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Port-de-Paix : atelier sur les violences basées sur le sexe et le genre

Port-de-Paix : atelier sur les violences basées sur le sexe et le genre








La MINUJUST, l’Unité de lutte contre les crimes sexuels de la PNH et l’École de la magistrature ont organisé, à l’hôtel Breeze marina de Port-de-Paix, un atelier de réflexion sur les violences basées sur le sexe et le genre, du huit (8) au neuf (9) janvier 2019. Cette activité ayant réuni pour la plupart les représentants de la PNH, de la Justice, des Églises protestantes, des collectivités territoriales et des organisations de la société civile de Port-de-Paix, a été déroulé sur plusieurs thématiques différentes, dont les approches socioculturelles sur le genre et le sexe, le cheminement de la procédure en cas de violences sexuelles/l’importance de la prise en charge des victimes, survol de la législation haïtienne sur les violences basées sur le genre et le profil des suspects, selon l’inspecteur principal de police Séraphin Chéry, responsable de l’ULCS/PNH.

Cette activité qui s’est déjà réalisée un peu partout à travers le pays est inscrite dans le cadre d’une campagne de sensibilisation visant à conscientiser plus de gens sur les violences faites à l’égard des femmes, d’après Me Maguy Florestal, directrice des études à l’École de la magistrature. « Nous sommes convaincus que la justice et la police à elles seules ne peuvent résoudre les problèmes de violence auxquels sont confrontées les femmes haïtiennes. D’où l’importance d’impliquer d’autres acteurs dans la lutte » , a précisé la juge Maguy Florestal. Toutefois, elle se montre consciente qu’il est impossible d’éradiquer ce fléau (violences contre les femmes), mais à force de sensibiliser les principaux acteurs de la société civile sur les graves conséquences qu’engendrent les crimes sexuels sur l’ensemble de la société, on finira par diminuer ce phénomène suscitant parfois, d’indignation et la peur chez les femmes, selon les propos du juge Maguy Florestal.

En ce qui a trait aux différentes formes de violences contre les femmes, Haïti est membre signataire de diverses conventions internationales, dont la plus récente, la convention interaméricaine sur la prévention, la sanction et l’élimination de la violence contre les femmes (Convention of Belem do Para), adoptée en juin 1994. Et en dépit des autres lois en vigueur traitant la question de crimes contre les femmes, il paraît, cependant, que la société haïtienne en générale continue à banaliser les violences basées sur le genre et le sexe, d’après Me Maguy. « On a toujours tendance à minimiser les abus auxquels certaines femmes sont l’objet, malgré les prévisions légales qui y sont relatives », a déclaré la directrice de l’École de la magistrature, soulignant toutefois, qu’il y a une légère considération, mais la grande majorité reste encore sceptique et loin de la conscience.

Après cet atelier de débats et d’échanges, les organisateurs attendent que l’Évangile contre la violence à l’égard des femmes répande un peu partout à travers le département du Nord-Ouest, notamment. C’est pourquoi les participants auront à leur tour à dupliquer les informations et les formations reçues durant ces deux jours, dans leurs secteurs d’activités respectifs de manière à ce que les concernés soient réellement touchés, si l’on veut croire les déclarations de l’inspecteur principal de police Séraphin Chéry. « Nous voulons que tout le monde s’engage dans cette bataille pour le respect des droits des femmes, et pour permettre à tout un chacun de reconnaître qu’il est anormal de continuer à martyriser, à brutaliser les femmes et les filles », s’exclame l’officier de police.

Parallèlement, il importe de souligner que la bataille contre la violence sexuelle basée sur le genre doit être renforcée d’une part, mais la prise en charge des victimes est une préoccupation, d’autre part. Dans les milieux ruraux surtout, où la carence des services médicaux est de taille, la situation se complique davantage. Car la victime devrait être capable de recevoir des soins dans les heures qui suivent le forfait. Malheureusement, l’État n’est pas encore en mesure de répondre à ce besoin fondamental des femmes victimes de la violence basée sur le genre. L’autre point à faire remarquer, c’est le comportement silencieux de certaines victimes ayant peur de porter plainte, sous prétexte parfois de ne pas avilir les agresseurs qui sont leurs maris ou concubins. Il faudrait, en ce sens, les encourager à dénoncer les actes de violence perpétrés contre elles-mêmes, et que la justice sévir contre les auteurs, a en croire certains participants à cet atelier.

Marc Edy Ossam



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