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Nul !

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Dans une situation normale, un gouvernement ayant une majorité au Parlement courtise les parlementaires de l’opposition, essaie de les convaincre pour que son action ait plus de force. Chez nous, le pouvoir doit chaque fois négocier avec sa propre majorité en puisant dans la caisse publique et en rameutant les grands patrons de l’équipe en place pour rassembler les sommes demandées. On comprend bien que la démocratie chez nous n’est qu’une farce dans cet univers de bandits légaux. Au départ, Jovenel Moise n’avait aucune majorité. Comme d’autres présidents avant lui. Le président doit se construire une majorité en payant, en distribuant des faveurs sous forme de ministères, de directions générales. Finalement, on arrive à un glissement du pouvoir réel du Palais national au Parlement. À moins qu’on ne soit en plein dans un jeu de dupes, où les bandits légaux ont toutes les cartes en mains pour continuer à faire main basse sur les ressources de la nation.

Alors qu’au niveau national les critiques fusent de toutes parts contre l’incurie d’un Exécutif incapable de prendre la moindre mesure pour redresser la situation économique et sécuritaire, les alliés du pouvoir au Parlement sont décidés à continuer à piloter la barque vers les récifs. Dos au mur devant une population qui les rejette, n’ayant rien devant eux comme perspectives après la fin de leur mandat, il ne reste plus à ces parlementaires qu’à engranger le plus possible avant la fermeture des portes.

Le président de la République, lui, certainement sous les conseils de ses mentors étrangers, parle, s’affiche le moins possible. Ayant constaté son impopularité, la haine même qu’il suscite au sein de la population, on lui a recommandé le profil bas pour ne pas envenimer la situation. Maintenant pour le secteur au pouvoir, l’objectif est d’arriver à la fin du mandat de Jovenel Moise dans les conditions que l’on sait pour qu’une élection truquée avec un absentéisme provoqué permette une autre arnaque sur le dos de la nation, arnaque qui sera reconnue, encouragée, par les étrangers que l’on connait.

Car arnaque il y a bien eue. La raison de la colère de la population est qu’elle se rend compte qu’on lui a effrontément menti. Les politiciens mentent c’est vrai, mais de cette manière on n’a rarement vu pareille chose dans l’histoire nationale. Le champ de bananes qui disparait soudain alors que son propriétaire est en situation justement de faire fructifier son commerce est un cas d’école. L’électricité 24 h sur 24 ! Les stades ! On a vu encore comment un ex Premier ministre a agressé une population encore sur la question alors que faisant partie de la jet set mondiale, il est en première loge pour savoir ce que c’est qu’un stade de football moderne.

Comment peut-on faire preuve d’autant d’inconscience quand un pays, une population, se trouve dans une telle situation de désespoir ? Que ressent-on au fond de soi quand ces dizaines de milliers de jeunes se retrouvent sans avenir alors qu’il y a là certainement des talents pour permettre à la nation de remonter la pente ? Quand des bandits prennent en otage des quartiers même du point de vue de ce secteur politique se pa moun tout bon ki rete ladan yo ? On a tout connu dans ce pays, mais jamais un pouvoir aussi inconscient, aussi nul.

Gary Victor



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