S'identifier Contact Avis
 
28.6° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
La pourriture

La pourriture








L’enrichissement illicite n’a jamais été un délit chez nous. Au contraire, il est même admis et recommandé. Dans une famille où l’un des membres accède à une haute fonction, tout le monde s’attend à ce qu’il s’enrichisse et fasse profiter ses proches et ses amis. L’État a toujours été le lieu où l’enrichissement illicite était le plus facile. Certes, la compétition y est féroce et le temps que durera un haut fonctionnaire à certains postes n’est jamais connu. Cette précarité augmente l’appétit des fauves, car alors il faut qu’on engrange vite pour éviter ensuite la période des vaches maigres. Dilapidation, détournement des fonds publics et de l’aide internationale. Toute une classe d’hommes et de femmes est devenue experte dans ces pratiques à la barbe même des étrangers donneurs de leçons souvent complices derrière les rideaux profitant eux aussi de la manne de la corruption dans un lieu où ils peuvent être à l’abri des enquêtes de leur propre administration.

On a eu le procès de Consolidation et celui des Timbres, mais celui qu’on réclame, le Petrocaribe, est sans commune mesure avec les précédents. Premièrement, par le montant des sommes qu’on soupçonne que les hommes au pouvoir dans les dernières administrations ont détourné. Deuxièmement, par le fait qu’avec la circulation des informations, la grande majorité de la population a pu comprendre ce que signifiaient un milliard de dollars US et ce dont la nation pouvait bénéficier avec cette somme. Troisièmement, ce vaste détournement de fonds semble aussi une imposture, une arnaque de la pire espèce quand on sait que Hugo Chavez, de bonne foi, avait conçu ce programme pour permettre à nos pays de faire un bond en avant, d’être moins dépendant des traditionnels bailleurs de fonds. On a vu des barons du PHTK s’affubler au Venezuela, en bons comédiens, de la tenue chaviste, avec certainement en tête les millions à voler, rigolant en eux même, car ils devaient bien considérer les discours chavistes comme de purs délires d’idéalistes. Le peuple pour ces gens c’est de la racaille, à manipuler, à matraquer, à exploiter et même à exterminer.

Si nos politiciens traditionnellement ont souvent été des imposteurs d’un genre particulier, ce n’est que maintenant qu’on fait la douloureuse expérience de brasseurs incultes au pouvoir. Et, l’État c’est une brasse sans pareille. C’est la brasse suprême. Et, aux commandes d’une telle brasse, il ne faut pas leur demander d’abandonner cette position, quel que soit le cas de figure.

La pourriture se manifeste beaucoup plus quand on voit le nombre de citoyens, pour une illusoire sécurité, un emploi, une voiture, quelques baises assurées, des bières sur la table dans des restaurants dansants interlopes, prêts à cautionner l’inacceptable au pouvoir sous prétexte que les autres aussi seraient pareils et au nom d’une certaine peur de l’avenir. Comme si cet avenir dont on a peur n’est pas déjà ce présent qu’on assassine. Les opinions des tenants du kite peyi a mache ne sont que la matière de la fosse dans laquelle on veut continuer à engloutir ce pays. Un pays qu’ils veulent, dans des réflexes d’apartheid, à plusieurs vitesses. Un massacre à La Saline n’est pas un massacre, car les gens de La Saline ne sont pas des gens. Les enfants démunis dans des écoles nationales, écoles nationales qui reflètent la boue mentale de nos dirigeants, n’existent pas. On orgasme sur une peau claire entre deux bouteilles de bière sans s’apercevoir qu’on se vautre sur du sang et des ordures.

L’inconscience, l’égoïsme, ce sont ces pourritures qui font patiner toutes les luttes pour nous sortir du chaos.

Gary Victor



Articles connexes


Afficher plus [904]