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L’illusoire du prétexte

L’illusoire du prétexte








On peut comprendre toute l’énergie déployée par certains pour que le président de la République reste en fonction. C’est une vérité de La Palice que de dire qu’il est loin d’être le seul responsable de la situation actuelle. Tout le monde le sait. Notre État est formaté pour permettre à une flibuste d’opérer en toute sécurité. Mais, clé de voute du système, sa position lui permet de faire obstruction à toute tentative d’une vraie reddition de compte. S’il a été placé aux commandes par des intérêts puissants qui voient d’un très mauvais œil toute régularisation, même partielle de l’État, son parcours prouve, en dépit de ses discours politiques, qu’il a eus à bénéficier avec complaisance des largesses du système. On ne peut trouver donc mieux que lui pour empêcher toute réforme, tout procès, comme celui du Petrocaribe qui viendrait certainement donner un grand coup de balai dans une cour jonchée d’ordures.

On se met à ruer donc dans les brancards pour casser la mobilisation populaire, pour retourner une opinion qui a pourtant trop de preuves de la félonie des dirigeants. Qu’ont apporté les multiples changements de gouvernements au pays ? demandent certains. Mais, on ne cherche pas aussi à savoir pourquoi tous ces gouvernements, à un certain moment, se sont retrouvés face à la population. Ceux qui sont dans les rues ne pensent qu’à venir faire de la politique. C’est aussi le droit de n’importe quel citoyen de faire de la politique, la population, la société civile devant être vigilantes pour ne pas se faire constamment détrousser. On agite le spectre de la violence. Comme le faisait remarquer sur les réseaux sociaux une intellectuelle bien connue, la violence deviendrait brusquement sélective. La casse des vitres de véhicules et de magasins serait, semble-t-il, plus passible des foudres de la justice que les gens massacrés à La Saline ou dans certains quartiers populaires. On essaie de jouer sur la fibre égoïste de certaines classes sociales pour qui les pauvres, la plèbe, pèp lan, comme disent-ils, seraient une engeance à circonscrire dans les ghettos, gardés par les gangs, en attendant d’être achevée par la misère.

Comme toutes les transitions auraient été ratées, il faudrait donc qu’on garde en place une administration qui, au vu et au su de tous, nourrit les gangs armés, a les mains trempées dans massacres et malversations et qui de plus ne tient nullement à monter sur les rails de la reddition des comptes. Au nom d’un confort illusoire, certains pensent : se pou kite peyi a mache, c’est-à-dire laisser le champ libre à ceux qui pillent cette nation, jusqu’à ce qu’un autre groupe de bandits légaux gagne les élections en trichant pour avoir pendant cinq ans la bénédiction des étrangers.

Cela fait des années que des observateurs avertis tirent la sonnette d’alarme. On ne pouvait continuer à jouer cette même comédie avec un État prétexte. Un État qui devrait être forcément un jour à bout de souffle, car n’ayant même pas eu l’intelligence de gérer sa mangeoire. Mais, si la grande majorité de la population prend conscience maintenant des enjeux de cette crise, il lui reste encore à apprendre les vertus du civisme et de l’union. En face, on est prêt à toutes les exactions pour garder ses privilèges. La nation haïtienne doit parvenir à casser la chaîne des commandeurs pour qu’elle puisse commencer à bâtir un autre lieu.

Gary Victor



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