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Faire le deuil

Faire le deuil








Il n’est pas toujours évident de faire le lien entre un événement sportif et les crises qui secouent la politique intérieure d’un pays. Mais ces derniers temps, on se rend compte que le football, très prisé en Haïti, a servi, dans un sens ou un autre, de causes en rapport avec la gestion de la chose publique. Au-delà du sens de l’honneur et de la détermination dont ont fait montre les athlètes haïtiens lors de leur participation à la Gold Cup, le cheminement des Grenadiers s’avère édifiant à bien des égards.

Se réveiller après un match de foot où sa sélection nationale a subi un penalty mystérieux révèle à quel point l’injustice est amère. Les Haïtiens sont déçus, terrifiés et mortifiés. Mais l’équipe nationale est sortie la tête haute de la Gold Cup pour avoir défendu avec brio la fierté du drapeau.

Les images des joueurs qui se motivent les un des autres dans les vestiaires montrent que tout n’est pas perdu pour Haïti. Ce pays peut encore racheter sa dignité souillée par des élites inconscientes. Les milliers de drapeaux et t-shirts portés par les communautés haïtiennes sont une preuve que la nation haïtienne existe encore. L’expérience de la Gold Cup dans son ensemble démontre que les fils et filles du pays ont besoin d’un motif de fierté qu’ils sont prêts à construire ensemble.

Le mauvais coup de sifflet du Qatari a anéanti l’espoir des Haïtiens de voir leur équipe en finale. Abdulrahman Al Jassim est sans doute l’homme le plus détesté par les Haïtiens pendant les dernières 24 heures. Il vient d’ajouter son nom à la liste déjà longue de ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont enlevé le sourire du visage de tout le peuple. L’arbitre a rejoint les auteurs de crimes financiers, les juges électoraux malhonnêtes, les racketteurs de l’appareil judiciaire et les autres magouilleurs de tout poil qui retardent la marche du pays vers le progrès.

Les théoriciens qui ont réfléchi sur la façon de faire un deuil réussi ont conclu qu’il faut accepter sa perte et dédier ses énergies à des projets réconfortants. Le sort subi par les Grenadiers dans la soirée du 2 juillet 2019 après leur parcours exemplaire dans la coupe dorée aura-t-il l’effet de fouetter l’orgueil des décideurs qui n’ont toujours pas su comment concevoir et mettre en œuvre une politique sportive ?

Les hommes d’affaires qui attendaient que l’équipe arrive en finale pour aller prendre des selfies avec les joueurs, seront-ils désormais conscients de leur responsabilité sociale envers le sport haïtien ?

Et, les citoyens retiendront-ils enfin que leur amour pour le sport ne peut se résumer à se procurer des t-shirts et à aduler les stars ? On ne peut pas aimer le football sans réclamer des autorités qu’elles construisent de vrais stades et qu’elles mettent fin au clientélisme qui empêche le développement du sport. Il est grand temps de faire des choix responsables qui feront bannir les leaders corrompus et sans vision des commandes du pays. Ainsi, fera-t-on justice aux Grenadiers et à nous-mêmes.

Kendi Zidor



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