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Les déchets solides : un danger pour Haïti, une source de revenus pour d’autres pays

Les déchets solides : un danger pour Haïti, une source de revenus pour d’autres pays








Cet article a pour objectif d’analyser les différents aspects de la question de gestion des déchets solides dans les villes d’Haïti. En ce sens, nous allons montrer comment ces déchets représentent une menace pour l’environnement et la santé de la population en Haïti. Cette menace peut être expliquée à cause de l’inexistence d’une politique qui vise une gestion adéquate des déchets. Pourtant, dans d’autres pays, les déchets sont considérés comme des sources de revenus et peuvent être réutilisés à d’autres fins. Pour une meilleure compréhension de cette problématique, nous analysons dans ce présent article le mode de traitement de déchets dans certains pays ainsi que les résultats obtenus par rapport à ce qu’on fait en Haïti en termes de gestion de déchets.

La gestion des déchets en Haïti, un défi pour le Gouvernement

Selon le géographe Milton Santos (2003), l’espace géographique fonctionne comme un ensemble et il existe une interconnexion entre l’homme et l’environnement. Pour l’auteur, chaque génération a sa façon d’utiliser les ressources disponibles de son territoire, selon ses besoins et les outils disponibles. La gestion et la protection de l’environnement sont des thèmes présents dans presque tous les débats, car de nos jours l’utilisation intensive et abusive des ressources et le rejet des déchets dans l’environnement contribuent à détériorer notre milieu. Face à cette situation, nous constatons des impacts négatifs sur la société, la santé humaine, l’économie, les espèces vivantes, la production alimentaire, le tourisme et l’écologie.

La croissance démographique dans les villes des pays sous-développés accroît les difficultés de la vie quotidienne. On constate que la question de l’accroissement de la population est directement liée à l’augmentation des déchets urbains solides et que les problèmes environnementaux sont ressentis plus par ces types de déchets que par ceux liquides et gazeux. Ainsi, les problèmes liés à la gestion et au traitement des déchets solides dans le monde globalisé sont-ils très vastes et présents principalement dans les villes des pays en voie de développement. C’est le cas de certains pays de l’Amérique latine, d’Afrique, des Caraïbes et d’Asie.

La règle des 3 R (réduire, recycler et réutiliser) est l’une des méthodes les plus utilisées dans la lutte pour la réduction des déchets dans le monde. Selon le dernier rapport de la Banque mondiale (2015), Haïti est le pays où le taux de collecte de déchets solides est le plus bas de la région d’Amérique latine et des Caraïbes. Mais dans la pratique, la gestion des déchets dans quel que soit le pays est un sacrifice, car chaque type de déchet nécessite un type de traitement différent visant la réduction des impacts qui peuvent entraîner des conséquences négatives durables. Malheureusement, Haïti ne dispose pas encore d’un service de collecte adéquat ou moderne et de gestion qui peut séparer et traiter correctement les déchets solides du lieu de production à leur destination finale.

Les déchets solides peuvent prendre plusieurs décennies pour se décomposer dans la nature. Il est donc extrêmement important que les déchets, en particulier les déchets inorganiques ne soient pas jetés dans les rivières et les mers ce qui se fait généralement en Haïti. Étant donné que le temps de décomposition de ces matériaux est élevé, le sol peut être contaminé pendant une longue période. Plus le temps de décomposition est long, plus les dommages sont importants. Le tableau ci-dessous montre le temps de décomposition de certains matériaux.

Les institutions responsables sont incapables de répondre aux exigences pour la gestion des déchets produits dans le pays. Selon Christina (2018), la région métropolitaine de Port-Au- Prince produit en moyenne entre 6,000 et 8,000 tonnes de déchets chaque jour. De nos jours, il est très courant de rencontrer des montagnes de déchets dans les rues, en particulier dans la capitale du pays. L’incinération des déchets est l’une des méthodes les plus utilisées en Haïti pour éliminer ces ordures. Cependant l’incinération et la combustion de déchets à l’air libre sont des sources d’émission de gaz à effet de serre qui représente un danger pour l’environnement et la santé de la population. Pourtant, d’autres pays tels le Brésil, les États- Unis d’Amérique, la Tanzanie pour ne citer que ceux-là utilisent leurs déchets à des fins lucratives.

Modèle de gestion de déchet utilisé dans certains pays et leurs avantages

Selon l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE, 2013), il existe plusieurs façons de traiter les déchets solides dans le monde, dont les principales sont : le recyclage, les décharges, l’incinération, le compostage et d’autres. Chaque pays adopte la forme qui présente le meilleur avantage socio-économique et environnemental. Dans l’État de Californie aux États-Unis, l’incinération est l’une des méthodes utilisées dans la gestion des déchets. C’est un processus où l’on fait brûler les déchets (combustion contrôlée, c’est-à-dire, de manière à éviter la libération de gaz carbonique dans l’atmosphère). Ainsi, ce processus produit de l’énergie thermique (utilisée pour le chauffage des maisons pendant l’hiver), qui peut ensuite transformer en énergie électrique.

Le Brésil pratique aussi l’incinération pour transformer des déchets en électricité. Selon IBGE (2010), l’incinération des déchets présente de grands avantages pour la protection de l’environnement et peut réduire de 90 % la quantité de déchets dans une décharge. Avec 32 incinérateurs, la Suède, pour sa part, figure parmi les pays du monde producteurs de l’électricité à partir de déchets, chauffant près d’un million de logements et apportant de l’électricité à 250 000 personnes. La Suède reçoit des ordures de la Roumanie, de la Bulgarie et de l’Italie, le gouvernement est prêt à importer des déchets venant des États-Unis, une fois que le transport est relativement à bon marché. La Suède produit 4,4 millions de tonnes de déchets par an, seulement 1 % est envoyé aux décharges, les 99 % restants étant recyclés ou convertis en énergie électrique (CHARLES, 2017).

La Tanzanie (un pays d’Afrique de l’Est) est une région très pauvre et la situation sanitaire est précaire. Dans le but de protéger son environnement, la société ECOACT (2014) a mis en place un programme de sensibilisation de la population au respect de l’environnement. L’idée est que le citoyen fournit six (6) kilos de résidus en plastique par semaine en échange d’un an d’assurance médicale pour un enfant. Selon Mwijage, le directeur exécutif de la société, une grande partie des déchets collectés sont recyclés, se transformant en bois plastique, en matériaux de construction et de fabrication.

Au Brésil ainsi que dans d’autres pays de l’Amérique latine, la collecte des résidus solides pour le recyclage est considérée comme un moyen de subsistance. Les pays émergents ont globalement des taux de collecte très élevés grâce au commerce informel des déchets solides, c’est-à-dire, des gens qui ramassent les ordures dans les rues pour gagner leur vie. On les appelle « catadores » au Brésil. Le résultat de l’activité catadore n’est bénéfique au pays que sur le plan économique et environnemental, car c’est un taux de collecte hallucinant, soit 98,4 % pour les canettes par exemple.

Considérations finales et recommandation

Haïti est classée au rang des pays présentant des indices de vulnérabilités socio-environnementales les plus élevés du continent Amérique. Dans la pratique, le pays ne dispose pas d’un système de traitement des déchets solides adéquat. Les impacts environnementaux causés par les activités économiques augmentent la génération de déchets solides dans l’espace urbain. Le séisme de 2010, qui a dévasté la capitale d’Haïti, a aggravé le scénario de gestion de déchet qui constituait déjà un défi majeur pour le pays.

Parmi les modes de traitement des déchets solides adoptées dans différents pays, le compostage peut constituer un bon exemple pour Haïti considérée comme un pays agricole. Le composé organique généré par ce processus de dégradation en tant que matériau stable, riche en substances humiques et en nutriments minéraux qui peuvent être utilisés dans l’agriculture. Le recyclage et l’incinération peuvent également s’appliquer, étant donné que ces pratiques visent à protéger l’environnement et la santé humaine contre les effets négatifs de déchets solides non traités. En fin, Haïti a besoin d’entreprises spécialisées dans le traitement et la transformation des déchets, sans oublier un programme d’éducation environnementale dans le but de sensibiliser la population sur les conséquences de la dégradation de l’environnement urbain.

Ralph Charles Géographe



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