avril dernier, on avait enregistré une moyenne de 2 700 nouveaux cas, 2 600 entrées a l’hôpital et 391 morts par jour contre 2 400 nouveaux cas, 139 admissions à l’hôpital et 14 morts par jour en août. Mais, certains spécialistes ne concluent pas pour autant à l’affaiblissement de la maladie. Parce qu’il faut tenir compte du fait que de nos jours en France on teste presque vingt fois plus qu’au début de l’épidémie, soit 90 000 par jour fin août contre 5 000 tests mi-mars.

Autrement dit, plus il y a des tests de dépistage, plus on découvre de nouveaux cas. Mais ce qui est inquiétant, c’est que parallèlement le taux de positivité a augmenté dans ce pays européen, passant de 1% en juin à 3% de nos jours. Et en une semaine, les choses sont en train de basculer en France avec l’augmentation des cas sévères et des admissions en réanimation.

On espère de plus en plus que la mutation contribuera à induire à terme l'affaiblissement du virus Sars-Cov, puis sa disparition comme il en a été en 2003 pour le virus Sars-Cov, l’affaiblissement se traduisant par des formes de maladie moins graves que dans la première phase et peut-être l’immunisation des populations dont certaines ont été personnes infectées à leur insu. De toute façon, à l’heure actuelle, on ne possède aucune certitude sur cette question d’affaiblissement du virus.

Enfin, malgré tous les dégâts qu’on a enregistrés au cours des six derniers mois en France, on estime que seulement 9% de la population de l’hexagone serait immunisé contre la maladie.

Conclusion

Relativement à ce qu’on a pu constater dans plus d’une cinquantaine de pays qui ont beaucoup souffert du nouveau coronavirus, on peut considérer que Haïti a été « épargné » du Covid-19, malgré les immenses craintes que le monde entier avait affichées au départ. En dépit des équipements que le pays a pu acquérir au cours des cinq derniers mois, il ne possède pas à ce jour le minimum qu’il faudrait pour faire face à une accélération sérieuse de la pandémie avec un nombre important de cas sévères. Rien ne peut expliquer cette chance que nous avons eue jusque-là, quoique disent plus d’un évoquant, les uns un exceptionnalisme divin, les autres l’efficacité de la médecine traditionnelle. Rien n’indique d’ailleurs que la maladie ne se prépare pas pour frapper prochainement plus fort à la faveur d’une seconde vague qui pourrait être meurtrière d’autant qu’Haïti s’est ouvert de nouveau depuis plus de deux mois aux principales sources de contamination que sont la République dominicaine et les États-Unis. Il faut que les Haïtiens restent vigilants vis-à-vis de la pandémie, car même dans des pays qui ont redoublé de précautions comme Cuba et disposant d’un bon système sanitaire, les risques de l’expansion du Covid-19 planent de nouveau, faisant craindre le pire à court à court terme.

Jean SAINT-VIL
jeanssaint_vil@yahoo.fr




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