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« La jeunesse est le présent du pays », selon Etzer Émile

« La jeunesse est le présent du pays », selon Etzer Émile








Lors d’une conférence au profit des jeunes organisée au Ciné Triomphe, à Port-au-Prince, l’économiste Etzer Émile se dit contre cet adage : « La jeunesse est l’avenir du pays ». Selon lui, ce dicton inscrit l’implication de la jeunesse dans le futur alors que le pays se trouve actuellement dans un état lamentable. Pour l’auteur de « Haïti a choisi de devenir un pays pauvre, les vingt raisons qui le prouvent », la jeunesse a beaucoup de potentiels qu’elle ignore et l’on devrait dire : « la jeunesse est le présent du pays ».

Selon l’économiste Etzer Emile, l’objectif de cette conférence qui s’est tenue au Ciné Triomphe tout près du Champ-de-Mars par-devant un public abondant constitué de jeunes en majorité, c’est de faire en sorte que plus de jeunes ont une compréhension, une connaissance. L’auteur de « Haïti a choisi de devenir un pays pauvre, les vingt raisons qui le prouvent » a affirmé que si ces jeunes ont su et ont compris, ils vont être conscients, s’ils sont conscients, ils vont agir beaucoup mieux et changer la donne en Haïti.

Les jeunes sont nombreux et ont beaucoup de compétences, de potentiels, mais ils ne sont pas conscients de ces choses. Il compare la jeunesse du pays comme un cheval très fort attaché à une petite chaise en plastique, mais qui n’est pas conscient de sa véritable force. Selon lui, le cheval se trouve dans un environnement qui lui laisse croire qu’il n’a pas de potentiel. En effet, ajoute-t-il, c’est cela que l’environnement en Haïti laisse croire aux jeunes.

Cette phrase qu’on répète à longueur de journée en Haïti est négative selon l’économiste : « La jeunesse est l’avenir du pays ». Il s’explique : « À chaque fois que l’on prononce cette phrase, on inscrit l’implication de la jeunesse à l’avenir et qu’aujourd’hui ne doit pas l’intéresser ». Pour celui qui est fils de Pasteur, à chaque fois que l’on prononce cette phrase, c’est que ce moment présent n’est pas encore celui de la jeunesse dans les actions qu’elle devrait réaliser. Pour M. Émile, la jeunesse ne doit pas laisser ce temps aux anciens en attendant un autre temps, qui n’arriverait jamais.

Selon lui, il faut transformer cette phrase ainsi : « La jeunesse est le présent du pays ». « Comment puis-je avoir un avenir meilleur si je ne prends pas en charge le présent ? », s’interroge-t-il. M. Émile se questionne aussi sur comment vivre dans un pays meilleur en 2030 si aujourd’hui en tant que jeune on ne s’implique pas. De ce fait, il pense qu’il y a un ensemble de choses qui fait croire aux jeunes que les enjeux économiques ne les intéressent pas.

Un ensemble de jeunes, dit-il, pense que sur Youtube il existe seulement des musiques vidéos, sur Google, uniquement des choses en rapport avec le divertissement, à la radio, que des émissions musicales. « Il y a un ensemble de jeunes garçons qui comprennent qu’il y a deux types de débats qu’ils peuvent faire : parler de la femme et de football », lâche l’auteur avant d’ajouter que c’est parce que les enjeux ne les intéressent pas et qu’ils sont trop jeunes pour penser à la politique, l’économie, les questions environnementales et les élections. Etzer Emile indique que la raison qui fait que ces jeunes attendent l’avenir c’est parce qu’on leur à fait croire c’est là qu’ils peuvent y participer.

Pendant que les jeunes pensent qu’ils sont trop jeunes pour penser à l’avenir, ou au présent, soutient l’économiste, le constat d’échec est palpable sur tous les fronts, et ceci sur toute la ligne. Émile avance que jusqu’à nos jours, on n’a encore résolu aucun problème dans le pays. Et il cite, l’électricité, l’eau potable, la santé publique, la construction anarchique, le transport public (circulation), la question de déchets, la question économique, tous causent toujours problème. Ce qui fait que selon lui « La gloire et la fierté des Haïtiens sont obligées de se conjuguer au passé ».

M. Émile explique qu’on est fier de dire Dessalines et Pétion ont concocté l’indépendance, mais on a oublié que cela fait plus que 200 ans, et aujourd’hui on n’a pas fait mieux. Les Capois, évoque-t-il, sont fiers de dire que le Roi Henri Christophe avait construit la Citadelle La Ferrière, mais après on n’a pas fait mieux. « Nous sommes fiers de dire dans les années 1946-1950 que le président Dumarsais Estimé a fait le boulevard La Saline », raconte-t-il. Selon l’auteur, la fierté et la gloire du pays sont célébrées dans le passé et que ceci est le signe d’un pays qui ne progresse pas. « Un pays qui a progressé se voit dans son quotidien qui s’améliore sur tous les points ; transports publics, éducation, économie, etc. »

Prenant Haïti et Saint-Domingue qui a été au même niveau de développement économique en 1960 et tout à coup au cours de la conférence qui a eu lieu, samedi 7 septembre 2019, avec une salle bondée de participants et « boom », on a enregistré une petite coupure d’électricité. Quoique rétablie rapidement, ce qui a suscité la réaction plaisante de nombreuses personnes en indiquant : voilà le problème d’électricité dont vous étiez en train de parler !

L’on rappelle que cette conférence a été une initiative, entre autres, de Hult Prize, Athena Entrepreneurship School et rentre dans le cadre d’une série de conférences sur l’implication des jeunes dans le développement économique du pays animée par Etzer Émile partout dans le pays comme Les Cayes, Jérémie et Carrefour.

Wisly Bernard Jean-Baptiste



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