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Le pays pris en otage

Le pays pris en otage








La crise politique marquée par les appels à la démission du président Jovenel Moise a connu de nouveaux tournants. Jouant le tout pour le tout, les acteurs refusent de lâcher du lest et s’autorisent tous les coups. Plus de retenue ni de scrupule quand l’enjeu en cause est la prise ou la conservation du pouvoir. En effet, les évènements de ces derniers jours sont un épisode révélateur du cynisme d’une classe politique qui n’hésite pas à prendre toute une population en otage.

L’État est à genoux. Les autorités vont à jusqu’à déballer leur faiblesse sur la place publique. Et, c’est le ministre de l’Économie et des Finances, Ronald Décembre, lui-même, qui fait savoir que les principales institutions chargées de percevoir les taxes et impôts n’ont pratiquement pas collecté de recettes depuis le début du mois de juin. Les conséquences, prévient-il, seront désastreuses pour l’économie nationale en ruine depuis quelques années. Le taux de croissance annuelle sera plus insignifiant qu’on le craignait. Les autorités ne contrôlent plus rien, mais persistent à faire croire qu’elles sont à leur place. Quelle absurdité !

Les assiettes n’ont pas de nourriture et les poches n’ont toujours pas d’argent. La vie s’est arrêtée depuis plus d’une semaine pour une bonne partie de la population. La débrouillardise de ceux qui ont toujours fait tourner les petites affaires est neutralisée par la peur. Les grandes entreprises sont fermées ou essaient de jongler avec le visage des rues. Chaque heure qui passe se révèle plus déprimante, plus incertaine pour une population dont la majorité vivait déjà dans la pauvreté et la crasse.

Les réunions qui s’enchainent dans les hautes sphères sont pourtant loin de laisser entrevoir les contours d’un dénouement. C’est plutôt le complot qui s’accentue d’un côté comme de l’autre. Quand on entend les membres de l’opposition stérile brandir des revendications légitimes et des partisans de Jovenel Moise réciter que le mandat du président est inviolable, on comprend vite que c’est une conversation codée entre des larrons qui se disputent un butin.

Les tractations pour empêcher le procès Petrocaribe sont énormes au point qu’elles font oublier à quelques-uns que le procès ne doit pas être une fin en soi. De même que les communautés haïtiennes sont, pour la plupart, persuadées que la démission du chef de l’État sera une condition indispensable à la réalisation de ce procès, son aboutissement ne vaudra pas grand-chose s’il n’amène pas du changement dans la gestion financière de l’État.

Aucun profil ni feuille de route n’a encore convaincu les citoyens que le pays se dirige vers un véritable renouveau. Mais, l’état de fait persiste. Les protagonistes de la crise, otages de leur manque de vision et de leur avidité font de toute la population leur otage.

La classe politique a besoin de sang neuf. Hélas, la nouvelle génération de politiciens qui viendra inaugurer l’ère de la gouvernance transparente et moderne tarde à se pointer. L’impulsion du mouvement citoyen pour la reddition de comptes qui a soulagé plus d’un se révèlera être un canular si elle ne favorise pas l’apparition sur la scène de leaders pétris du sens de l’État et des valeurs démocratiques.

Kendi Zidor



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