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Le temps de l’argent facile

Le temps de l’argent facile








Le dialogue est proposé à toutes les sauces au menu de ce début d’année 2019. La démarche est à la fois politique et éminemment populaire. Toutefois, on s’attendait moins à la sortie fougueuse du porte-parole du Premier ministre qui, dans une large mesure, a pointé du doigt la fenêtre ouverte sur la salle des rififis et désaccords de toute sorte entre les deux têtes de l’Exécutif. La joute est virile, déroutante et promet du spectacle. N’empêche que la République reste un terrain fragile dans la déclinaison des enjeux et que le comble serait de l’oublier.

Au-delà du temps politique et des effets de mode, des groupes mafieux s’implantent progressivement et dangereusement dans la société haïtienne. Ceci s’explique par l’omniprésence des structures fortes de la corruption à tous les niveaux de la vie nationale. Loin de la loi, tout le monde s’organise, compose avec le système, contourne les contraintes non seulement pour exister, selon les improbables réactions pour garantir la survie, mais aussi pour prospérer et gagner plus d’argent qu’il leur en faut.

La corruption est une manière simple, mais efficace de détourner les chances de rendre un pays sûr et stable.

La métaphore de la « machann lèt » a traversé toutes les générations et même quand le personnage est dépositaire de la malice paysanne, il a son équivalent dans toutes les couches et dans tous les secteurs de la société. Aujourd’hui, c’est une corruption en passe d’être banalisée qui représente la plus grosse menace sur l’avenir et la qualité de vie des Haïtiens. Il est devenu de bon ton, voire très intelligent, de rechercher les profits par tous les moyens innovants, géniaux sauf légaux. Ainsi, la violence comme punition ou outil de persuasion est-elle de plus en plus utilisée.

À trop vouloir croire que l’Haïtien est comme le roseau qui plie, mais ne rompt pas, nous sommes devenus solidaires des actions criminelles de ceux qui fonctionnent avec les armes et la logique des organisations mafieuses.

Le 21 décembre 2018, Alain Dougé directeur exécutif de la Commission tripartite de mise en oeuvre de la loi Hope en Haïti est exécuté, en plein jour, à son domicile. Un mois plus tard, phénomène inhabituel dans notre pays, les langues commencent à se délier. Dans le cahier de charges de M. Dougé, il était habilité à valider les exportations d’articles produits en Haïti dans le cadre de la loi Hope, en direction des États-Unis d’Amérique. Il aurait perdu sa vie pour avoir refusé d’accorder des visas à des lots de produits asiatiques qui transitent en Haïti pour être frauduleusement exportés aux États-Unis dans le cadre de la loi Hope.

Les « machann lèt » ont toujours existé et ont toujours abusé en Haïti. Combien de nos compatriotes ont passé leur vie à raser les murs ou à se taire sous le poids de l’opprobre. Les « kout fo mamit », « niche pwent kreyon » et autres détournements à des fins d’enrichissement personnel ont, au cours des dernières décennies, gagné en intensité. Les grands mangeurs, raillés par nos troubadours, ont prouvé qu’ils peuvent être de dangereux criminels.

Désormais pour gagner de l’argent facile et rapide, les 28 mille kilomètres carrés du pays ne suffisent plus à la mafia haïtienne. Ça doit être le chic pour un parrain de la mafia haïtienne de pousser l’audace jusqu’à percer les frontières américaines en important illégalement des armes et en exportant frauduleusement des produits textiles fabriqués en Asie.

Les pauvres naïfs qui croient encore aux vertus du travail honnête risquent l’exécution.

Jean-Euphèle Milcé



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