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Migration volontaire ou forcée : quelle est la situation des Haïtiens qui partent ?

Migration volontaire ou forcée : quelle est la situation des Haïtiens qui partent ?








Loin d’animer toute intention de vouloir retracer l’histoire migratoire des Haïtiens qui font le déplacement pour d’autres cieux. Toutefois, il faut admettre dès le départ que la migration est un phénomène humain complexe. Pour en comprendre les causes, il est indispensable de l’étudier avec l’état de développement des sociétés de départ et de destination. Même si les relations entre migration et développement sont complexes, dans le sens où la migration n’est pas simplement la conséquence directe de la pauvreté, la migration est toujours corrélée à l’état de développement des sociétés. En conséquence, il est difficile de comprendre la migration sans envisager les dynamiques plus larges de changement social dans les sociétés de départ et de résidence des migrants.

Durant les deux dernières décennies, la question des migrations a incontestablement pris une place croissante dans les agendas politiques d’une majorité d’États sur la planète. Les médias s’en font largement l’écho et les sociétés civiles ne manquent pas elles aussi de réagir. Malheureusement, Haïti fait partie de la minorité d’États qui effectuent des débats sur la migration internationale alors que nous sommes fortement concernés. Or, il s’agit d’un phénomène qui laisse peu d’individus dans l’indifférence. Les occasions de se confronter au phénomène sont nombreuses, que l’on soit migrant soi-même ou non-migrant vivant dans des sociétés où les effets sociaux des migrations sont visibles et perceptibles au quotidien.

En fait, l’on renvoie la migration volontaire à des mouvements de population liés à des opportunités économiques (recherche d’emploi, à des projets familiaux (mariage entre des individus de nationalités différentes, à des projets éducatifs (volonté de poursuite d’un cursus universitaire dans un autre pays. Cependant, la migration forcée, elle, renvoie à la nécessité pour des individus de se déplacer pour des raisons sécuritaires, environnementales et politiques, raisons qui les obligent à chercher une protection à l’intérieur ou à l’extérieur de leur État de résidence. En ce qui concerne les Haïtiens qui partent, au-delà des opportunités économiques et autres, il y a d’abord et surtout ; la corruption, la misère abjecte, le désespoir total, l’insécurité grandissante, l’inflation, le chômage, l’insouciance et le refus catégorique des gouvernants à prendre des politiques publiques pouvant apporter des solutions créatrices aux grands maux, qui les forcent considérablement à risquer leur vie au péril. Même arrivée à destination, certaines fois, leur condition d’existence ne s’améliore pas pour autant, ex. le cas du Chili. Donc, sans langue de bois, les vingt-huit Haïtiens retrouvés noyés après le naufrage de leur embarcation au large des Bahamas sont des assassinés.

Malgré qu’Haïti s’écarte délibérément, de plus en plus, des nouvelles dynamiques mondiales, il n’en demeure pas moins que, le phénomène de la migration s’impose comme réalité incontestable puisqu’elle affecte potentiellement toutes les dimensions de la vie en société, certains auteurs n’ont pas hésité à la qualifier de « fait social total ». Ses conséquences peuvent être observées au niveau macro (ex. flux d’entrées et de sorties de personnes entre États), méso (ex. participation des migrants au marché du travail) et micro (ex. transformation de la composition sociologique de certains quartiers urbains avec la migration internationale). Fort de toutes ces conséquences, la migration est politisée et est devenue soudainement un instrument politique d’extrême droite en Europe, au Brésil et au Chili. Elle est également un instrument politique pour Donald Trump qui veut à tout prix ériger un mur entre les frontières américano-mexicaines. À rappeler que les pays tels : Brésil, Chili et États-Unis où émigrent une forte majorité d’Haïtiens n’ont pas approuvé à Marrakech le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Pourquoi ? À vous de faire ce petit jeu intellectuel !

En effet, les questions que pose la migration dans les sociétés d’origine que d’arrivées — sont la source de nombreux travaux scientifiques pour faciliter une bonne appréhension de la complexité du phénomène. Malheureusement, une fois de plus, comme bon nombre d’importantes questions ; la migration ne constitue point une préoccupation pour l’État haïtien et la société civile. Bref, les Haïtiens sont forcés de partir contre tous les dangers potentiels, s’ils veulent avoir véritablement un mieux-être.

Witzer MESADIEU,
Politologue et Bachelier en Droit
MESADIEU Witzer, graduated in Political Science and Bachelor in Law
CEO of Impact Group Consulting and Strategies



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