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Le sauvetage ?

Le sauvetage ?








Il fallait faire une annonce. Le contexte de la dépréciation accélérée de la monnaie locale et du taux élevé de l’inflation fait redouter des jours encore plus sombres. Les cris des citoyens qui n’arrivent plus à payer leur logement et la fermeture d’entreprises s’écroulant sous la crise du taux de change sont une alerte non équivoque. Le rapport partiel de la Cour supérieure des comptes sur la gestion des fonds Petrocaribe qui met le chef de l’État dans ses petits souliers n’arrange pas les choses. Il n’y a même plus de faux espoirs à donner, donc on en fabrique de toutes pièces : l’urgence économique.

Quand ce sont des désastres naturels qui font décréter l’état d’urgence humanitaire, on ne se questionne pas sur la cause du malheur, sachant que ce sont des aléas. Par contre, quand c’est la gouvernance financière qui amène tout un peuple dans le pétrin, il faudrait expliquer comment on en est arrivé là. En communiquant les onze mesures de redressement qui diminuent les privilèges des dignitaires, les hommes et femmes au pouvoir reconnaissent que le pays est en train de payer les conséquences de leur avidité indécente. Rusés, ils tentent, malgré tout, de se poser en sauveurs comme s’ils n’y étaient pour rien.

Pratiquement, les mêmes mesures répétées en boucle depuis 2017 sont brandies par l’administration en place. La seule et grande nouveauté est l’emballage plus ronflant sous lequel elles sont servies. Le Conseil des ministres du mardi 5 février 2019 retransmis en direct sur des chaines à grande écoute avait l’air d’un show. Mais, un show insipide !

Après deux ans, le président Jovenel Moïse, celui qui disait connaitre mieux que quiconque la solution aux problèmes du pays, ne réussit pas à opérer la réforme qui devait améliorer les conditions de vie des citoyens. Au contraire, les gaspillages et les scandales de corruption, éclaboussant son entourage immédiat, se multiplient et sont ébruités sur la place publique. L’économie est asphyxiée. Les planificateurs qui ont son attention, ne lui ont-ils pas mis en garde contre cet épisode douloureux des finances publiques ?

Beaucoup de bruit pour rien ! L’idée de décréter l’état d’urgence (ou l’urgence économique), quoiqu’étant assez floue même à des esprits avisés, suggère l’adoption des décisions assez drastiques. Mais rien de tout cela. La proposition en faveur de la suppression de ministères et de secrétaireries d’État jugés non essentiels n’est toujours pas prise en compte. La configuration du gouvernement pléthorique ne va pas changer. La plupart des mesures de la résolution phare du 33e conseil des ministres de Jovenel Moïse avaient déjà été communiquées dans un arrêté pris en avril 2017. Elles n’ont pas été appliquées pour des motifs qui n’ont vraisemblablement pas changé.

Kendi Zidor



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