S'identifier Contact Avis
 
30.39° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
Préoccupations!

Préoccupations!








La violence et ses manifestations les plus pernicieuses se sont bien placées au centre des toutes les préoccupations des citoyens, peu importe où ils se trouvent sur le territoire national. Nous avons tous conscience de l’impuissance des structures en charge de la gestion de l’ordre public, mais nous avons encore plus peur. Il est évident que la vie de Kendi Zidor, le plus jeune éditorialiste du journal Le National victime d’une tentative d’assassinat mardi soir, n’a pas plus de prix que celles des populations de La Saline, de Martissant, de Carrefour-Feuilles, mais la menace n’a jamais été aussi avérée.

Personne ne dira le contraire : la Police manque outrageusement de moyens. Toutefois, l’attitude passive de la Justice, l’indécence des démonstrations de la loi du plus fort et la complaisance dans le sentiment d’impunité ne mentent pas sur la détermination d’un secteur de fort de plonger le pays dans l’irrémédiable chaos. Et, ce ne sont pas les dénonciations et les descriptions de l’horreur qui manquent. La presse, les organismes de défense des libertés civiques, la population ne trouvent plus les mots pour attirer l’attention des autorités sur l’inacceptable. Et, l’Organisation des Nations unies, malgré sa maitrise parfaite du silence eu égard des agissements douteux et des bouffonneries des gouvernants qu’elle tolère, a compris qu’il était temps de rendre publiques ses préoccupations. Antonio Gúterres, dans son rapport du 17 juillet 2019, au Conseil de sécurité sur la situation haïtienne, a recommandé au pouvoir haïtien de « traduire en justice les responsables » du massacre de novembre 2018 dans le quartier de La Saline. Or, des policiers et un représentant de la présidence y sont indexés.

Et, de manière non moins exceptionnelle, le secrétaire général de l’ONU a cru bon de tancer le pouvoir pour qu’il « engage instamment toutes les parties prenantes à surmonter leurs différences afin de permettre la mise en place d’un gouvernement qui soit prêt à se concentrer sur les réformes structurelles et la fourniture de services à la population d’Haïti, qui est la première à souffrir de l’instabilité ambiante ».

Il manque certainement de courage, de volonté et d’abnégation de la part des autorités pour rétablir l’autorité de l’État. Mais comme un signe des temps, l’Organisation des Nations unies demande au pouvoir d’assumer ses responsabilités. La méthode est certes brutale, mais nous ne pouvons plus faire semblant d’ignorer nos faillites. Le pays aurait aimé entretenir ses morts, victimes de massacres, dans le secret. Il ne fait pas de doute que les autorités sont appelées à arrêter la complaisance et la complicité pour éviter le pourrissement irréversible de la situation.

Pour Kendi Zidor, l’éditorialiste du National, pour les victimes de La Saline et pour un peuple pris en otage, il est temps d’arrêter de cacher l’indicible.

Le secrétaire général des Nations unies est préoccupé, nous le sommes encore plus.

Jean-Euphèle Milcé



Articles connexes


Afficher plus [904]