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La justice menottée

La justice menottée



A-t-on déjà oublié cette période où « l’État de droit » était un concept à la mode ? Si on avait cru aux discours et aux slogans, on n’aurait pas survécu à la déception de regarder la justice haïtienne qui ne se libère toujours pas des mains politiques qui la manipulent. Mais, tout n’était qu’un mirage. L’appareil judiciaire est un instrument stratégique pour les politiciens dont l’existence ne dépend que de l’impunité. Les événements qui s’enchainent ces jours-ci tendent à le prouver.

Les tenants des pouvoirs politiques sont de plus en plus éclaboussés par des enquêtes criminelles. Cela fait craindre la perpétuation du cycle d’exactions. Car, ces bras puissants ne reculeront pas devant les complots les plus macabres pour se soustraire aux poursuites. Le massacre de La Saline, la dilapidation du fonds Petrocaribe ou encore l’attentat de Café Trio au Cap-Haïtien sont des affaires qui offrent l’occasion de voir jusqu’où les méchants et leurs alliés sont prêts à aller.

Un mois après la parution du rapport de police qui incrimine deux responsables de l’État au sujet du massacre de La Saline, aucune mesure conservatoire n’a été annoncée. Le délégué départemental de l’Ouest, Pierre Richard Duplan, et le directeur général du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Fednel Monchéry, vont tous les matins à leurs bureaux dans leurs véhicules officiels, comme si de rien n’était. D’ailleurs, la libération spectaculaire le lundi 20 mai 2019 du délégué du Nord, Antonio Jules, suite à son arrestation dans le cadre de l’enquête sur l’attentat meurtrier de Café Trio les rassure qu’ils n’ont pas à trop s’inquiéter. Tout est sous contrôle !

Seuls les plus naïfs croiraient que les révocations dans certains parquets et les nominations irrégulières dans des cours d’appel seraient des actes fortuits. La volonté persistante de maintenir à son poste le ministre de la Justice sortant, Jean Roody Aly, en dépit de son maigre bilan, répond à un calcul précis. En effet, si les autorités judiciaires pouvaient s’acquitter de leurs tâches en toute indépendance, trop de grands secrets impliquant des commis de l’État et des ex-dignitaires seraient dévoilés. Et, on parviendrait à mettre à nu toute une mafia.

Les magistrats se voient obligés d’entrer en grève devant les interférences brutales de l’Exécutif dans la gouvernance du système judiciaire. En plus de devoir jongler avec le manque de moyens qui caractérise le fonctionnement des cours et tribunaux, les juges sont fatigués de faire des serments d’allégeance à ceux qui doivent décider du renouvellement de leurs mandats. Une mise à jour du système s’avère nécessaire. Hélas, ce sont les tenants du statu quo qui tiennent les commandes.

Aussi longtemps que les forces obscures auront-elles la préséance sur les normes institutionnelles, l’instauration de l’État de droit restera une chimère. Les cris et les pleurs retentiront plus fort dans les quartiers de non-droit et les hors-la-loi gagneront encore du terrain. Les dénonciations et prises de positions courageuses ne suffiront pas à arrêter les bains de sang et les dilapidations de fonds publics. Un scénario qui prédit l’effondrement de la nation. À bon entendeur, salut !

Kendi Zidor




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