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Une soif de justice !

Une soif de justice !








L’année 2019 apporte son lot de défis, les uns plus redoutables que les autres. Les grognes et les chahuts retentissent chaque fois plus fort, même dans les milieux où on s’y attendait le moins. De jeunes écoliers, de fervents religieux et des socioprofessionnels habituellement silencieux s’entendent pour rappeler aux autorités qu’elles ne peuvent avoir d’autre agenda que celui de la poursuite du bonheur pour tous. Le peuple haïtien a soif de bien-être, de paix, mais surtout de justice.

À entendre les discours qui ouvrent l’année politique, on se dit que les hommes et femmes au pouvoir ont déjà leur feuille de route pour les prochains mois. L’organisation des élections et l’amendement de la Constitution viennent en tête des priorités à côté du fameux « dialogue national ». Mais parallèlement à toutes les opérations qu’on semble préparer avec soin, la justice a son mot à dire. Trop de questions restent pendantes sur des crimes de sang et des scandales financiers.

Le silence sur le « massacre de La Saline » est pesant et suspect. Les hésitations qui entourent les mises en place en vue du procès Petrocaribe sont tout aussi questionnables. Au risque qu’Haïti passe pour un État prédateur de droits humains, les autorités judiciaires sont tenues de rétablir la vérité et fixer les responsabilités autour de faits qui indignent la nation et choquent la morale publique.

Il faut qualifier ce qui s’est passé à La Saline, a dit le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Paul Eronce Villard lors d’une conférence de presse où la police a informé avoir découvert sur les lieux des morceaux de cadavres. Selon le chef du parquet, il ne suffit pas que des organisations de droits humains parlent de massacre pour que cette version des faits soit validée. Me Villard, présenté comme un magistrat responsable, a donc le devoir de rassurer la population que les accusations portées contre des responsables de l’État dans cette affaire ne seront pas étouffées.

L’appellation (sur le plan judiciaire) à donner aux faits survenus au début du mois de novembre à La Saline importe peu. Il faut surtout garder à l’esprit que des hommes à cravate circulant dans des véhicules officiels sont accusés d’avoir ordonné des assassinats, des viols et toutes formes d’abus contre des citoyens qui n’avaient que leur souffle de vie. De la chair humaine a été laissée aux cochons et aux bestioles. Comble de l’horreur, une femme enceinte, mère de quatre enfants, a assisté à l’assassinat de son mari (selon son propre témoignage). Comment laisser impunies de pareilles atrocités ?

Le « massacre de La Saline » s’ajoute aux dizaines de plaintes déposées dans l’affaire Petrocaribe. Porter d’anciens dignitaires à rendre compte de leur gestion constitue un autre défi que la justice haïtienne devrait se donner les moyens de relever cette année. Les engagements pris en faveur du renforcement du système pour favoriser la tenue d’un procès équitable n’ont jusqu’ici pas été suivis d’effets. En témoigne le projet de budget 2018-2019 dans lequel l’enveloppe allouée au fonctionnement des tribunaux et des cours n’est que le dixième de ce qui a été réclamé par les associations de juges. On n’est toujours pas sortis de l’auberge !

Kendi Zidor



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