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Ann Pale Seksyalite organise une 1ère foire sur la sexualité en Haïti

Ann Pale Seksyalite organise une 1ère foire sur la sexualité en Haïti








Pour la première fois en Haïti a eu lieu une foire sur la sexualité. Cette activité inédite a pris chair, le dimanche 14 avril 2019, à Yanvalou café-bar-restaurant, sous la direction de l’association Ann Pale Seksyalite (APS), un nom assez significatif. À cet évènement qui a consacré le premier anniversaire de cette plateforme, plusieurs associations travaillant dans le domaine de la sexualité en Haïti ont mis leurs empreintes dans un thème commun « Fanm kou gason, ansanm pou yon seksyalite responsab ak epanouyi ».

En vue d’éliminer certains clichés liés à la sexualité, l’association Ann pale Seksyalite a organisé, pour la première fois en Haïti, une grande foire sur la sexualité. Celle-ci a mis en exposition des ouvrages axés spécifiquement sur le sexe et la sexualité, comme Encyclopédie de la vie sexuelle, Les femmes et leur sexe, Endurance sexuelle, Des itinéraires sur la sexualité chez les enfants et tant d’autres. Cette activité a été aussi animée par trois panels contournant autour de la sexualité dans toutes ses expressions.

Il y a eu aussi des expositions de photos d’hommes et femmes complètement dénudés, des photos placées sur les murs et aussi présentées en numérique.

Guindo Jean Emile, un producteur de boissons aphrodisiaques, a aussi exposé deux boissons à base de clairin St-Michel et du Rhum Barbancourt blanc. « Joli bwa » produit à base de curcuma (safran) et du grenadia pour les hommes et « marijann » produit à base de cerise et du curcuma pour les femmes. Le producteur, qui pense seulement apporter des échantillons pour la promotion de ses boissons, a été surpris de constater que les participants à cette activité ont été plus qu’assoiffés de ce genre de boissons. Selon ce que raconte Guindo Jean Emile, ce sont des liqueurs qui agissent sur l’organisme et qui sont tellement excitants qu’on ne doit pas les consommer sans prévoir un rendez-vous sexuel.

L’association KOURAJ, une association qui lutte pour le respect des droits humains, en particulier pour les droits de la communauté LGBTI en Haïti, était de la partie. Cette association s’est présentée avec des expositions comme des moules, des lubrifiants, des préservatifs. Ils ont, en outre, utilisé les moules comme modèle de formation pour aider ceux qui ne savent pas utiliser un préservatif. Ils ont aussi distribué des condoms en quantité. Selon la déclaration d’un membre de cette association, leur objectif c’est de lutter pour le droit des homosexuels, des bisexuels, des transgenres, etc., que notre société cesse de les lapider et de les traiter comme des « choses répugnantes ». Par ailleurs, il affirme que la distribution des préservatifs est dans l’idée de protéger les personnes LGBTI contre les IST, car, selon lui, comparativement aux hétéros ces gens sont beaucoup plus vulnérables aux infections.

OHMASS, pour sa part, a participé avec sa campagne de sensibilisation dénommé « Djanm », une association qui consiste à sensibiliser les jeunes de 15 ans et plus sur la planification familiale. L’idée est de les inculquer toutes les méthodes afin d’éviter les grossesses précoces ou non désirées.

IYAFP, une organisation qui s’étend sur 186 pays, a été représentée en Haïti dans cette foire sur la sexualité par Bouzi Sounderl. Elle vise à faire la promotion pour le droit des jeunes en matière de sexualité. Selon la représentante, les hommes doivent apprendre à connaître et apprécier leur corps comme les femmes. Elle a eu en exposition des images dénudées des deux sexes, des moules, des comprimés contraceptifs, des images accompagnées de quelques mots écrits en grande lettre pour présenter l’itinéraire de la pratique sexuelle. L’on a pu lire « consentement sexuel, orientation sexuelle, responsabilité sexuelle, contraception immédiate, condoms, planification sexuelle, etc. »

Hormis toutes ces expositions, AHF Haïti a été au service de tous ceux et toutes celles qui voulaient passer un test de VIH.

La place revient maintenant aux trois panels de discussions

Le premier panel a été animé par Fabiola Coupet (Bibi nèt al kole) accompagnée de trois intervenants, la psychologue Johanne Landrin, la blogueuse Fodlyne André, et David Jean Simon pour développer la thématique « Edikasyon seksyèl ». En 90 minutes, ils ont mis l’accent sur l’éducation sexuelle des enfants au foyer et à l’école. Ils ont fait la différence entre sexe et sexualité. Les intervenants voulaient surtout exhorter les parents à entreprendre des discussions sexuelles avec leurs enfants en utilisant des mots appropriés. Ils invitent les parents à apprendre aux enfants à connaître les parties les plus sensibles de leur corps et leur utilité afin de pouvoir dire non aux attouchements sexuels de ceux qui peuvent avoir l’idée de les abuser depuis leur tendre enfance.

Selon la psychologue, la sexualité se développe dès la naissance, les enfants ont des parties sensibles qu’ils doivent absolument apprendre à connaître. Les intervenants continuent pour demander aux parents de faire de leurs enfants leurs amis, de les écouter à chaque fois qu’ils veulent se confier à eux. Pour eux, toute la communauté contribue à l’éducation sexuelle de l’enfant, mais la plus grande responsabilité revient aux parents.

Pour Fodlyne André, il est conseillé de faire l’éducation sexuelle des enfants dès le plus jeune âge. Il suffit qu’ils comprennent les thèmes. Le langage utilisé pour faire l’éducation sexuelle des enfants à l’école et à la maison sont le plus souvent différent et qui, selon les intervenants, provoque certaines incompréhensions chez les enfants.

Le deuxième panel a été animé autour du thème « Oryantasyon seksyèl ». Pour les intervenants, l’orientation sexuelle est personnelle, les parents ou la société ne peuvent pas orienter quelqu’un sexuellement. Valery Vilain, représenté comme homosexuel autour de cette table, a affirmé que l’orientation sexuelle n’est pas une question de choix, c’est plus fort que la personne en question et on ne peut pas lutter contre cela. Pour lui, c’est à la personne d’apprendre à connaître qui elle est, et de s’orienter sexuellement. Valery ne voit pas une différence entre l’orientation sexuelle des hétérosexuels et celle des homosexuels.

Le troisième et dernier panel a été animé autour du thème « Konsantman ». Comment comprendre le consentement sexuel, comment éviter d’avoir des relations sexuelles sans consentement. Il était évident pour les intervenants de parler des relations sexuelles sans consentement chez des personnes mariées. Les risques à éviter, etc.

La plateforme Ann pale seksyalite (APS) a organisé cette activité après avoir constaté de nombreuses lacunes chez les jeunes sur la sexualité et qui ne savent pas à quelle organisation ou institution se confier. Cet évènement a été une offre de formation et d’information au grand public sur le sexe et la sexualité dont bon nombre de gens ont toujours eu peur de parler.

Rose Karlande Dérosier



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