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« Konstitisyon m se kinanm » : Des fresques à Bourdon en parlent sur la nécessité de l’implication de tous les citoyens

« Konstitisyon m se kinanm » : Des fresques à Bourdon en parlent sur la nécessité de l’implication de tous les citoyens








La loi mère du pays est la constitution. Ainsi, dans le cadre de l’initiative citoyenne « Konstitisyon m se Kinanm » de l’agence Tap-Tap Communication en partenariat avec un trio de graffeurs, trois splendides graffitis ont été réalisés aux Cayes, au Cap-Haïtien et le dernier en date, à Port-au-Prince, sur la route de Bourdon en face du ministère de la Planification et de la Coopération externe. L’objectif de ces fresques, c’est de sensibiliser les citoyens aux enjeux de la révision de la Constitution.

S’il y a quelque chose qui se fait abuser à longueur de journée c’est la constitution haïtienne qui est la loi mère du pays. Face au contexte politique où la question de la réforme constitutionnelle se retrouve dans plusieurs débats, Tap-tap communication, une firme spécialisée dans le marketing social, le plaidoyer et la communication politique se met avec le « collectif Ras Pam », un trio de graffeurs, à savoir, Elysé Hamson (Assaf), Jerry Rosembert Moïse et Garry Francois, dans une initiative intitulée « Konstitisyonm se Kinam ».

En effet, ce projet vise à « sensibiliser l’opinion publique, à travers des supports audiovisuels, autour de la nécessité de garantir un processus participatif, transparent, transversal et citoyen pour toutes réformes ou révision de la Constitution de 1987 ». Également, cette initiative de réalisation de trois graffitis aux Cayes, au Cap-Haïtien et à Port-au-Prince (Bourdon), a comme ligne de mire d’assurer « la visibilité des initiatives des acteurs économiques et sociaux sur la question de la révision de la Constitution en offrant un espace d’expressions et d’échanges dédié à l’analyse et au contrôle de l’action des élus ».

Patrick Erwin Michel, officier de communication à Taptap Communication a indiqué, ce jeudi 22 août 2019 au journal, que l’opération consistant à réaliser des peintures murales est l’un des moyens de l’agence, pour sensibiliser la population sur l’amendement prochain de la constitution. « L’art c’est un moyen efficace pour trainer des messages forts, porteurs de changement et de revendications », dit-il tout en ajoutant que l’opération graffitis pour Port-au-Prince s’effectue au numéro 352 à Bourdon en face du ministère de la Planification. Toutefois, il laisse savoir qu’il y a d’autres moyens de sensibilisation à venir comme la réalisation de vidéos explicatives.

Plus loin, l’officier de communication a indiqué que c’est le même trio de graffeurs, Élysée Hamson (ASSAF), Jerry Rosembert Moïse et Garry François qui a réalisé les œuvres magistrales aux Cayes et au Cap-Haïtien. « Pour Les Cayes, dit-il, c’est à la rue Toussaint Louverture (kafou Orel) que les jolies fresques qui en parlent de la nécessité pour tous les citoyens de s’impliquer dans le processus de réforme constitutionnelle ont été réalisées. Quant au Cap-Haïtien, c’est sur le Boulevard ». Il a indiqué que la population locale de ces villes a eu la chance de participer dans la construction de ces œuvres en un geste symbolique.

Évidemment, les graffitis ne peuvent se faire partout et au bon vouloir. Pour cela, les artistes ainsi que l’officier de communication ont indiqué qu’ils ont fait les suivis auprès des mairies, de la police et des propriétaires pour l’obtention des autorisations. Pour chacune de ces œuvres, les artistes ont eu deux jours pour les réaliser. L’opération Graffiti pour les trois premières villes du pays s’est établie du 15 au 23 août 2019.

« Sur le plan visuel, c’est nous (le trio de graffeurs) qui portons le projet », a indiqué Elysé Hamson (Asaff), dessinateur, peintre, graffeur, designer et animateur d’art visuel. « Expliquer en image ce qu’est la constitution revient de notre attribution », raconte-t-il tout en soulignant que les travaux réalisés aux Cayes et au Cap-Haïtien ont été beaucoup appréciés. Tout comme ses frères du collectif, il se dit fier du projet.

« De nos jours, il y a beaucoup de points dans la constitution qu’on maltraite », lance tout de go Garry François faisant parti du trio de graffeurs illustrant le projet tout en ajoutant que certaines personnes y servent pour régler leurs affaires personnels. Dans les fresques de Bourdon, dit-il, Il y a deux mains comme dans les marionnettes qui se trouvent au-dessus de la constitution. Ce sont des mains qui manipulent des gens de la population en l’incitant à la violence, des classes politiques qui manœuvrent la constitution en leur faveur.

Ensuite, il y a deux personnes qui soufflent dans un lambi, une femme un homme rien pour dire non aux machistes. « Le Lambi est un symbole de rassemblement », explique l’artiste. Il y a un ensemble de paroles qui y sortent comme : « Konstitisyon m pa yon jwèt sispann jwe avè l ». Le souffle, la force, les paroles qui sortent du lambi vont venir avec un ciseau pour couper les fils de la marionnette, du processus de manipulation, explique-t-on. Pour M. François, c’est une façon de dire que la constitution est l’affaire de tout le monde.

Jerry Rosembert Moïse, de son côté, a tenu à expliquer que pour réaliser ses travaux imagés, les trois artistes ont dû s’asseoir ensemble pour se mettre d’accord sur un croquis exprimant l’idée principale : « Konstitisyon m se kinan m ». « Pendant nous sommes aux Cayes en train de peindre l’idée principale, les citoyens ont laissé savoir qu’ils ne sont pas du Cap, ils ont laissé savoir qu’il faut mettre, "konstitisyon m se pam", comme étant du Sud, raconte-t-il sur un ton plaisant avant d’indiquer qu’il était obligé de mettre l’idée centrale exigée par l’initiative.

Wisly Bernard Jean-Baptiste



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