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Les situations dangereuses

Les situations dangereuses








Les images de l’Archipel des Bahamas passé à la moulinette par l’ouragan Dorian avec des vents soufflant à près de trois cents kilomètres-heure interpellent les Haïtiens partagés entre les sentiments de compassion et de soulagement. Les raisons de se sentir concernés sont nombreuses. Les Bahamas et la Floride sont des terres d’accueil de larges communautés d’Haïtiens, et il va sans dire qu’elles sont parmi les plus vulnérables. Mais surtout, l’événement dévastateur aurait pu se produire sur le territoire haïtien. Et, il est une évidence que la grande fragilité physique et politique du pays prouve que seule la chance a pu nous protéger du spectre de l’apocalypse.

En se basant sur les insuffisances de la capacité d’anticipation des catastrophes des pouvoirs publics et de la population, il y a vraiment de quoi s’estimer chanceux d’avoir été épargné par la furie de Dorian. Pour ceux qui ont vécu le tremblement de terre du 12 janvier 2010, ils peuvent décrire la douleur des sinistrés dans un pays où il est difficile d’organiser les secours de manière efficace.

Le président Jovenel Moise a dû, en guise d’Actions de grâce, se signer trois fois ou jeter trois gouttes d’eau au moment de rédiger une note numérique de sympathie au lieu de se prendre la tête dans la gestion impossible d’une crise immense. Le président s’est contenté de tweeter « Nos prières et nos pensées positives vont au peuple bahaméen et à son gouvernement, la communauté haïtienne qui se trouve sur ces îles peut être rassurée de notre entière solidarité et de notre sollicitude en ces moments de dures épreuves. » C’est déjà mieux que de devoir sortir les vieilles bottes, présider des réunions de crise avec deux gouvernements, compter les morts et évaluer l’étendue des dégâts après le passage d’un ouragan qui a tout pour marquer l’histoire des évènements hydrométéorologiques catastrophiques de la région.

L’ouragan Dorian se dirige sur la Floride avec la même intensité qu’il a balayé les Bahamas et voilà qu’un pan de la population, en colère contre la gestion approximative de la pénurie de carburant, a décidé de paralyser la zone métropolitaine. L’expérience nous a appris que les insurrections populaires, quand elles sont sincères, sont plus redoutables que les impacts des menaces naturelles.

A une semaine de la rentrée des classes, sur fond d’inflation non maitrisée et d’insécurité arrogante, la crise risque de devenir multiforme si la rue y met du sien. Et, peu importe l’origine, les intentions et la durée d’un « pays lock », les impacts sur la stabilité d’un pays, presqu’un vœu pieux, seront énormes. Aujourd’hui, la Police nationale d’Haïti fait la chasse aux bandits au sud de la capitale. Demain, le gouvernement nommé, loin dans la hiérarchie des sujets chauds, tentera de composter son ticket à la Chambre des députés. Dimanche, l’opposition, réconciliée, paraît-il, avec elle-même, promet de verser de l’huile sur le feu.

Haïti est un pays survulnérable. Les catastrophes, d’où qu’elles surviennent, prennent de la consistance dans la désorganisation du système.

Jean-Euphèle Milcé



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